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Alain Brunier nommé Directeur Général ad-intérim de m3 RESTAURANTS

Alain Brunier devient Directeur Général ad-intérim de m3 RESTAURANTS en parallèle de sa fonction de Directeur de la m3 ACADEMIE. Il sera épaulé dans ses nouvelles fonctions par Christophe RAOUX, désormais également Directeur des Opérations ad-intérim. Celui-ci conserve sa fonction de Chef Exécutif.

Alain Brunier vient d’être nommé Directeur Général ad-intérim de m3 RESTAURANTS en parallèle de sa fonction de Directeur de la m3 ACADEMIE, centre de formation des métiers de bouche qui ouvrira ses portes dans un futur proche. L’ancien directeur de l’Ecole hôtelière de Genève remplace Mathieu Lagache et mettra ses 37 années d’expérience dans l’hôtellerie-restauration au service de l’entité de m3 GROUPE.

Chef Exécutif de m3 RESTAURANTS, Christophe RAOUX devient de son côté Directeur des Opérations ad-intérim de l’entité. Le Meilleur Ouvrier de France 2015 conserve sa fonction actuelle et épaulera en même temps Alain Brunier dans la direction du pôle restauration du groupe.

Entretien avec Florian Rais, cofondateur de Chatila Rais Investments, société du groupe m3

m3 GROUPE a investi 2 millions de francs dans la start-up de l’EPFL Technis, à l’occasion de sa récente augmentation de capital de 3,2 millions de francs. Avec cette prise de participation, via sa société de private equity, Chatila Rais Investments, M3 Groupe devient le distributeur exclusif de la solution Technis en Suisse, et entend contribuer à sa croissance commerciale. Lancée en 2018, cette société de private equity réalise son premier investissement dans une pure start-up de l’EPFL. En temps normal, l’entreprise investit dans divers domaines tels que les technologies de rupture, les technologies de la santé, l’intelligence artificielle, les actifs cryptographiques, l’immobilier et la communication. Mais la crise sanitaire actuelle impacte les marchés et demande aux entreprises et investisseurs d’être créatifs. Ce qu’Abdallah Chatila et Florian Rais ont choisi de développer en tant qu’amis dans la vie et partenaires professionnels.

FLORIAN RAIS, POUVEZ-VOUS NOUS RACONTER VOTRE HISTOIRE, VOTRE PARCOURS ? 

Genevois d’origine, j’ai fait toute ma scolarité jusqu’à la maturité à Genève, puis j’ai fait un premier voyage aux États-Unis, à l’âge de 20 ans pour perfectionner mon anglais. Dans l’État du Colorado, j’ai vraiment compris là-bas le sens de l’humain, en y découvrant un monde plus rural que celui dans lequel j’avais évolué. Retour ensuite en Suisse où j’ai fait mes études à HEC Lausanne. Pour repartir ensuite aux États-Unis avec une bourse à la Business School de l’Université du Michigan. Puis j’ai commencé ma carrière en 1998 chez Pictet où j’ai fait de la gestion, une carrière de banquier. Ensuite je suis parti à Londres en tant que responsable du team d’investissement de Pictet Londres pour sa clientèle privée. Ce poste m’a fait énormément voyager. C’est à cette époque que j’ai commencé à avoir des clients russes. En 2004, j’ai créé ma propre société de gestion. Puis, entre 2004 et 2015, j’ai passé beaucoup de temps en Russie (Kazakhstan, Ouzbékistan, Ukraine…). J’y ai appris le russe, découvert des pays fascinants, des gens chaleureux et accueillants contrairement à l’image qu’ils véhiculent trop souvent. Ils étaient curieux de tout et souhaitaient investir dans des technologies innovantes et diverses, sortir de leur quotidien des matières premières. L’aventure de cibler ou de rechercher le projet innovant est née de cette période-là.

 

Notre modèle d’affaires : participer à la vie des entreprises.

 

Ensuite, j’ai dirigé un projet en Israël pendant trois ans et participé à des joint-ventures avec des entreprises chinoises, dans le secteur des machines industrielles et des chemins de fer. Donc, une forte activité entre Russes, Chinois et Israéliens qui nous a permis de nouer des accords stratégiques avec d’importantes sociétés. Ce fut une période et une expérience passionnante. Aucun code n’était commun et j’ai dû y acquérir une grande souplesse d’esprit, et souvent chercher le compromis, en vrai Suisse.

En 2014, le partnership s’est malheureusement arrêté avec des partenaires russes, suite à la crise en Crimée. Ensuite, j’ai continué sur des investissements internationaux. En 2017, ma vie privée a changé et mes enfants sont restés à Londres avec leur mère. Je vis depuis lors entre Londres, Dubaï et Genève pour revenir sur mes terres natales et tisser des liens plus étroits avec la famille. Alors que je passais finalement un peu plus de temps à Genève, j’ai soudainement perdu mon père. Je n’ai partagé que trop peu de moments avec lui, le temps file et nous rappelle que nos enfants méritent toute notre attention, quelles que soient les circonstances. Je partage mon temps entre ces grandes villes.

Fin 2017, on m’a proposé d’investir dans une technologie de la construction. J’ai contacté mon ami Abdallah Chatila pour réfléchir ensemble à cet investissement, j’ai toujours été fasciné par son aptitude à cerner rapidement un modèle et à visualiser immédiatement son éventuel potentiel. Pour moi, comme pour lui, le côté humain est le plus important et lorsque quelque chose fait qu’on ne le sent pas, il vaut mieux attendre un autre deal. Avec Abdallah Chatila nous voulions créer un business, pas juste faire des investissements, et donc nous avons décidé de créer Chatila Rais Investments. Une société dans laquelle nous mettons en avant qui nous sommes, avec nos expériences, nos personnalités. L’idée au départ était de faire une sorte de Club Deal, pour fédérer les investisseurs. Mais souvent les bonnes opérations se font vite, à l’instinct, donc il faut agir plutôt seuls.

EST-CE QU’IL Y A UN ÉVÈNEMENT PARTICULIER, UNE QUESTION PRÉCISE QUE VOUS-MÊME, FLORIAN, ET ABDALLAH CHATILA, VOUS ÊTES POSÉS AVANT DE CRÉER CHATILA RAIS ?

Nous avons focalisé sur ce point essentiel : investir dans la technologie, oui, mais avec ce point important de répondre à la question essentielle : « Comment apporter tous les jours une valeur à la vie et au développement de l’entreprise ?  ». « Pourquoi ne pas faire le modèle à l’inverse » ? Nous investissons dans diverses start-up pour offrir ce que nous avons et savons. Surtout une expérience de vie, d’entrepreneurs, pas uniquement centrée sur l’argent, le côté humain étant primordial. J’ai appris parfois douloureusement que les expériences dans lesquelles nous perdons sont finalement celles qui nous instruisent le plus. Quand on gagne, on apprend finalement peu. En tant qu’investisseurs ou co-entrepreneurs, si on peut éviter à nos partenaires de prendre certains coups ou de com-mettre certaines erreurs, nous devenons un associé stratégique et nous leur permettons d’avoir l’esprit serein et de se concentrer sur leurs talents. Notre modèle d’affaires est là. Participer à la vie des entreprises.

C’est ce que nous faisons avec Technis, une société qui propose des solutions de sols intelligents. Technis est un bon exemple de ce qu’on a pu mettre en place en termes de modèle.

VOTRE BUSINESS MODEL EST LÀ ? QUE POUVEZ-VOUS EN DIRE DE PLUS ?

L’ADN de Chatila Rais Investments est là. Le but n’est pas de faire un nombre important de deals, mais plutôt de participer à la vie d’une entreprise, en termes d’accompagnement et en vue d’accélérer la croissance. Le développement à l’international fait égale-ment partie de nos objectifs. Nous fournissons ensuite du conseil à l’activité journalière d’une distribution et son organisation, afin que cela cohabite avec son écosystème. Ensuite, contrairement à d’autres modèles de fonds de private equity, notre modèle nous permet de nous rémunérer sur la durée. Notre modèle n’est pas «  scalable  » et on ne pourra pas prendre 50  participations en même temps. À l’époque, j’ai pensé rejoindre des fonds de private equity purs. Ce sont des fonds qui imposent souvent un modèle de gestion à leurs cibles, et ont une durée de vie fixe, souvent incompatible avec les cycles naturels d’une industrie ou de l’économie. Nous voyons plus loin car nous savons que ces sociétés sont vouées à une expansion à l’international. Elles peuvent en effet avoir un marché presque partout. Au travers de mes expériences, j’ai remarqué qu’exporter un modèle à l’étranger imposait qu’il soit parfaitement « huilé » sur son marché domestique.

 

Une des vocations de m3 GROUPE : toujours plus proche des gens.

 

Par exemple, on ne peut pas prétendre réussir à l’international un modèle sans avoir testé son fonctionnement en l’appliquant à plusieurs environnements locaux, en observant les réactions de nos partenaires et clients. L’humain est le baromètre du succès, chaque région du monde fonctionne différemment, avec ses codes et ses habitudes. Le produit doit fonctionner et son modèle être parfaitement rodé afin de s’adapter à n’importe quel environnement. L’inverse ne fonctionne pas.

m3  GROUPE est un modèle, regroupant plusieurs verticales d’affaires, un groupe proche des gens. C’est l’environnement idéal pour réaliser de vraies « proofs of concept », en anglais, ces modèles ont une vraie valeur. On a devant nous un écosystème suffisamment diversifié pour implémenter des utilisations, basées sur des modèles (services de vente, d’après-vente, etc.) reproductibles.

EN TANT QU’ACTEUR ET PARTENAIRE AU SEIN DE CES START-UP, SI ON VOUS DEMANDE : « COMMENT FAITES-VOUS LA DIFFÉRENCE, POURQUOI VOUS ? », QUE RÉPONDRIEZ-VOUS ?

L’idée du modèle est là, dans la réponse à la question : « Pourquoi ça va marcher avec vous ? ». C’est un package. On arrive avec une vraie solution adaptée à l’entreprise, ensuite l’alchimie humaine doit évidemment prendre. Nous rencontrons des personnes remarquables, dotées de talents uniques comme le fondateur de Technis, un homme visionnaire, réfléchi et fonceur. Notre objectif avec Technis et d’autres partenaires d’investissement est de réunir le plus d’expériences personnelles possible entre tous les acteurs de notre groupe. Nous détenons un capital extraordinaire car indirectement, nous avons 1400 personnes dans l’écosystème de m3 GROUPE. Cela représente 1400 sources potentielles d’idées, d’innovations de personnes qui sont en réseau, de critiques nécessaires aussi. Ces ressources-là sont notre modèle. On ne fait rien sans l’humain. Nous avons « évolué » dans la société du toujours plus, toujours plus grand, toujours moins cher, créant ainsi des poches de misère à l’autre bout du monde et qui viennent se rappeler à nous sous la forme d’une crise sanitaire. Et aujourd’hui on se retrouve là, confinés tous chez soi, sans pouvoir voyager comme avant. Et finalement qui on découvre ? Son voisin… Et des gens avec qui on parlait peu, vivant à côté, une espèce d’atterrissage et de recentrage sur notre vie de tous les jours. Il ne s’agit bien entendu pas de ne plus jamais voyager et d’ignorer à l’avenir les contacts à l’étranger ou de se replier sur soi-même, mais ne nous oublions pas dans l’aventure. Nos enfants, nos amis, nos proches, nous-mêmes sommes là aujourd’hui et maintenant, et c’est tous ensemble que nous pourrons apprendre le monde de demain, plus juste, plus respectueux, simplement plus à l’écoute. Pour répondre alors plus synthétiquement à la question « pourquoi nous ? » ; nous n’avons pas l’arrogance de vouloir changer l’ADN des start-up ou des projets qui nous entourent, mais de mettre à disposition tout ce que l’on peut, d’avancer ensemble, de leur faciliter la vie. Ces partenariats nous permettent de nous asseoir et de réfléchir ensemble, de partager nos expériences, nos réussites et nos échecs, de devenir un conseiller fidèle et un partenaire utile. D’apporter ce dont ils manquent et de le chercher ensemble s’il fait défaut. Être simplement plus à l’écoute.

À PROPOS DE TECHNIS

GRÂCE À SON TAPIS DE COMPTAGE INTELLIGENT ET SES BORNES DIGITALES, TECHNIS PERMET DE RÉGULER LES FLUX DE PERSONNES EN TEMPS RÉEL DANS DES LIEUX PRIVÉS ET PUBLICS (ENTREPRISES, MAGASINS, DISCOTHÈQUES, MUSÉES, PISCINES PUBLIQUES, ETC.), FACILITANT AINSI LE RESPECT DES RÈGLES SANITAIRES.
Le coronavirus a fait passer la jeune pousse Technis basée à Écublens au niveau supérieur. La nécessité de contrôler le nombre de clients dans les commerces, notamment dans la grande distribution, a fait bondir le chiffre d’affaires de 20% par mois.
m3 GROUPE a investi 2 millions de francs, prenant une participation «importante» mais non majoritaire dans l’entreprise, précise Wiktor Bourée, fondateur de Technis.
Son produit phare est un tapis connecté qui a convaincu notamment une multinationale comme Nestlé, le groupe de casinos Barrière ou encore le CERN. Wiktor Bourée vante un produit «plug and play», qui peut être expédié et monté directement par le client, sans modification structurelle.
Les ventes devraient être multipliées par dix cette année. La société vise un chiffre d’affaires de «plusieurs dizaines de millions» de francs à fin 2021. Les effectifs seront multipliés par deux d’ici à la fin de l’année prochaine, passant à une cinquantaine d’employés. Le recrutement se fera majoritairement (60%) pour la partie commerciale, mais également dans la recherche et développement.
En termes de marchés, Technis va ouvrir en octobre un bureau commercial en France, doté de cinq personnes, afin de servir sa clientèle dans l’Hexagone, entre autres l’école de Sciences Po à Paris et le Puy du Fou, un parc d’attractions vendéen très fréquenté.

Première romande : organisation de tests de dépistage Covid en entreprise

La CCIG, en partenariat avec m3 SANITRADE, est en mesure de proposer aux entreprises genevoises de faire tester leurs collaborateurs soit dans son centre de la route de Chêne, soit directement dans l’entreprise, grâce à une unité mobile.

En effet, le Conseil fédéral ayant décidé d’étendre la pratique des tests antigéniques (tests rapides) et PCR aux personnes ne présentant pas de symptômes en lien avec la Covid-19, toutes les entreprises établies dans le canton de Genève qui souhaitent tester de manière rapide et collective leurs collaborateurs intéressés peuvent recourir aux services de m3 SANITRADE.

Deux possibilités s’offrent aux entreprises. D’une part, elles peuvent réserver, au centre de test de m3 SANITRADE à la route de Chêne, des plages horaires pour les collaborateurs ayant manifesté un intérêt. Géré par l’équipe médicale de Helvetic Care, ce centre est capable d’effectuer jusqu’à 1500 dépistages par jour.

D’autre part, pour les entreprises comptant des collaborateurs non astreints au télétravail, des unités mobiles de dépistage peuvent se rendre sur le lieu de travail, à partir de 50 personnes à tester, afin d’y effectuer le test antigénique ou le PCR. Pour ce faire, l’entreprise ayant choisi cette prestation devra mettre à disposition de l’unité une salle, un accès Wi-Fi et une salle d’eau.

Cette offre ne remplace pas les mesures de protection en entreprise ni la mise en œuvre du télétravail. Elle s’inscrit également dans les recommandations des autorités sanitaires sur les tests en entreprises.

« La CCIG est vivement préoccupée par le sort qui attend les opérateurs économiques dont les activités sont entravées par la pandémie, dit Vincent Subilia, directeur général de la CCIG. Dépister constitue une priorité absolue, au même titre que vacciner. Dès lors, nous sommes convaincus que cette prestation de dépistage des milieux professionnels, unique en Suisse, contribuera à freiner la pandémie.».

Pour sa part, Fabrice Eggly, directeur communication et relations extérieures de m3 GROUPE, ajoute : « Cette approche est d’abord un acte citoyen. De nombreuses entreprises ne pourront se soumettre au télétravail obligatoire en raison de la nature de leurs activités. Par le biais de cette initiative, nous souhaitons contribuer à la sécurité des employés sur le lieu de travail. Nous considérons en effet que dans le cadre de la lutte contre cette pandémie, le renforcement de la stratégie de dépistage massif va de pair avec celle dévolue à la vaccination.»

 

Entretien avec Walter el Nagar, fondateur de la fondation Mater

La fondation Mater est une fondation genevoise créée par le chef « cuisinier solidaire », Walter el Nagar. Créée au début d’année 2020, la fondation a distribué plus de 10 000 repas gratuits à ce jour. Des repas sains, équilibrés et préparés à base d’ingrédients locaux, pour les personnes démunies. Un beau projet, soutenu par des associations telles que Serve the City, MA-Terre, pour ne citer qu’elles. Un très bel engagement social de la part de ce chef solidaire au pari audacieux : peu de moyens mais des qualités humaines et gastronomiques au rendez-vous.

POUVEZ-VOUS NOUS PARLER DE VOTRE HISTOIRE ?

Walter el Nagar  : j’ai 39  ans, bientôt 40 en février, et mon bébé naîtra à cette occasion ! Je suis Italien d’origine égyptienne, et mon parcours est marqué par des étapes, des lieux, des projets. Avec toujours ces 4 principes à l’origine de mes choix et activités  : la justice, le dialogue, la solidarité, l’humanité.
J’ai quitté l’Italie en 2007 pour vivre au gré de mes envies de voyages. Barcelone, Ibiza, Dubaï, Moscou, Singapour, Los Angeles, le Mexique. Comme un globe-trotter, avec pour outil principal un set de couteaux. Ce fut chaque fois l’occasion de rencontrer des personnes, des cultures, et de pouvoir exercer mon art : la cuisine. Je montais des restaurants éphémères « pop-up ». Cela m’a permis d’apprendre beaucoup.
Il y a trois ans, je suis arrivé à Genève pour deux raisons principales. D’abord, par choix : la Croix-Rouge et l’ONU y sont nées, et pour moi c’est une ville si rebelle que c’est ici qu’a eu lieu la Réforme. Aussi ici, le dialogue est possible. Pas besoin de «  fighter  », de créer des conflits. On communique vraiment.
Ensuite je suis tombé amoureux non seulement de la Cité de Calvin, mais aussi de celle qui me donnera mon premier enfant bientôt.
En 2017, lorsque je suis arrivé à Genève, j’avais de façon évidente le besoin d’ouvrir un restaurant. Le projet s’est concrétisé en 2018, année de l’ouverture du Cinquième Jour.
L’idée reposait sur le principe d’un vrai business, actif, tourné vers la solidarité, le dialogue. Quatre jours de la semaine étaient consacrés à une cuisine raffinée, pour et devant des clients et chefs. Le profit étant reversé le cinquième jour pour offrir des repas «  solidaires  ». Les samedis étaient consacrés à une cuisine gastronomique «  pour tous  ». Car pendant que je cuisine, je suis un activiste, représentant de mes valeurs… Valeurs que j’ai tatouées sur les mains de Walter : « Cohérence », « Dignité ».
Cependant cette belle initiative qui s’est arrêtée en janvier  2020, lorsque mon partenaire a décidé de se retirer.

ET ENSUITE, VOUS AVEZ VOULU REBONDIR RAPIDEMENT ?

Pour moi, c’était essentiel. Il fallait très vite changer l’idée du Cinquième Jour mais toujours se baser sur les mêmes principes : la cuisine et la solidarité. La bonne cuisine accessible à des personnes en situation critique. À ce moment, plusieurs collègues, des chefs de différents restaurants genevois m’ont appelé. Et plutôt que d’être en chômage technique, ils ont préféré cuisiner avec moi.
L’idée principale est de produire avec des chefs locaux qui nous fournissent des aliments à bas prix, une cuisine saine, locale et de saison pour les plus démunis. Notre objectif est de donner à manger, mais aussi une espérance.
La distribution de repas se fait sur différents endroits  : le Bateau Genève, le Jardin de Montbrillant, l’Armée du Salut, etc. Nous avons vite pu offrir deux à trois cents repas par jour. Le Bateau Genève, par exemple, est une embarcation-café connue des quais du bout du Léman, un lieu culte.
Notre engagement est également écologique et local car nous nous fournissons auprès de producteurs et restaurateurs locaux. Le gaspillage alimentaire est presque inexistant et les repas sont servis dans des boîtes biodégradables.

COMMENT TROUVEZ-VOUS VOS FINANCEMENTS ?

Un « sustainable restaurant » est un business tendance mais la réalité d’une vraie charité est encore différente. Nous vivons sur la base de dons et nous avons eu la chance d’avoir été soutenus jusqu’ici par l’association Serve the City notamment, qui nous a permis d’acheter les ingrédients nécessaires à la création de nos repas solidaires. Ensuite, nous sommes allés trouver la Ville de Genève, le Canton, les hospices, l’ONU, pour solliciter des subsides. « But we got zero help ! ». Tous ont applaudi le projet mais personne n’a répondu favorablement à l’appel financier. Le climat actuel de la pandémie rend les donateurs et les investisseurs plus frileux, sûrement.

COMMENT ENVISAGEZ-VOUS L’AVENIR ?

Nous sommes confiants. L’objectif est de stabiliser la fondation en espérant un élan de solidarité auprès des donateurs potentiels. Nous sommes en train de négocier un endroit sympa, une base de distribution. Des locaux à La Servette, appartenant à l’église protestante. L’endroit s’inspirerait du concept du Refettorio** à Paris, au Foyer de la Madeleine.
Bien sûr, il nous sera plus facile d’envisager le futur de la fondation avec des soutiens réguliers. Et ils seront tous les bienvenus : idées, dons (en argent ou matières premières pour nos cuisines), plus de personnes créatives (chefs, cuisiniers, volontaires à la préparation des menus), responsable de la communication, nutritionniste. Nous cherchons aussi des talents motivés !

 

Pendant que je cuisine, je suis un activiste, représentant de mes valeurs… Cuisiner est un acte politique et solidaire ! On peut choisir d’aller manifester devant des McDonald’s… Ou bien de se retrousser les manches !

 

ET SI VOUS FAISIEZ UN LIEN ENTRE VOUS, VOTRE HISTOIRE ET LA FONDATION, QUEL SERAIT-IL ?

Prendre des risques, trouver le courage de faire les choses, faire une cuisine « Food and Justice », mettre de l’humanisme dans mon art, être inclusif, empathique. Et continuer à cuisiner conformément à mes principes. On peut choisir d’aller manifester devant des McDonald’s ou se retrousser les manches. Chacun s’exprime comme il l’entend.

EN CONCLUSION ?

Nous poursuivons notre campagne de financement participatif et nous y croyons car notre engagement social a le mérite de nourrir des personnes démunies. Cuisiner est un acte politique et solidaire !

Venez nous soutenir sur www.materfondazione.com !

m3 GROUPE s’engage aux côtés de la Mater Fondazione pour une durée de 3 ans ; un partenariat qui comprend non seulement un soutien financier mais aussi un axe de volontariat d’entreprise. Les chefs de m3 RESTAURANTS et les collaborateurs du groupe seront invités à seconder les équipes de Walter el Nagar pour cuisiner les repas destinés aux plus démunis à Genève.

m3 SANITRADE au sein du dispositif de vaccination contre la Covid-19 à Genève

m3 SANITRADE a ouvert le 4 janvier 2021 son centre de vaccination contre la Covid-19 à Genève. Situé Route de Chêne 20, celui-ci propose dans un premier temps ce service uniquement aux personnes de plus de 75 ans.

m3 SANITRADE participe depuis le 4 janvier à la campagne de vaccination contre la Covid-19 à Genève.

Suivant les directives fédérales et cantonales, le nouveau centre de vaccination situé Route de Chêne 20 propose dans un premier temps ce service uniquement aux personnes de plus de 75 ans ayant reçu un courrier de la Direction générale de la santé les invitant à se faire vacciner.

Pour fixer un rendez-vous ou obtenir plus d’informations, veuillez vous rendre sur https://www.ge.ch/se-faire-vacciner-contre-covid-19 ou contacter la ligne verte cantonale au 0800 909 400.

 

 

Entretien avec Sami Kanaan – Genève : préserver l’essentiel en temps de crise

Depuis le restaurant du Tennis Club des Eaux-Vives, un établissement de m3 GROUPE, Sami Kanaan a évoqué avec Enzo Lo Bue son parcours atypique, mais aussi sa vision de Genève, pour le meilleur et en temps de crise.

NOUS SOMMES DANS UN CADRE SPÉCIAL. SI CE LIEU DEVAIT ÊTRE CRÉÉ AUJOURD’HUI, CE NE SERAIT PLUS POSSIBLE.

Sami Kanaan : en effet, le Tennis Club des Eaux-Vives est un haut lieu de la vie sportive de Genève, ancien parc qui est le seul à ne pas avoir été légué à la ville de Genève. Mais la commune des Eaux-Vives l’a acheté, il y a une centaine d’années, à l’époque où les Eaux-Vives était encore une commune. Ce parc jouxte celui du plus grand parc par ici, La Grange, ce domaine privé, légué par William Favre à la ville de Genève, à condition que cela devienne un parc public.

VOUS ÊTES NÉ AU LIBAN À BEYROUTH, ET PUIS VOUS AVEZ FAIT UN PARCOURS ÉTONNANT.

Les Libanais sont historiquement des grands voyageurs, commerçant à travers la planète. On est à peu près 10 millions de Libanais dans le monde : 4 sur place et je fais partie de ceux qui vivent ailleurs, environ 6 millions de personnes. J’ai une double origine : ma mère est Suisse-allemande et mon père est Libanais. Le français a toujours été ma langue, car c’était la langue commune de mes parents, on parlait français à la maison et j’ai toujours été au Lycée français à Beyrouth. J’ai fait beaucoup d’allers-retours entre le Liban et l’Europe. Après ma maturité à Berne, j’ai fait des études à l’École polytechnique de Zurich, en Physique.

 

« Je suis dans ma troisième législature et le département que j’ai toujours gardé, c’est la culture. »

 

SUITE À CE PARCOURS ET À CES ÉTUDES DE PHYSIQUE, VOUS DEVENEZ DONC POLITICIEN À GENÈVE ?

Après la physique, j’ai décidé d’étudier les sciences politiques à Genève, ville cosmopolite où les gens d’ailleurs trouvent leur place. Il y a une diversité incroyable. Et puis, j’ai voulu faire de la politique en Suisse car le fédéralisme, la démocratie directe, la diversité culturelle me plaisent. J’ai commencé en étant actif dans le secteur associatif et puis au conseil municipal. Le fait d’être élu tient fort à l’engagement du candidat, engagement dans les associations, dans sa vie professionnelle. Il faut convaincre, pas s’imposer. Je suis dans ma troisième législature et le département que j’ai toujours gardé, c’est la culture. Le département de la culture n’est pas facile mais il est passionnant.

VOTRE NOUVEAU DÉPARTEMENT, DEPUIS JUIN 2019, S’APPELLE LE DÉPARTEMENT DE LA CULTURE ET DE LA TRANSITION NUMÉRIQUE. ON L’UTILISE AU QUOTIDIEN : PAR CONSÉQUENT LE PASSAGE AU NUMÉRIQUE EST ESSENTIEL ?

La culture est un secteur qui est très durement touché par la crise Covid. La culture comprend tous les métiers autour, c’est-à-dire à la fois les musées, les artistes des arts vivants au sens très large, graphistes, techniciens du son, etc. Tout ce qui est créatif en fait, le design, le numérique aussi car il partage cette double obligation d’innover et de s’adresser d’abord à des humains. Sinon le numérique n’est qu’une technique inutile. C’est la deuxième branche en termes d’emploi et de valeur économique.

 

 « Acheter des livres et avoir le contact avec un libraire est précieux. »

 

VOUS ÊTES VOUS-MÊME UN PEU ARTISTE, EN PLUS D’ÊTRE POLITICIEN ?

Oui, la politique c’est un peu la commedia dell’arte ! Mes parents étaient assez proches du monde artistique, il y avait pas mal de discussions avec des intellectuels, des artistes à la maison. J’ai joué un peu de clarinette. J’ai été beaucoup à la Bâtie, voir des concerts. Sinon, actuellement, on le voit avec la crise Covid, il y a un engouement, une passion pour la vie culturelle online, en Suisse et ailleurs. Tout à coup, les gens ont ressenti le sens que la culture peut leur apporter comme s’ils avaient trouvé une façon de ne pas rester dans les problèmes immédiats. Après la réouverture des commerces le 11 mai, les gens se sont rués dans les librairies. Acheter des livres et avoir le contact avec un libraire est précieux. Vivre à Genève en tant qu’artiste est difficile par certains aspects comme le coût de la vie ou le manque de locaux pour les répétitions, par exemple. En revanche, il y a un grand nombre de lieux où ils peuvent se produire.

JE PARLAIS RÉCEMMENT AVEC UNE PERSONNE QUI ME CONFIAIT NE PAS APPRÉCIER LES NOUVELLES CONSTRUCTIONS FAITES SUR GENÈVE, CES DERNIÈRES ANNÉES. ELLE SE DEMANDAIT POURQUOI NE PAS FAIRE INTERVENIR UN PEU PLUS LES ARTISTES DANS LE MILIEU DE L’IMMOBILIER ?

Je suis d’accord. Mais à Genève, il y a parfois un côté 24 carats un peu excessif et le cumul des normes constructives fait que cela limite beaucoup la créativité. Le côté très standardisé est fonctionnel mais pas toujours intéressant sur le plan esthétique.

CETTE PÉRIODE TRÈS COMPLIQUÉE, VOUS LA VOYEZ COMMENT ? Y AURA-T-IL UNE PARTIE DES ARTISTES QUI VONT PARTIR, ARRÊTER CETTE VOCATION POUR AVOIR UN TRAVAIL ALIMENTAIRE ?

C’est un vrai risque. Par exemple, en Angleterre, un tiers de ces métiers sont abandonnés. Ici en Suisse, nous avons un maintien de nos subventions de soutien par rapport aux événements annulés, ainsi que des mesures d’aide fédérales. On a pu préserver l’essentiel. Cela fait des années que nous nous battons pour le statut d’intermittents (statut adapté aux comédiens, aux artistes qui travaillent à fond sur certaines périodes et puis deux mois sans rien et donc le chômage classique ne fonctionne pas bien pour ces personnes), pour préserver un appareil productif, créatif. Pas seulement pour faire la charité !

ET VOUS VOYEZ COMMENT L’AVENIR ?

L’avenir, personne ne peut le prédire mais nous savons qu’en cas d’épreuve (2020 en est une, individuellement et collectivement), l’être humain peut rechercher les nouvelles ressources lui permettant de se recréer. Dans un monde en extrême mouvement, ces ressources seront utiles. Cherchons-les, puis, si on les trouve, diffusons-les.

Chronique hôtelière d’Anne Southam Aulas : L’HÔTEL, lieu de l’imaginaire et marqueur du lien social

m3 HOSPITALITY conçoit des hôtels avec un ancrage artistique fort pour capter une clientèle sensible à la culture, source de multiples loisirs. La disparition progressive de la frontière entre hôtellerie d’affaires et de loisirs semble confirmer la justesse de cette stratégie.

Anne SOUTHAM AULAS, directrice de m3 HOSPITALITY

« L’hôtel, en réalité, est ce lieu de tous les possibles où se rencontrent amants et inconnus, touristes et aventuriers. Un espace codifié aux rituels rassurants, une zone neutre qui, le temps d’un jour, d’une nuit, autorise tous les fantasmes ».

*Une Nuit à l’hôtel, édition Le 1, préface de Julien Bisson

Cet extrait de la préface d’Une Nuit à l’hôtel* illustre parfaitement la fascination qu’exerce l’hôtellerie auprès du public, une sorte de rêve collectif qui l’associe tantôt au grand luxe, tantôt à l’aventure, quand ce n’est pas au suspens, aux rencontres secrètes ou aux dénouements d’histoires romantiques.

 

 « L’hôtel doit donc jouer son rôle de stimulateur de l’imaginaire, en apportant à ses hôtes un environnement narratif, propice à l’évasion, voire flatteur pour ceux qui l’occupent. »

 

Il est vrai qu’un séjour à l’hôtel stimule nos émotions et notre imaginaire en nourrissant le besoin social de mise en relation et d’appartenance exprimé par Maslow. Lorsqu’il est comblé, ce besoin participe à la satisfaction d’autres besoins, comme la reconnaissance, l’estime de soi ; d’où l’association fréquente de l’hôtellerie – en tant que secteur d’activité – au luxe. Se surprendre en train de siroter un thé au jasmin dans un Palace est, il faut en convenir, plus glamour à raconter qu’une nuit dans l’Ibis du coin.

L’hôtel doit donc jouer son rôle de stimulateur de l’imaginaire, en apportant à ses hôtes un environnement narratif, propice à l’évasion, voire flatteur pour ceux qui l’occupent. Or, certains concepts hôteliers contredisent l’association du « bon pour l’ego » à l’hôtellerie de luxe. Leur positionnement transversal transgresse la sacro-sainte règle des étoiles en faisant joyeusement cohabiter codes du luxe et innovations typiques du bas de gamme ; le self check-in en est l’exemple le plus flagrant. Réaction des clients ? C’est génial ! Le luxe abordable plaît parce qu’il surprend, déroute, tout en respectant une autre règle d’or de l’hôtellerie : créer le lien avec son client. Et là, toutes les catégories d’hôtels sont concernées.

Une étude de Booking.com réalisée en 2019 auprès de 21 000 voyageurs canadiens a révélé que pour 65 % d’entre eux, ce sont les petites attentions de leur hôte qui ont particulièrement marqué leur séjour. Le besoin de reconnaissance a été satisfait grâce à la relation établie avec l’hébergeur, chez qui le même besoin a été comblé via les commentaires positifs de ses clients !

Bien que narrative et technologique, l’hôtellerie 2.0 aura donc toujours un peu du parfum des Relais de poste d’autrefois, où le gîte et le couvert étaient agrémentés par des échanges avec l’aubergiste, autour d’une grande tablée.

Découvrez la collection m3 HÔTELS & RÉSIDENCES

Créée par m3 HOSPITALITY, la collection m3 Hôtels & Résidences démarre avec un premier établissement chic et connecté de 127 chambres à Ferney Genève Aéroport, France. D’autres projets sont en cours, notamment à Genève, Suisse.

Plus d’infos sur www.m-3hotels.com

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Patrick Chappatte – GENEVOIS DE CŒUR ET D’ESPRIT

m3 MAGAZINE a eu le plaisir de rencontrer Patrick Chappatte, l’un de nos chouchous genevois les plus connus Outre-Atlantique, et ce dans le cadre informel d’une très agréable vidéoconférence – COVID oblige ! Cet amoureux de la Suisse nous parle ici de son enfance, de son parcours, de sa carrière, mais aussi de sa conception de la philanthropie : en effet Chappatte est un artiste engagé, et « Cartooning for Peace », la fondation qu’il a créée avec Plantu (aujourd’hui rebaptisée « Freedom Cartoonists »), milite pour la liberté de la presse et d’expression pour laquelle il œuvre au travers de ses actions quotidiennes.

Eh oui… Notre dessinateur préféré a reçu récemment le prix 2020 de la Fondation pour Genève. L’occasion de saluer ses trente ans de carrière et ses dessins publiés dans les journaux du monde entier, du New York Times à notre journal quotidien incontournable, Le Temps, en passant par Der Spiegel et Le Canard enchaîné. Patrick Chappatte a donc naturellement été félicité pour son regard critique sur l’actualité, sa capacité à toucher les gens, à transcender les frontières et les langues par la subtilité et l’humour.

Patrick Chappatte, pouvez-vous nous parler de votre enfance à Genève, et des lieux qui vous ont marqué à cette époque ?

De mère libanaise et de père jurassien, je suis né au Pakistan en 1967. Ensuite nous avons vécu à Singapour, avant de débarquer à Genève avec mes parents. Nous habitions sur les falaises de Saint-Jean. Je me rappelle les points de vue et la hauteur par rapport à la ville. J’aime prendre de la hauteur !

Justement que représente Genève pour vous aujourd’hui  ? Quels sont vos endroits, quartiers, lieux préférés ?

Aujourd’hui je vis à Plainpalais et depuis 2013, mon atelier est situé aux Pâquis. J’aime la proximité du lac et l’ouverture urbaine sur un quartier très métissé et animé. Une identité genevoise forte y est présente. Les Pâquis, ce fut comme un « sas de décompression », pour me réhabituer à ma ville après trois années passées à New-York entre 1995 et 1998 avec ma femme, Anne-Frédérique.

 

Être Genevois, c’est surtout une idée, un accord avec des valeurs.

 

Selon vous y a-t-il un « esprit » ou une « mentalité » genevoise ?

À Genève, la population peut être assez différente selon les quartiers : un vieux Pâquisard ou un jeune bobo des Eaux-Vives. C’est vraiment plusieurs styles de Genevois typiques différents qui cohabitent dans cette ville pluriculturelle. L’identité de Genève, c’est avant tout son esprit, et son côté cosmopolite. On peut s’identifier à Genève car être Genevois, c’est surtout une idée, un accord à des valeurs. C’est ça qui nous attache à cette petite République, avec son esprit assez citadin. C’est aussi la ville des ONG, la capitale des Droits de l’Homme, et cela participe de cette idée.

Dans votre carrière internationale, quelle période vous a-t-elle le plus marqué ?

J’adore Genève et mon travail ici. Mais j’aime aussi les moments de liberté, quand on peut mettre du vent dans les voiles et partir à l’aventure. Nous avons fait cela avec ma femme, en 1995. Nous sommes partis trois mois en Amérique latine, avec pour seuls bagages nos sacs à dos, avant de débarquer à New-York pour trois années. Notre sentiment de liberté était immense. Ce sont des épopées, des souvenirs d’avoir vraiment pu vivre quelque chose d’inoubliable. Ensuite, nous l’avons refait en 2014, avec trois enfants. Une belle aventure familiale d’une année à Los Angeles. Là-bas, ce n’était plus la proximité du lac qui m’inspirait mais, temporairement, celle de l’océan.
Après, il y a aussi les nombreux voyages professionnels, pour réaliser des BD reportages dans tous les coins de la Planète : les bidonvilles de Nairobi, Gaza pendant la guerre, les couloirs de la mort américains, et plus récemment, les couloirs des soins intensifs de l’Hôpital de Genève pendant la crise du Covid. Ce sont des expériences très fortes.

Quelles sont les personnalités qui vous ont le plus marqué, ou que vous avez dessinées avec le plus de plaisir ?

La rencontre faite avec Kofi Annan fut riche. Il était le Président d’honneur de notre Fondation «  Cartooning for Peace  », et montrait un engagement indéfectible en faveur de la liberté de presse et d’expression. J’ai particulièrement apprécié son engagement envers Musa Kart, caricaturiste turc emprisonné au moment où nous lui avons décerné notre Prix du dessin de presse en 2018. À cette occasion, Kofi Annan nous a déclaré qu’il avait écrit à Recep Tayyip Erdoğan pour plaider la cause de Musa Kart. C’était une personne généreuse et amoureuse des Arts. Dans un autre registre, une figure omniprésente de l’actualité récente a été Donald Trump, à qui j’ai consacré une rétrospective dessinée fin 2019 opportunément intitulée « This is the end  ». Personnalité ubuesque, hors norme, et malheureusement représentative de notre époque.

L’année 2020 (Covid, élections américaines, attentats terroristes, etc.) fut pour le moins mouvementée… Quel est votre regard critique sur tout cela ?

Lors du passage à l’année 2020, personne ne pouvait imaginer ce qui allait arriver. C’était une année a priori prometteuse, dont on entrevoyait les grandes thématiques : Trump, les élections américaines, les conflits sociaux durables (gilets jaunes, etc.), le problème climatique impérieux. Comme si cela ne suffisait pas, une crise sanitaire qui tient du film fantastique, une sorte de maelström est arrivé.
Nous ne pouvons nous empêcher de nous poser cette question : « Est-ce que ce sera l’occasion d’un changement profond de la société ? ». Nous savons que cette crise va sans doute provoquer des super accélérations dans divers domaines.
Le Covid c’est le révélateur d’une crise plus large. Face à la pandémie, la société, la classe politique, les entreprises improvisent, la plupart des acteurs sont dépassés, les conséquences à plus ou moins long terme nous échappent. Il faudra très vite s’adapter et en tirer les leçons.
J’y ai consacré une bande dessinée de reportage, « Au Cœur de la vague », sur laquelle j’ai travaillé ces six derniers mois. Cette BD se termine par une question ouverte, un point d’interrogation sur le futur. Je pose la question : « Est-ce que tout cela ne serait pas le modèle réduit de la grande crise du Monde… celle du climat ? ». Nous n’avons que rarement connu de tels enjeux à tous les niveaux.

 

En tant qu’outil de communication, le dessin prend tout son sens, alliant la pertinence et la modernité..

 

Plus généralement nous vivons aujourd’hui dans un monde où la critique est de plus en plus difficile, et la liberté d’expression de plus en plus malmenée. Selon vous dans quelle mesure la satire et son accueil sont-ils les marqueurs de l’évolution (en bien ou en mal) de nos sociétés ?

C’est vrai que nous sommes dans une époque où nous ne pouvons plus dire grand-chose sans froisser quelqu’un. C’est un fait paradoxal car parallèlement à cela, il y a de plus en plus d’acteurs qui s’expriment, et donc d’opinions.
On peut tout dire, et on dit tout et n’importe quoi sur les réseaux sociaux. Dans un monde sans curation, comment distinguer une analyse pertinente d’une opinion erratique ? Qui aurait imaginé qu’on puisse encore remettre en question que la Terre soit ronde ? C’est un gag qui dépasse la caricature ! Ce qui se joue de nos jours, c’est un grand nivellement généralisé via les réseaux sociaux – un lieu où chacun peut s’improviser expert sur tout. On y mélange le vrai et le faux, l’important côtoie le banal sans hiérarchie.
L’évolution de nos sociétés est marquée par une forme de susceptibilité générale. Les entreprises, les gouvernements, les institutions sont très soucieux de leur image. On confond régulièrement « petite offense » et « grosse attaque » et si un sujet devient une polémique, la volonté générale est de ne pas faire de vague. Si on rassemble ces deux réalités : susceptibilité accrue + principe de précaution appliqué, la liberté de presse et d’opinion peut devenir compliquée. Le dessin de presse participe au débat démocratique à travers l’échange des opinions et idées. C’est un outil qui condense une information, une idée, une opinion, en une synthèse visuelle – ce qui correspond bien à notre monde de la vitesse et du zapping. En tant qu’outil de communication, le dessin est finalement assez moderne, et pertinent aujourd’hui. Les ingrédients qui font tenir tout ça sont la force de l’image et le raccourci de l’humour.

Vous venez de recevoir le prix de la Fondation pour Genève. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Plus généralement, comment concevez-vous l’engagement philanthropique ? Qui est un « bon philanthrope » ?

Selon moi, un bon philanthrope met ses actions de tous les jours et son travail en accord avec ses valeurs et ses principes affichés.
Quant au Prix, j’ai été très touché de le recevoir, c’est une reconnaissance. C’est aussi un soutien public à la cause de la liberté d’expression dans un esprit de dialogue, que nous défendons via notre Fondation inspirée de Kofi Annan, rebaptisée « Freedom Cartoonists Foundation », et dont j’ai pris la présidence cette année. Je contribue aussi à « Human Rights Watch » via des dessins offerts pour leurs enchères de charité, dont le produit est versé aux causes que l’ONG défend. Les valeurs des Nations Unies sont plus que jamais importantes aujourd’hui. J’espère pouvoir jouer un rôle de plus en plus grand pour la défense de ces valeurs dans ce monde pour le moins désordonné.

m3 GROUPE mène à bien le projet « House of Missions »

Mené de main de maître par m3 GROUPE, « House of Missions » sera livré début décembre 2020. Situé dans le quartier des Nations au Petit-Saconnex, le projet architectural conçu pour les missions diplomatiques et les organisations internationales accueillera ses nouveaux propriétaires dès l’année prochaine.

Mission accomplie pour m3 GROUPE et « House of Missions » ! Le projet architectural conçu et pensé pour les missions diplomatiques et les organisations internationales sera livré début décembre 2020. Mené tambour battant depuis le commencement de sa construction en janvier 2019, ce bâtiment de 5’100 m2 de surfaces affiche complet. Il accueillera en 2021 ses cinq nouveaux propriétaires : les missions permanentes auprès de l’Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève du Botswana, du Ghana, du Kenya, de la Namibie et des Philippines.

Quand fonctionnel rime avec esthétique

Situé dans le quartier des Nations au Petit-Saconnex, « House of Missions » doit notamment son succès à ses caractéristiques en adéquation avec les besoins des missions diplomatiques et organisations internationales. En collaboration avec De Giuli & Portier Architectes SA, m3 GROUPE a su intégrer dans son concept les spécificités liées à l’accueil des missions diplomatiques, notamment en ce qui concerne la séparation des espaces et la sécurité. L’esthétique du bâtiment a également bénéficié d’un soin tout particulier grâce au travail de Patrick DEVANTHERY, du bureau genevois designlab-construction SA. L’architecte a choisi d’orner la façade de panneaux alternant différents traitements d’aluminium qui changent de couleur au gré de la luminosité. Un parti pris inspiré de la plastique de l’Opéra de Lausanne qui donne au bâtiment une véritable âme.

De nombreux défis relevés haut la main par m3 GROUPE

Au cours de cette opération pilotée par m3 GROUPE, de nombreux défis ont été à relever. Le terrain sur lequel s’érige « House of Missions » présentait initialement une forte pente. Le concept « clé en main » proposé aux différentes missions a par ailleurs demandé une flexibilité de tous les instants, ce afin de satisfaire les besoins variés exprimés par ces dernières. « Nous sommes ravis d’avoir mené à bien ce projet. Le segment des organisations internationales comporte un degré de complexité supplémentaire en raison de leur mode de fonctionnement particulier. Le succès de « House of Missions » réside dans la capacité de m3 Groupe à penser l’immobilier autrement afin d’offrir à nos clients des solutions immobilières adaptées et efficientes. », explique Matthieu Pellet, responsable de projets immobiliers chez m3 GROUPE.

À noter que l’inauguration de « House of Missions » aura normalement lieu fin janvier 2021.