m3 HÔTEL FERNEY : Une expérience client inédite

En avril dernier, le premier m3 HÔTEL a ouvert ses portes au cœur de Ferney-Voltaire. Cet établissement de catégorie 4 étoiles renouvelle l’offre hôtelière « business » genevoise en proposant 24h/24h une « expérience client » inédite. Sa proximité directe avec l’aéroport de Genève et Palexpo en fait une étape privilégiée pour les touristes d’affaires et les voyageurs de loisirs de passage à Genève.

 

Texte de Anne Southam Aulas, directrice m3 HOSPITALITY

Confort et efficacité sont au cœur de l’ADN du m3 HÔTEL FERNEY. La décoration mêlant modernité et originalité est présente dans l’ensemble des 127 chambres, suites et appartements de 25 à 60 m2. L’hôtel propose un très large choix de prestations que les clients peuvent comman-der en ligne grâce au service de conciergerie virtuelle : chauffeur depuis l’aéroport, vêtements de rechange, carte des oreillers, champagne en chambre, séance de yoga, excursions à vélo, visite du Château de Ferney, etc. La conciergerie virtuelle est un service personnalisé et rapide permettant aux clients de préparer leur séjour à l’avance en simplement quelques clics. Les clients pressés peuvent ainsi commander tous leurs extras avant leur arrivée à l’hôtel.

Un pre-check-in online est également possible : les clients qui n’ont pas de temps à perdre peuvent s’enregistrer avant leur arrivée ; un QR code leur est ensuite envoyé, sésame pour disposer de sa chambre en quelques minutes, via les bornes de check-in de l’hôtel. L’accueil n’en est pas pour autant négligé, le personnel s’assurant du bon déroulement de l’opération tout en mettant les hôtes à l’aise avec cette nouvelle technologie. Sept minutes pour atteindre son lit après une journée de travail ou de voyage, voilà un gain de temps appréciable !

Une réunion de travail qui se prolonge, un dernier avion/train raté, l’hôtel s’assure de satisfaire les besoins inatten-dus des clients en déplacement professionnel. Des points de restauration rapide, tels qu’un buffet permanent et un bar à fruits, sont disponibles afin de permettre à la clientèle de manger frais à n’importe quelle heure. De plus, la boutique du voyageur dispose d’une large gamme de vêtements et produits de première nécessité destinés aux voyageurs en transit dont le vol ou le train a été annulé.

Dans la mouvance de l’hôtellerie décontractée d’au-jourd’hui, le m3 HÔTEL FERNEY conjugue sans complexe modernité, service et confort dans une gamme de prix plus qu’abordable. Gageons que le premier fleuron du groupe m3 HOSPITALITY présage de nombreux autres établissements à succès.

Cet article est paru dans m3 MAGAZINE numéro 7.

Cuisines et salles de bains : tendances 2019

À chaque saison ses nouvelles passions pour une déco réinventée dans ces deux lieux clefs de la maison. Décryptage des engouements printemps-été 2019

Texte de Julie Des Essanges

Devenue le lieu névralgique de la maison, la cuisine évolue elle aussi dorénavant au gré des modes, des collections, et le garde-manger tel une garde-robe se fait régulièrement une nouvelle beauté. Les cuisines immaculées n’ont plus vraiment la cote, la gamme chromatique va spontanément vers les anthracites, faux noirs et bleus profonds ou, a contrario, ose les teintes poudrées et délicates telles le rose porcelaine ou le vert céladon, douces et apaisantes comme celles d’un bouquet, ne sommes-nous pas déjà au printemps ? Ouverte sur le salon, la cuisine opère maintenant un repli pour encore plus d’intimité et on note le succès continu des verrières qui, depuis 10 ans, ne se dément pas. Ce châssis transparent est un compromis de génie qui délimite les espaces tout en les gardant visuellement en contact, sans parler de son effet atelier, charmant.

La cuisine s’émancipe

Les cuisines en 2019 présentent des rangements divers et multiples, ouverts et fermés, pour les plus design sans poignées : une simple pression donne accès à leur contenu. Fini le temps où l’on allait chercher son faitout au fond du placard, maintenant muni de tiroirs coulissants, souvent grand format, ils viennent à nous avec toute la batterie de casseroles dont nous avons besoin. Chaque année les cuisinistes déploient des trésors d’ingéniosité pour trouver les rangements les plus fonctionnels et attrayants, spécifiquement dédiés aux bouteilles, aux couverts et ustensiles divers, à l’épicerie, jusqu’aux gamelles du chien escamotables. Sur le même principe, l’îlot central, sorte d’imposant tableau de bord toujours demandé par la clientèle, sait maintenant se dédoubler d’une table ou du moins d’un élément rectiligne pour prendre ses repas. S’escamotant parfois facilement, cette astuce tech-nique permet de jouer sur l’espace dédié et de tenir compagnie au chef pendant ses compositions culinaires.

Mix and match

Cette année les cuisines « stylées » portent du bois, du chêne clair de préférence qui habille le sol et les portes de meubles, parement vertical et horizontal à l’aspect brut que l’on sait marier en contraste avec des matériaux tout aussi authentiques tels le béton, le métal ou l’ardoise, histoire de lui donner du caractère et du relief.
Si les nouveaux couverts sont des outils pour manger aux formes revisitées, tels la fourche, la pince, la cuillère-fourchette, déclinées en métal découpé au laser, céramique émaillée ou laquée, c’est pour mieux la mixer avec une vaisselle en contraste, match des effets  : épuré, éthique, Art Déco, graphique, bois. La vaisselle quant à elle juste-ment, elle s’expose, on a retrouvé les vaisseliers des cuisines d’antan, rajeunis, repeints, ils permettent d’exhiber verres et assiettes joliment disposés dans une cuisine pourtant résolument moderne, un nouveau mix & match réussi. De même, une touche plus personnelle souvent vintage vient personnaliser la pièce : un tapis, une petite bibliothèque, un tableau ancien, repères familiaux la rendant unique et chaleureuse au-delà de toute modernité.

Écologique et connectée

Notre XXIe siècle sera écologique ou ne sera pas, du moins pas longtemps… Partout dans la maison et y compris dans la cuisine, on tente d’appliquer au mieux les préceptes verts : lumière à basse consommation, appareils les moins énergivores possible. Les lave-vaisselles tournent avec un volume d’eau minimal et le four à bois connaît un regain d’intérêt, l’espace poubelle est quant à lui forcément sélectif. La technologie permet de surcroît d’avoir une cuisine connectée et, de son téléphone portable, de tout programmer et commander à distance : préchauffer le four, connaître le contenu du réfrigérateur, mettre en symbiose les différents appareils pour son retour à la maison.
Enfin il faut évoquer le goût constant des consommateurs pour des engins culinaires de professionnels  : cuisinière high-tech, robots polyvalents : extracteur de jus, multi-cuiseur intelligent, cave à vins design… Bref un matériel de compétition pour des champions comme à la télévision ! La cuisine 3.0 est décidément en pleine mutation.

La salle de bains devient boudoir graphique

Antre de l’intimité, longtemps lieu d’exercice de toutes les féminités, la salle de bains est devenue véritablement mixte et se partage aujourd’hui plus équitablement. Les doubles vasques sont maintenant courantes et dans les grands espaces, la douche à l’italienne de Monsieur côtoie la baignoire XL de Madame. La première nouvelle inspiration de l’année, pour ce lieu où l’on passe de plus en plus de temps, est son graphisme, la volonté d’en prononcer les lignes. Le noir va permettre la manœuvre et sur un fond neutre en suivant contours, bordures, démarcations, dessiner des formes géométriques stylisées. Résolument moderne, la salle de bains apparaît épurée voire agrandie, tandis que les lignes noires font saillir ses reliefs. Le mariage du blanc et du noir est ainsi plus que jamais tendance et perpétue une forme de classicisme dont le goût et l’allure ne se démentent pas.

Bicolore ou pas, ce boudoir nouvelle génération se rap-proche de la chambre à coucher pour parfois fusionner avec elle. Là encore les châssis en verre sont des atouts majeurs pour faire de la salle de bains, son annexe volontairement exposée. À ce jeu de transparence que confère la verrière, on peut lui préférer la dissimulation et derrière une très haute tête de lit telle un paravent, découvrir l’intégralité de la salle d’eau joliment agencée, les deux pièces ne faisant qu’une.

Lieu inventif

En 2019 le bois, là aussi, y fait son apparition de plus en plus : parois, cloisons, étagères, il se montre chaleureux et oppose à la blancheur souvent environnante sa nature vivante surtout lorsqu’il est agrémenté de quelques hautes plantes dont les branches de paniers ethniques surgissent. Les matières brutes également confirment leur entrée : mur de pierre, carrelage en relief, surfaces texturées. Les contrastes de matières sont recherchés et parfois audacieux, le goût du mix and match se revendique ici encore. Mise en scène de la pièce avec dans le rôle principal la baignoire : voilà ce qui plaît également. Qu’elle soit traditionnelle, délicieusement rétro avec des pieds en pattes de lion ou serres d’aigle ; ultramoderne : cuve circulaire ou oblongue au confort aussi spacieux qu’ergonomique, c’est la diva du lieu et elle va prendre ses aises comme trôner au centre de la pièce en îlot. Tous les autres éléments du lieu devenant alors secondaires et accessoires.

Et réactif

De nombreuses technologies trouvent leur destination dans la salle de bains comme dans la cuisine, les éléments n’y sont plus commandés mais réactifs aux gestes des utilisateurs. L’eau coule en passant la main sous le robinet, la lumière s’allume en entrant dans la pièce, la chaleur est par-faite car demandée précisément à l’avance via la domotique de la maison. Une fois dans la baignoire, grâce à son système de sonorisation on peut alors se détendre en écoutant David Bowie ou l’adagio de la symphonie n° 4 de Mahler… Ainsi dans les nouvelles salles de bains, le temps de l’hygiène est dépassé, est venu celui de la relaxation et du bien-être. Esthétiques et sensorielles, ces nouvelles conceptions font décidément des merveilles.

Cet article est paru dans le m3 MAGAZINE numéro 7.

Surélévations et aménagement de combles : les niches immobilières genevoises

Entrée en vigueur le 22 avril 2008, la loi sur les surélévations permet de valoriser un patrimoine immobilier par le biais d’une transformation partielle ou totale de l’immeuble, sans étouffer économiquement les propriétaires. m3 GROUPE, comme bon nombre de professionnels de l’immobilier, a toujours eu une approche très pragmatique de la loi : accompagner ses clients dans une réflexion générale de revalorisation de leur bien immobilier. Ces derniers ne sont pas forcément de grands groupes immobiliers, mais plutôt des propriétaires d’un ou deux immeubles dont les revenus servent à assurer un confort familial ou une retraite convenable.

Pour eux, se pose un jour inévitablement la question de l’entretien de l’immeuble et la mise en conformité de ses installations : fenêtres, énergies, sanitaires, ascenseur, façade et confort général des appartements. Toutes ces interventions sont coûteuses et même si, bien entendu, elles valorisent l’immeuble, elles n’améliorent en rien sa rentabilité immédiate.

Texte de Jean-Gabriel Linder, Responsable grands comptes m3 GROUPE

En contact permanent avec les propriétaires des immeubles qu’il gère, m3 GROUPE prend en compte toutes les difficultés auxquelles ceux-ci sont confrontés  : législation pléthorique, autorisations nécessaires à tous les niveaux d’intervention, contrôle des loyers, rapports avec un département surchargé, fiscalité débordante, avec pour conséquence des rendements de plus en plus faibles et très souvent un manque de liquidités qui laisse les immeubles dans un mauvais état d’entretien.

C’est dans ce contexte que nous accompagnons les propriétaires dans une réflexion générale de valorisation de leur bien en imaginant avec eux des solutions diverses : soit l’aménagement des combles, soit une surélévation, soit enfin dans certains cas plus critiques, la transformation de sur-faces commerciales en appartements. Tous les immeubles ne sont bien évidemment pas sur-élevables, tous n’ont pas de combles aménageables et, de plus, les règlements restent contraignants, mais on peut observer une certaine bienveillance de la part du Département envers nos propositions.

 

Revaloriser l’état locatif

Parmi les nombreux projets réalisés par m3, on compte trois cas exemplaires de rénovation ayant permis une revalorisation de l’état locatif. Le premier est celui d’un aménagement de combles réalisé dans un immeuble cossu de la fin du XIXe siècle situé dans la ceinture « fazyste » de Genève : en mains familiales de très longue date, l’immeuble était entretenu normalement mais nécessitait des travaux en façade et des garde-corps. Afin de rentabiliser ces travaux de réfection, nous avons envisagé, en collaboration avec le bureau d’architectes Domulor, de construire un bel appartement de 4,5 pièces dans les combles, et ceci malgré une faible hauteur sous toit. La rénovation s’est soldée par une situation gagnant – gagnant : les propriétaires ont pu rendre à l’immeuble son lustre d’antan et maintenir ainsi sa rentabilité, sans causer aucun dommage social car les loyers n’ont pas été augmentés.

Surélever un immeuble entier

Le deuxième cas concerne un immeuble des années 1950 situé sur la rive droite, appartenant aux mêmes propriétaires depuis de très nombreuses années. Toujours avec l’aide du bureau Domulor, nous avons obtenu l’autorisation de surélever l’immeuble de deux étages, soit de construire 36 pièces supplémentaires, au loyer contrôlé de CHF 6’698.- la pièce par année. Il n’est pas courant d’avoir tout à rénover dans un immeuble : colonnes sanitaires, fenêtres à changer, ascenseurs, façades, chaufferie. Et, dans ces conditions, gérer les relations avec les locataires n’est pas une affaire facile. Pourtant, nous avons respecté les prévisions en temps et en budget des travaux d’entretien et de la surélévation. Nous avons livré aux propriétaires deux immeubles entièrement restaurés, dont l’état locatif résultant de la surélévation aura permis de rentabiliser non seulement la nouvelle construction mais aussi l’ensemble de travaux au taux de 4,35%. De plus, aucune hausse de loyer n’a été appliquée et les locataires ont été équitablement indemnisés pour avoir supporté stoïquement les nuisances.

Transformer des surfaces commerciales en appartements locatifs

Le dernier cas concerne la transformation totale de l’emblématique Église de la Sainte-Trinité située à la rue Rothschild. En juin 2017, la permanence psychiatrique qui occupait les 4 étages du bâtiment a déménagé, libérant ainsi une superficie net totale d’environ 1 600 m2. Étant donné les difficultés rencontrées par les propriétaires pour relouer tout ou partie de l’immeuble, nous leur avons proposé de réaliser une transformation totale de ces surfaces commerciales en 20 appartements traversants de 2 à 5 pièces chacun, au total 66 pièces habitables soit 1 460 m2 de surfaces locatives. En collaboration avec le bureau d’architecture Maurice Cattin, nous avons réalisé d’importants travaux du gros œuvre afin de vider entièrement les 4 étages. La démolition et le raccordement technique en parties supérieure et inférieure des étages ont exigé de l’ingéniosité et une intervention délicate.

Les accès aux appartements ont été regroupés, ce qui nous a permis d’éviter la construction de coursives supplémentaires et de minimiser ainsi leur impact sur la façade. Disponibles début juillet 2019, ces nouveaux appartements présenteront des qualités architecturales et esthétiques très intéressantes, telles qu’une grande hauteur sous plafond et un mariage réussi entre les éléments historiques conservés et les éléments modernes.

Cet article a été publié dans m3 MAGAZINE numéro 7.

Ces Genevois qui font Genève

25 acteurs d’influence nous parlent de notre ville

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Politiques, entrepreneurs, artistes, bénévoles, tous partagent le même amour pour la cité de Calvin, leur ville tendrement chérie dans laquelle ils ont choisi de vivre « activement » : car être citoyen genevois, c’est aussi s’investir pour sa ville.

Et si chacun d’entre nous s’accorde à reconnaître en Genève un modèle culturel de multiculturalisme et d’économie maîtrisée, il n’en demeure pas moins que la ville devra désormais mieux assumer son statut métropolitain.

Alors au lieu de parier sur quelques « superhéros urbains »,  il faudrait imaginer une transformation citoyenne du système socio-économique, et suivre les conseils de nos 25 acteurs d’influence.

Oui Genève devra miser, entre autres et dans le désordre: sur l’interculturalité, sur la finance éthique, la mobilité douce, la consommation responsable, l’éco-habitat, les énergies renouvelables, la biodiversité; sans oublier la culture, l’art et la gastronomie.

Travailleur social de formation, Charles Beer est élu conseiller municipal dans la commune de Vernier de 1987 à 1989, député au Grand Conseil de 1997 à 2003, puis conseiller d’État en 2003, 2005 et 2009. Chargé de l’instruction publique, de la culture et du sport, il préside le gouvernement en 2007 et 2013. Depuis son retrait de la vie politique en 2013, Charles Beer préside le Conseil de Fondation de Pro Helvetia qui encourage l’art et la culture suisses, en soutenant les échanges artistiques, la création et la diffusion de projets et d’œuvres, aussi bien dans le pays qu’au niveau international. Charles Beer préside également deux autres conseils de fondation : Partage (Banque alimentaire) et la Fondation pour l’animation socioculturelle (FASe). Il siège par ailleurs dans les conseils de fondation suivants : Institut de Hautes études internationales et de développement, Terre des hommes et MAMCO. Il assume également une charge de cours à la Haute école de travail social et à la Haute école de gestion, exerce une activité de consultant et assure des engagements bénévoles.

«  Genève est une villemonde dont l’identité est fondée sur l’interculturalité. Son destin, lié à celui de notre Planète. L’attractivité de Genève réside dans sa capacité à conjuguer, d’une part, ses dimensions régionale et internationale et, d’autre part, le dynamisme économique, le lien social et la protection de l’environnement. Comme beaucoup de cités et de métropoles, Genève est aujourd’hui à la croisée des chemins. Comment résister aux sirènes d’une croissance sans développement, synonyme de montée des inégalités, d’individualisme forcené, d’atteintes à l’environnement et de populisme  ? Genève doit impérativement placer la culture, la connaissance, la jeunesse, l’ouverture et la solidarité au centre de ses projets. Pour garantir sa prospérité, elle devra ainsi savoir préserver ses équilibres et ses valeurs tout en s’adaptant aux défis de notre époque. Les temps que nous vivons présentent autant de risques que d’opportunités. 

J’ai la chance de pouvoir agir dans plusieurs domaines d’activité complémentaires et j’estime qu’en tant qu’ancien élu, il est de ma responsabilité de mettre mon énergie et mon expérience au service de la cité. J’ai essentiellement consacré mon parcours professionnel au travail social, au syndicalisme et à l’engagement politique, comme magistrat. Pouvoir me battre, aujourd’hui, au quotidien, pour nos valeurs humanistes, est un privilège que je mesure et qui me donne force et énergie. Mes engagements futurs s’inscriront encore dans les domaines de la culture, de la solidarité et de la formation. En tant que président du Conseil de Fondation de Pro Helvetia, je souhaite contribuer au développement continu de la culture qui représente dans notre pays un facteur essentiel de lien et de cohésion sociale. « La culture est la réponse des sociétés laïques à la question fondamentale du sens », disait l’ancien premier ministre français Laurent Fabius. »

Diplômé de l’Institut de hautes études internationales et du développement, Antonio Hodgers entre en politique en 1997, année de son élection au parlement genevois. Il devient chef du groupe Les Verts en 2002 et 2003. En parallèle à son activité politique, il est très actif comme entrepreneur  : il co-fonde le réseau de transports publics nocturnes genevois, une entreprise de livraison de DVD à domicile, et un bureau de conseil en matière de mobilité en 2004, qu’il quitte fin 2013. Antonio Hodgers préside le parti Les Verts entre 2006 et 2008 et est élu au gouvernement genevois en tant que conseiller d’Etat en décembre 2013. Actuellement, il dirige le département du territoire, s’occupant des questions liées à l’aménagement du territoire, au logement, au patrimoine naturel et bâti, à l’énergie, l’environnement, l’eau, l’agriculture et à la nature, ainsi qu’au développement durable. Depuis janvier 2019, il occupe également la fonction de président du Conseil d’Etat.

« Genève est depuis toujours une ville cosmopolite, moderne et multiculturelle. Elle connaît depuis quelques années un fort développement mais elle doit veiller à ne pas perdre son attractivité en demeurant une métropole accueillante qui cultive ses traditions et dans laquelle il fait bon vivre. De plus, Genève ne se résume pas à sa ville : les communes qui composent le Canton et ses nombreuses étendues paysagères et agricoles en font un endroit tout particulièrement apprécié pour la détente, les loisirs et l’épanouissement de la faune et de la flore locales.

Je prône pour cela un urbanisme de qualité lié à la ville dense et aux courtes distances, qui fait la part belle aux espaces publics verts. Il faut aussi relancer le Projet d’agglomération, car notre canton se trouve au centre d’une métropole beaucoup plus large qui regroupe un bassin de vie de 800 000 à 1 000 000 d’habitants. Si beaucoup de Genevois sont mécontents de leur qualité de vie, c’est parce que l’essor économique de la ville n’a pas été suivi en termes d’infrastructures et de logements. Durant la législature en cours, il faut donc renforcer la cohérence entre notre développement économique et les infrastructures proposées. Un autre enjeu est la mixité sociale, avec la définition des types de logements réalisés dans chaque quartier, avec ⅓ de logements sociaux, ⅓ de locatifs pour la classe moyenne et ⅓ de propriétés par étage pour la classe moyenne et supérieure. Nous éviterons ainsi le phénomène des ghettos ou de la gentrification, néfastes au bon-vivre ensemble.

À la tête du département du territoire, j’espère avoir réussi à fédérer les acteurs autour d’une vision commune, qui est pour moi celle d’un urbanisme et d’un développement de qualité, plaçant les citoyennes et citoyens, et leurs besoins, au centre des préoccupations. La qualité de vie urbaine est fondamentale. Il faut aussi permettre à chacun de trouver un logement qui correspond à ses besoins, actuels mais aussi futurs, en considérant l’évolution des modes de vie. La protection de notre environnement, qu’il soit naturel ou bâti, me tient également à cœur. Nous héritons d’un patrimoine construit mais aussi naturel, qu’il faut protéger et valoriser, pour perpétuer notre histoire et nous permettre, ainsi qu’aux générations futures, d’évoluer dans un environnement sain et durable. Nous devons maîtriser aujourd’hui nos ressources pour nous permettre d’envisager l’avenir sereinement en réalisant la transition énergétique vers la société à 2000 watts.

Je m’engage quotidiennement en faveur d’une politique de la fonction publique respectueuse, moderne et agile, en assumant toutefois le fait que l’Etat doit jouer un rôle de régulateur pour préserver un équilibre des libertés. Je m’engage également, chaque jour, en transcrivant mes valeurs dans une logique d’action capable de faire évoluer le quotidien des Genevoises et des Genevois. Ma motivation est de voir la réalité évoluer vers plus de libertés, de responsabilité partagée et de cohérence dans notre projet collectif. C’est là le sens de l’écologie politique que je défends. Je crois beaucoup à la force de conviction pour la réalisation de mon projet.»

En 2013, Cyril de Bavier cofonde le groupe immobilier Swissroc qui compte aujourd’hui plus de 100  employés, incluant les collaborateurs de l’entreprise générale Hestia, acquise récemment, et ceux de la filiale dédiée à l’innovation à Varsovie (Pologne), ouverte en 2018. Diplômé d’HEC Lausanne et de la prestigieuse London School of Economics, Cyril de Bavier se lance très tôt dans l’entrepreneuriat après de nombreux stages et jobs au sein de grandes entreprises du secteur de la finance, telles que Morgan Stanley à Londres, MKS Pamp Group, Trafigura, ou encore Syz Asset Management. Au-delà de l’immobilier, il s’investit accessoirement dans d’autres activités, telles que le F&B avec le groupe Shelter CH, la vente de métaux précieux avec Goldavenue ou encore le consulting stratégique et la digitalisation avec Cornelius. Né et ayant grandi à Genève, il porte sur la ville et le canton un regard bienveillant et pragmatique.

« Genève est une ville qui se caractérise par son incroyable qualité de vie et sa situation géographique privilégiée au cœur de l’Europe, à moins de deux heures des grandes capitales, mais aussi par sa forte dynamique internationale qui participe directement à son attractivité et à sa richesse multiculturelle. J’ai l’habitude de dire que Genève est la parfaite base pour vivre, surtout si on a la chance de pouvoir voyager de manière fréquente. On retrouve également cet ADN du Swiss made qui consiste à faire tout comme ailleurs, mais mieux qu’ailleurs, avec une qualité et des savoir-faire incomparables. Malgré une situation économique difficile avec le Franc fort, et une mauvaise fiscalité, les conditions cadres permettent à Genève de garder une certaine attractivité.

Concernant l’immobilier, après une phase de pénurie de logements, je pense qu’on se dirige en douceur aujourd’hui vers une saturation du marché et ceci quasiment à tous les niveaux (locatif, résidentiel, commercial, PPE…). Quelques belles opportunités de développement persistent toutefois, mais il me semble important, pour les saisir, de sortir des sentiers battus, aussi bien en termes de localisation, en misant par exemple sur l’écosystème des nouvelles gares CEVA ou encore sur la transformation des zones industrielles en Suisse romande. De belles choses restent à faire.

Mon but est de créer de la valeur dans cette ville qui m’a vu grandir. Avec Swissroc, j’ai ce sentiment de contribuer à bâtir de manière qualitative la ville de demain. Avec le groupe Shelter et nos concepts de restaurants, nous essayons de contribuer, à notre échelle, à rendre Genève plus attractive et dynamique d’un point de vue lifestyle pour en faire un des hotspots de la gastronomie internationale. Et pourtant, si je devais tenir compte du coût d’opportunité de faire de la restauration à Genève (et en Suisse) avec les contraintes de ce marché, j’aurais arrêté depuis longtemps.

Grâce à mes différentes activités, en cinq ans à peine, j’ai créé entre 150 et 200 emplois à Genève. J’en suis très fier.

Sur le plan personnel, je suis impliqué dans le milieu culturel, notamment au sein de l’association «  NextGen  » des amis du MAMCO que j’ai co-créée, ainsi que dans le milieu sportif. Je suis un fervent supporter des clubs de la ville, notamment le Genève Servette Hockey Club et le Servette Football Club, que j’essaie d’aider à ma manière. Une implication locale qui me tient particulièrement à cœur.

Ce qui me motive au quotidien  ? Rendre Genève meilleure, plus fun, plus attractive. Apporter des solutions là où il en faut. J’ai également cette chance incroyable d’avoir un day to day extrêmement varié. Chaque journée comporte son lot de surprises et de challenges à relever. C’est extrêmement stimulant. »

Nathalie Fontanet est conseillère d’État, chargée du département des finances et des ressources humaines. Après s’être consacrée à l’éducation de ses trois enfants pendant 14 ans, elle a entrepris des études de droit et obtenu un brevet d’avocat. Elle a travaillé en tant que directrice adjointe au sein du service juridique d’une banque suisse. Au bénéfice d’une expérience politique de plus de 15 ans, Nathalie Fontanet a siégé au Conseil municipal de la Ville de Genève et au Grand Conseil.

« Genève a tout d’une grande ville cosmopolite, mais elle reste à taille humaine. La qualité de vie et le niveau élevé de formation constituent des atouts indéniables. Du point de vue économique, elle dispose d’un tissu très dynamique et varié qui va de la petite PME à la grande société internationale. Le canton est également un important pourvoyeur d’emploi. La présence, enfin, de nombreuses organisations internationales et non gouvernementales lui confère un rayonnement mondial.
Parmi mes priorités politiques pour Genève figure l’aboutissement de la réforme de la fiscalité des entreprises, rebaptisée RFFA. Actuellement, certaines sociétés, basées en Suisse et actives essentiellement à l’étranger, bénéficient de conditions fiscales plus avantageuses que d’autres. Afin de se conformer aux normes internationales, la Suisse s’est engagée à supprimer ces privilèges fiscaux d’ici au 1er  janvier 2020, de façon à établir une égalité de traitement entre toutes les entreprises sur notre territoire. Les sociétés qui bénéficiaient de statut fiscal privilégié verront leurs impôts augmenter, alors que les sociétés ordinaires, notamment les PME locales, verront leur charge fiscale diminuer. Cette réforme est absolument essentielle pour préserver les emplois dans notre canton. Elle s’accompagne par ailleurs d’un important volet social qui profitera à l’ensemble de la population.
Qu’est-ce qui me stimule dans mon activité professionnelle  ? J’aime les nouveaux défis. Et ma fonction en est un  ! C’est un engagement de tous les instants, une charge de travail exceptionnelle. Il s’agit également de dialoguer et négocier pour faire aboutir les projets. Je suis profondément attachée à notre canton et j’ai à cœur de le voir prospérer pour le bien-être de toutes et tous. J’ai la chance de diriger un département dont les enjeux sont d’une importance clé pour le bon fonctionnement et l’avenir de notre canton. En complément à la fiscalité qui touche chacun d’entre nous et au maintien de la santé financière de notre canton, j’accorde une attention particulière à la gestion des ressources humaines de l’État, ainsi qu’à la promotion de l’égalité entre femmes et hommes dont j’assume également la responsabilité. »

Musicologue de formation, Thomas Hug fonde, après ses études, une maison d’édition spécialisée dans la musique classique ainsi qu’une galerie d’art contemporain à Berlin, avec laquelle il participe rapidement aux grandes foires internationales comme Art Basel Miami ou Frieze London. En 2012, à son retour en Suisse, il co-fonde artgenève avec l’impulsion de Palexpo, créant ainsi le premier salon international d’art contemporain, d’art moderne et du design de Genève. En 2016, il fonde un second salon d’art à Monaco : artmonte-carlo. Il initie, en 2018, la première biennale de sculptures, Sculpture Garden, dans l’espace public genevois en collaboration avec le Mamco et la Ville de Genève.

« À mes yeux, Genève occupe une place géographique très avantageuse en Europe car elle offre une complémentarité assez unique entre son urbanisme et une nature environnante extraordinaire. Grâce à son niveau économique élevé, son fort ancrage dans les domaines du luxe, de la culture et de la science, et à l’attention internationale qui lui est portée, elle ouvre un espace privilégié où peuvent émerger de nouveaux projets d’envergure.
Comment j’imagine l’avenir de l’art à Genève  ? Je suis optimiste, et cet état d’esprit paraît naturel dans la mesure où je suis moi-même acteur de ce développement. Il faut en effet reconnaître les nouvelles directions qualitatives prises par le Mamco. Au niveau commercial, de grandes galeries internationales se sont établies à Genève ces dernières années, comme Gagosian ou Pace. Imaginez la venue d’autres enseignes de ce calibre ! Cela dit, j’ai une vision assez internationale de notre région qui ne doit pas se limiter à Genève. Je considère aussi les musées lausannois, tels que la nouvelle Plateforme 10, comme faisant partie du paysage artistique régional qui a toutes les cartes en main pour rayonner à l’étranger.
À mon sens, artgenève est devenu un rendez-vous annuel privilégié et unique à Genève car il réunit une multitude d’acteurs majeurs et internationaux du monde de l’art : marchands, professionnels, collectionneurs et presse spécialisée. Comparé aux événements parallèles en Suisse, de Genève jusqu’aux stations de montagne, comme Verbier Art Summit, Elevation 1049 à Gstaad, le salon semble jouer un rôle fédérateur. Les retombées pour le tourisme, également amplifiées par la nouvelle Biennale, vont à mon sens continuer d’augmenter. Je trouve très gratifiant de pouvoir mettre en place et de développer dans sa globalité ce poumon économique et social qui réunit toute une série d’acteurs du monde de l’art et même au-delà.
En tant que codirecteur d’artgenève, aux côtés de Laura Meillet, mes domaines d’activité sont très variés  : je définis la stratégie et la programmation artistique du salon en collaboration avec des comités d’experts, je développe les campagnes de communication, partenariat et sponsoring, et j’assume le rôle d’intermédiaire entre les collectionneurs et la presse aux niveaux national et international. C’est justement la diversité et l’aspect créatif et presque orchestral de mes activités qui me stimulent le plus. Dans le cadre de mes futurs projets, je souhaite développer davantage la biennale Sculpture Garden afin qu’elle devienne, d’ici 2020, un événement urbain et estival majeur dans notre région. Enfin, j’envisage de fonder d’autres salons d’art dans des régions considérées comme «  plus exotiques  » par nos clients (Moscou, Beyrouth ou Tel Aviv) et qui prendront la forme de pop-up art fairs ! »

Diplômé de l’École des beaux-arts de Genève, Francesco Della Casa commence sa carrière professionnelle en 1993, comme restaurateur de monuments historiques à Genève. Il obtient son diplôme d’architecte à l’École polytechnique fédérale de Lausanne. De 1999 à 2011, il exerce les métiers d’architecte, de critique d’architecture et de rédacteur en chef de la revue TRACÉS, organe de la Société suisse des ingénieurs et architectes. Depuis 2011, il occupe le poste d’architecte cantonal de l’État de Genève.

« Aujourd’hui comme hier, l’attractivité de Genève émane du soin constant et méticuleux porté au développement de son territoire, et notamment à la préservation du maillage paysager des espaces non bâtis, naturels ou agricoles. À chaque époque, Genève a réalisé des projets exemplaires  : la Vieille-Ville et Saint-Gervais durant l’Ancien Régime ; Carouge au XVIIIe ; la rade et la ceinture fazyste au XIXe ; le plan directeur Braillard-Bodmer de 1935, qui a fixé les grands principes de l’urbanisme genevois jusqu’à nos jours ; les grands ensembles de l’après-guerre, qui, à Genève, sont classés alors qu’ailleurs on les a dynamités ; de nos jours, la renaturation des rivières, le quartier Praille-Acacias-Vernets et la grande rade.
L’avenir de Genève s’annonce selon moi très prometteur, à condition qu’elle continue à tirer parti au maximum des avantages que lui confère sa situation géographique, avantages dont elle a déjà très sagement su tirer profit. Les enjeux sont considérables : Genève dispose de tous les atouts pour faire œuvre de pionnier dans de nombreux domaines Seul, on ne peut rien faire. C’est d’autant plus vrai quand on n’a ni budget ni collaborateur. Ma contribution pour Genève consiste précisément à stimuler la coopération entre acteurs, que ce soit au sein des administrations, cantonales et communales, ou entre acteurs publics et privés. L’architecte cantonal a pour mission de promouvoir la qualité urbanistique et architecturale dans le canton, de conseiller les autorités et d’agir dans l’intérêt général. Je m’efforce donc de trouver des solutions capables de concilier des politiques publiques qui apparaissaient longtemps comme antagonistes, telles que les politiques du patrimoine, d’urbanisme, du logement, d’environnement, d’énergie, d’intérêt public et économique.
La poursuite de cette mission passionnante exige un engagement sur le long terme. Personnellement, favoriser la rencontre des différents acteurs du développement territorial est ma principale motivation. Je m’émerveille à chaque fois de leur capacité à produire de l’intelligence collaborative, notamment au sein de l’administration où j’ai été frappé par les très hautes compétences qui sont à l’œuvre, contrairement à la réputation qu’on lui fait. Ceci s’explique aisément, car la très forte densité de contraintes législatives et réglementaires de l’ensemble des politiques publiques oblige à avoir le goût et les aptitudes à résoudre des situations de grande complexité. Enfin, je suis également stimulé lorsque je participe aux jurys de concours d’urbanisme et d’architecture, une culture qui connaît un très net regain à Genève et permet de choisir le meilleur projet parmi un grand nombre de variantes. »

 

Diplômée en histoire à l’Université de Genève, Marianne Halle commence sa carrière professionnelle comme assistante de recherche. En 2005, elle s’engage, comme bénévole et militante, pour les droits des personnes migrantes sans statut légal. Marianne Halle rejoint, en 2010, le Centre de contact Suisses-immigrés (CCSI), association qui conseille, soutient et accompagne dans leurs démarches les migrants et leur famille. Engagé pour une politique migratoire d’ouverture, le Centre de contact Suisses-immigrés défend une société qui traite sur un pied d’égalité toutes celles et tous ceux qui la composent et la font vivre, quelle que soit leur nationalité d’origine. Dans ce cadre, Marianne Halle participe aux travaux du groupe d’experts chargés d’élaborer un projet pilote de régularisation des sanspapiers à Genève – l’opération Papyrus.

« L’attractivité de Genève aujourd’hui repose évidemment sur la qualité de vie qu’on y trouve mais aussi sur le rôle qu’elle joue au niveau international en étant depuis de nombreux siècles une ville de diversité et d’ouverture. Cela fait partie de notre ADN et contribue à ce que des personnes issues d’origines très variées se sentent chez elles à Genève.
J’essaie d’imaginer l’avenir de Genève plus juste, avec un climat apaisé autour des réalités migratoire.Mais le Centre de contact Suisses-immigrés reste vigilant : les forces qui prônent la fermeture sont à l’œuvre et nous devons continuer de nous engager en faveur d’une société suffisamment confiante en elle-même pour rester accueillante.
Le Centre de contact Suisses-immigrés joue un rôle important dans le canton sur le plan de la cohésion sociale. Il n’est pas dans l’intérêt de Genève de laisser les inégalités se creuser davantage à moyen et long terme, ni de tolérer que les personnes migrantes n’aient pas accès aux droits qui doivent leur permettre de s’intégrer durablement à la vie genevoise. La relation de confiance que nous entretenons avec nos usagers nous permet d’agir auprès de populations qui ne s’adressent pas aux services étatiques. Nous sommes l’un des principaux points d’entrée dans le réseau social et associatif genevois pour les personnes migrantes. Ce qui nous permet d’être aux avantpostes pour observer les phénomènes sociaux émergents. Actuellement, je suis très engagée dans le suivi de l’opération Papyrus, un projet d’envergure, important pour le Centre de contact Suisses-immigrés et plus largement pour Genève. Je fais partie du groupe d’experts nommés par les autorités genevoises pour préparer et mettre en œuvre sur le terrain ce projet de régularisation de nombreuses personnes sans statut légal mais bien intégrées à Genève. Un grand nombre de demandes de régularisation sont encore en cours de traitement et nous offrons aux personnes un accompagnement juridique compétent. En outre, nous travaillons en collaboration avec les autorités cantonales pour préparer le bilan final de l’opération qui servira de base aux prises de décisions futures dans le domaine de la politique à l’égard des personnes sans statut légal.
Hormis les aspects strictement liés à la «  communication  » (relations médias, publications, etc.), je m’occupe également de la recherche de fonds et coordonne toutes les activités menées par le Centre de contact Suisses-immigrés qui sont tournées vers l’extérieur (c’est-à-dire en dehors du soutien social et juridique direct aux personnes migrantes). À ce titre, je mène des campagnes autour de votations, des actions de sensibilisation ainsi que des projets comme l’opération Papyrus. »

Diplômée de l’Académie d’architecture de Mendrisio, au Tessin, Katrien Vertenten exerce depuis 2005 et collabore avec l’architecte suisse Peter Zumthor, lauréat du prix Pritzker 2009, le bureau d’architecte zurichois Primas Schneider Studer et le bureau New-Yorkais Skidmore, Owings & Merrill LLP (SOM). En 2009, elle co-fonde avec Lucas Camponovo le bureau d’architecture NOMOS qui compte aujourd’hui une vingtaine de collaborateurs à Genève et deux bureaux de 4 personnes à Madrid et à Lisbonne.

«  Je suis née à Genève et j’y ai vécu jusqu’à mes vingt ans. Attirée par le grand monde, j’ai passé dix ans en vadrouille entre études, stages et premiers emplois avant d’y revenir fonder notre bureau d’architecture NOMOS, à trente ans. Bien que fortement attachée à ma ville natale pour la multiplicité des cultures qu’elle accueille, je trouve qu’elle se situe encore trop souvent dans l’ombre des autres villes européennes et qu’elle peine à présenter d’autres qualités que celles de son incroyable situation géographique et de sa proximité immédiate avec une nature à couper le souffle. Genève se réveille aujourd’hui d’un long sommeil et me semble prête à jouer dans la cour des grands. À mon sens, peu de gens prennent conscience de ce que notre ville offre déjà et surtout de ce qu’elle est en passe de nous faire découvrir ! En tant qu’architecte, je me sens non seulement témoin mais aussi actrice de la grande mutation qu’est en train d’opérer notre ville. Cette période charnière nous laisse largement entrevoir les nouvelles possibilités offertes par notre ville qui comptera désormais parmi les métropoles. Je trouve particulièrement excitant de participer à cette transformation devenue indispensable, et je me réjouis de pouvoir vivre dans les espaces que nous construisons. Les nouveaux pôles culturels qui voient le jour, les futurs espaces publics, mais aussi les nouveaux quartiers qui se forment et qui seront bientôt desservis par le CEVA sont gage d’une ville pleine de dynamisme et de possibilités. Mon métier d’architecte me lie indéniablement et très fortement au développement de Genève. En effet, quel que soit le programme des projets qui nous occupent, nos préoccupations premières sont toujours liées au contexte dans lequel ces projets s’insèrent. Il s’agit de comprendre en quoi notre intervention peut améliorer une situation, faire ressortir les qualités d’un site et répondre aux besoins de ses usagers. Cela commence par une analyse et une observation fine du contexte. L’idée étant de pouvoir répondre aux exigences tout en construisant toujours le plus qualitativement possible. Ce que nous construisons est là pour perdurer et résister à la médiocrité, ce qui implique une responsabilité et une implication très forte de notre part. La contribution à ma ville est le soin que je souhaite apporter aux architectures qui s’y construiront. Dans les années à venir, le bureau NOMOS souhaite être toujours plus présent sur la scène architecturale genevoise mais aussi à l’étranger, notamment en Espagne et au Portugal. Nous sommes très impli-qués dans les réflexions liées au log-ment urbain et avons la chance d’avoir travaillé sur des projets qui sortiront de terre tout prochainement. Nous sommes aussi très impliqués dans notre association Volta qui soutient l’architecture humanitaire.
Ce que je préfère dans mon métier, c’est d’apprendre chaque jour quelque chose de nouveau. Nous sommes des généralistes qui, sur chaque projet, se doivent de devenir des spécialistes. Pour réaliser un projet d’architecture accompli, il est essentiel d’avoir compris tous les rouages de son fonctionnement, de les interpréter et de les traduire spatialement. Ainsi, nous devons assimiler ce que cela signifie d’être cuisinier, cheffe d’entreprise, hôtelier, habitante, médecin, jeune, âgé (et j’en passe) lorsque nous nous mettons à construire des bâtiments qui concernent tous ces individus et leurs communautés. Mon métier m’amène aussi à voyager beaucoup, aussi bien pour les projets qui nous occupent à l’étranger que tout simplement pour nourrir sans cesse notre créativité. Il s’agit d’une hygiène d’esprit qui m’est totalement vitale.»

Titulaire d’un master en droit, obtenu en 1981, et d’un brevet d’avocat depuis 1983, Mauro Poggia exerce comme avocat indépendant de 1983 à 2013. Il est élu député au Grand Conseil de 2009 à 2013, et conseiller national de  2011  à  2013. Il est ensuite élu Conseiller d’État, de 2013 à 2018, initialement chargé de l’emploi, des affaires sociales et de la santé  ; puis de l’emploi et de la santé jusqu’en février  2019, date à partir de laquelle la politique publique de la sécurité a rejoint son dicastère.

«Le canton de Genève dispose d’atouts géographiques uniques : les avantages d’une métropole, sans ses inconvénients, le charme apaisant d’un bord de lac et des montagnes à proximité. Quiconque arrive à Genève en provenance du reste de la Suisse vous dira que ce qui frappe immédiatement est le caractère cosmopolite de notre population. Ses organisations internationales et ses organisations non-gouvernementales, qui reçoivent davantage de délégations que n’importe quelle autre ville au monde, New-York compris, lui donnent un rayonnement exceptionnel. Si l’on ajoute une économie en constante croissance, un aéroport international immédiatement accessible et, prochainement, nous le souhaitons, une fiscalité concurrentielle − tant en Suisse qu’à l’étranger − Genève dispose de tous les ingrédients pour un succès sur le long terme.
Dans le domaine de la santé, avec un hôpital universitaire de renommée internationale et des partenaires privés dont les compétences sont reconnues, Genève offre une réponse médicale de haute qualité à toutes les problématiques que peuvent rencontrer aussi bien sa population que ses visiteurs. Il s’agira de maintenir cette offre à un coût supportable, y compris pour une population confrontée aux problématiques liées au vieillissement.
Dans le secteur de la sécurité, Genève dispose de prestations exceptionnelles qu’il conviendra de maintenir, en garantissant à nos forces de l’ordre des moyens sans cesse renouvelés pour accomplir ses missions. Quant au marché du travail, l’ouverture de Genève sur l’Europe et le monde ne doit pas faire oublier ses compétences locales, qui doivent être soutenues avec détermination, afin de garantir la paix sociale sans laquelle il ne saurait y avoir de développement économique durable.
Ma contribution pour Genève doit être, avant tout, de maintenir sa compétitivité nationale et internationale, dans tous les secteurs. Rien n’est jamais parfait nulle part, mais les entreprises et les personnes qui choisissent Genève pour s’y installer doivent pouvoir le faire sur un comparatif objectif des critères de qualité de vie que nous offrons. Cela ne doit cependant pas nous faire oublier que Genève n’est pas seulement une vitrine vers l’extérieur. La force économique de notre canton doit être le moteur et le carburant d’une politique déterminée d’inclusion sociale et de lutte contre la paupérisation.
Au quotidien, je constate que rien n’arrête les hommes et les femmes de bonne volonté qui ont en ligne de mire l’intérêt commun. Et quand je parle d’intérêt commun ce n’est pas par opposition aux intérêts individuels, car les deux vont de pair. Gouverner, c’est d’abord créer des synergies et multiplier les conjonctions. Car nous voulons tous finalement la même chose, même si la manière de le décliner peut être fort différente  : le bien-vivre ensemble. Il est illusoire d’espérer convaincre sans convictions et rien n’est plus gratifiant que de conjuguer les opposés plutôt que d’opposer les contraires.»

 

Diplômée de L’IESA arts&culture à Paris, Joy Belloni-de Rouvre intègre très vite le marché de l’art contemporain lors de stages au sein d’influentes maisons de ventes aux enchères telles que Drouot à Paris et Sotheby’s Genève, ainsi que dans la galerie Krugier à Genève. En 1998, elle commence sa carrière professionnelle à Genève comme assistante du galeriste et courtier d’art moderne et contemporain Daniel Varenne. En 2014, Joy Belloni-de Rouvre fonde sa propre galerie à Carouge, qui déménage en 2017 au Quartier des Bains.

«  Outre sa qualité de vie, sa stabilité politique et sociale et sa proximité avec la nature, Genève est avant tout un carrefour d’échanges au centre de l’Europe où la culture et l’art contemporain bénéficient d’une scène artistique très dynamique. La création du Quartier des Bains et le développement des vernissages communs ont beaucoup contribué au rayonnement de Genève. En ce qui concerne l’avenir du marché de l’art, j’espère sa pérennité assurée par la présence de nombreux collectionneurs et de ports francs qui jouent un rôle important. J’ai rejoint l’association du Quartier des Bains en 2017 et je participe aux Nuits des Bains qui ont lieu en juin et en octobre, ainsi qu’aux quatre vernissages communs les troisièmes jeudis de janvier, mars, mai et septembre. En parallèle, j’organise six à sept expositions par an qui mettent en avant des artistes suisses pour la plupart ou travaillant en Suisse de  29  à  55  ans. Personnellement, je m’efforce de représenter majoritairement des artistes jeunes aux prix raisonnables, issus d’une certaine scène abstraite propre à la Suisse romande. Ma programmation est au départ spécifiquement consacrée à la peinture murale et à la sérigraphie. Cette orientation est le fruit d’une double volonté  : d’une part, offrir aux artistes invités la possibilité d’investir l’ensemble de l’espace de la galerie avec des interventions picturales in situ, sans les contraintes liées à la production d’objets figés, et d’autre part favoriser l’accessibilité de l’art contemporain par la production d’œuvres multiples. Actuellement, je présente l’exposition « ALL OVER / A LOVER  » de l’artiste lausannois Stéphane Kropf. Dans le cadre des invitations de galeries étrangères par le Quartier des Bains, j’accueillerai la galerie König de Berlin, au mois de mai  2019, avec un solo show de l’artiste suisse Claudia Comte.»

Océane Dayer est diplômée en sciences de l’environnement de l’EPF Zürich. Parallèlement à ses études, en 2015, elle devient une des trois représentantes de la jeunesse suisse auprès des Nations Unies (YouthRep) et participe aux négociations sur l’Agenda 2030 et les Objectifs de développement durable à New-York. La même année, Océane Dayer fonde Swiss Youth for Climate, une organisation non partisane qui a pour objectif de donner la parole à la jeunesse sur les questions du changement climatique et qui envoie une première délégation de jeunes Suisses aux négociations climatiques de la COP21. Océane Dayer travaille aujourd’hui au WWF Suisse.

« Forte de son rayonnement international et de sa place financière influente, Genève pourrait devenir un modèle de ville durable aux émissions net zéro, et cela aurait un vrai impact global. La cité de Calvin en est encore pourtant très loin. Comme dans le reste de la Suisse, c’est le parc immobilier qui pèse le plus lourd dans le bilan carbone de Genève. En 2019, il est toujours possible d’installer un chauffage fonctionnant au mazout ou au gaz dans un nouveau bâtiment alors qu’un tel système de chauffage a une durée de vie de 20 à 30 ans. C’est climatiquement irresponsable car nous n’avons pas 20 à 30 ans pour sortir des énergies fossiles si nous voulons enrayer le changement climatique. La Suisse est actuellement championne européenne en consommation de mazout. Un changement de mentalité est nécessaire et j’en appelle ici au bon sens des propriétaires et investisseurs immobiliers, mais également aux décideurs pour créer un parc immobilier adapté à l’avenir d’une Genève responsable. Si nous prenons au sérieux la question de la protection du climat et la décision de la COP21 de cesser de produire plus de gaz à effet de serre que ce que les forêts et autres écosystèmes peuvent absorber («  net zero emission »), nous devons éliminer progressivement les systèmes de chauffage au mazout et au gaz au cours du prochain cycle de vie des éléments de construction. D’autre part, un concept de mobilité douce adapté et des transports publics rapides et efficaces sont nécessaires. La place financière doit quant à elle également s’adapter à l’Accord de Paris qui demande la redirection des flux financiers vers des investissements climato-compatibles. Tout investissement dans les énergies fossiles est un vote contre la protection du climat et un manque pour les énergies renouvelables.
De l’ONU aux bars du coin, en passant par diverses salles de conférences, j’aime échanger avec les Genevoises et les Genevois sur l’avenir de leur ville. Je les sensibilise aux changements climatiques, à leurs impacts et au rôle fondamental que notre ville pourrait jouer. Je pense arriver à montrer qu’on peut être jeune, avoir des rêves très grands pour soi et pour le monde et se donner les moyens de les atteindre, à Genève, ou ailleurs. Ce qui me stimule le plus dans mon activité professionnelle c’est quand les choses bougent. Je m’engage depuis de nombreuses années pour une meilleure protection de l’environnement et pour une transition vers une société dans laquelle l’être humain et la nature vivraient en harmonie. Et l’année de mes 30 ans, des milliers de personnes en Suisse, et des millions autour du monde descendent dans la rue pour demander une vraie action climatique  : c’est absolument fabuleux ! Avec beaucoup d’engagement et un peu de chance, on arrivera peut-être même à laisser une planète viable à nos enfants. »

Titulaire d’un master en ingénierie de matériaux EPFL et d’un doctorat en chimie du ciment et argiles, Rodrigo Fernandez travaille d’abord dans la fonction publique, à l’Office cantonal de l’énergie, puis dans le secteur de l’industrie pour la maison Morandi, fabricant de briques et tuiles en terre cuite. En 2011, il co-fonde l’entreprise Terra-bloc qui produit des blocs en terre crue stabilisée, issus du recyclage des déblais terreux de chantier, pour la réalisation de murs et cloisons écologiques et respirants. En 2011, Terrabloc est lauréate de la bourse cantonale du développement durable. Depuis 2014, Terrabloc coordonne de nombreux projets de construction en Suisse romande.

« Genève profite d’une situation géographique idéale, d’une dimension multi-culturelle et internationale, notamment grâce à la présence des Nations Unies et autres organismes internationaux, et d’une situation transfrontalière et intercantonale qui apportent dynamisme et richesse à toutes les couches de la société franco-valdo-genevoise. Dans le secteur du bâtiment, Genève a la chance de pouvoir compter sur de nombreuses entreprises engagées et innovantes dans tous les corps de métiers. La prise de conscience par les habitants des véritables enjeux environnementaux liés à l’industrie du bâtiment, ainsi que davantage d’incitations de l’État pour construire avec des matériaux locaux et écologiques, devraient nous conduire vers des développements de quartiers exemplaires en matière de développement durable.
À notre petite échelle, par notre activité de fournisseurs de produits recyclés issus des déblais d’excavation de chantiers, nous sensibilisons les acteurs du bâtiment aux alternatives durables et viables existantes. Aussi, à travers des conférences et des ateliers, nous initions les jeunes générations au principe d’économie circulaire en leur montrant l’importance de construire avec des matériaux à faible impact environnemental et qui garantissent un climat intérieur sain.
Chaque projet constructif est un défi pour réussir à fédérer tous les acteurs impliqués  : architecte, maîtres d’ouvrage, ouvriers, utilisateurs, autour d’un nouveau matériau, et les faire converger vers une solution durable dont tout le monde sera satisfait. C’est cette aventure humaine qui est pour moi la plus stimulante. Je souhaite développer des partenariats pour rendre le matériau terre toujours plus fiable et accessible dans le secteur du bâtiment. En ce sens, nous avons passé un accord de «  coworking industriel  » avec le fabricant de dalles Cornaz à Allaman dont nous louons la chaîne de production et le personnel à la journée lorsque nous devons produire de plus grandes quantités. »

Diplômée en histoire de l’art à l’Université de Genève, Véronique Bacchetta commence sa carrière professionnelle, en 1984, comme assistante au Centre d’art visuel de Genève. De 1989 à 1992, elle fait partie de la direction collégiale du Centre genevois de gravure contemporaine avec Anne Patry et Paul Viaccoz. Depuis 1992, Véronique Bacchetta assume seule la direction du Centre genevois de gravure contemporaine, devenu dès janvier 2001 le Centre d’édition contemporaine.

«  Le paysage de l’art contemporain à Genève s’est beaucoup développé, notamment avec la HEAD, artgenève, les musées et les galeries du Quartier des Bains, qui ont énormément contribué à amplifier sa visibilité. Aujourd’hui l’offre est plus généreuse et diversifiée, plus actuelle et internationale. Plusieurs espaces d’art indépendants témoignent régulièrement de la production artistique locale et permettent à de jeunes artistes issus de la HEAD de montrer davantage leur travail. Cependant, il manque encore à Genève une ou deux galeries de niveau international, bien que la programmation de certaines galeries genevoises telles que Truth and Consequences, Ribordy Thetaz, Skopia, Joy de Rouvre, Xippas ou Wilde s’ouvrent de plus en plus à des artistes internationaux et offrent plus de visibilité aux artistes suisses émergents. Certaines galeries qui font partie de groupes internationaux, comme Gagosian ou Pace, sont représentées à Genève. Elles apportent de nouvelles stimulations, un niveau international et probablement de nouveaux collectionneurs. Les galeries et les institutions genevoises sont de mieux en mieux représentées dans les grandes foires d’art et suivies par la presse spécialisée.
Le Centre d’édition contemporaine a fait découvrir des artistes aujourd’hui reconnus comme Andreas Gursky, Thomas Hirschhorn, Karen Kilimnik, Olafur Eliasson, Urs Fischer, Cosima von Bonin, Karl Holmqvist, Trisha Donnelly ou encore Oscar Tuazon.
Il me semble que le but d’un musée, d’un centre d’art ou d’une galerie est de témoigner de l’actualité de l’art, des nouveaux questionnements et des nouvelles pratiques artistiques. Il doit aussi rendre visible et repérable l’identité de sa programmation, de sa structure, et réaliser en quelque sorte des « premières » en restant le plus auto-nome possible dans ses choix et le plus dégagé possible de tout réseau d’influences économiques ou artistiques. En tant que directrice du Centre d’édition contemporaine, je définis la programmation, le choix des artistes, des expositions et de la production d’éditions. Pour nous, l’édition correspond à tout ce qui touche à la production et à la publication d’imprimés, de livres, livres d’artistes, multiples, en résumé toutes œuvres multipliées. Le soutien aux artistes représente le cœur de notre activité : le suivi de leurs projets d’édition, d’expositions, la mise sur pied des moyens de production, de présentation et de diffusion. Notre implication dans le champ de l’art contemporain pourrait être assimilée à des rôles aussi divers et complémentaires que ceux de chercheurs, journalistes, producteurs, passeurs, parfois pédagogues, le plus souvent commissaires d’exposition ou éditeurs. Je puise ma principale source de motivation professionnelle chez les artistes, dans leur travail, leur évolution et les nouveaux questionnements qu’ils proposent et qui traversent l’art contemporain.
Avec le Centre d’édition contemporaine, j’aimerais augmenter le nombre de nos éditions, et avoir un rythme de production plus soutenu. Nous sommes malheureusement retenus dans nos ambitions par le manque de moyens  : la Ville de Genève n’a pas réellement augmenté les subventions des lieux d’art contemporain, musées ou centres d’art, depuis de nombreuses années, et plus précisément depuis plus de 7 ans pour le Centre d’édition contemporaine. Nous sommes par ailleurs soutenus par plusieurs fondations et structures publiques ou privées. Néanmoins, les subventions restent notre soutien le plus fidèle et le plus solide  : elles garantissent la continuité de notre engagement et sa pérennité, ainsi que l’indépendance de l’institution, de ses choix intellectuels et artistiques, en préservant une réelle ouverture, une curiosité et une forme de liberté envers toutes formes d’art, émergentes, locales ou internationales. »

Géographe de formation et titulaire du brevet fédéral en finance et comptabilité, Carole Zgraggen Linser est, depuis 2003, la directrice administrative de la société Ecoservices, bureau d’ingénieurs actif dans la protection de la personne et de son environnement, sur chantiers et en industrie. Ecoservices est notamment ingénieur sécurité du maître d’ouvrage sur le chantier du CEVA et sur la construction de la nouvelle usine d’incinération des Cheneviers. En 2011, Carole Zgraggen Linser rejoint le comité de la Chambre de l’économie sociale et solidaire, APRES-GE, dont elle assume la présidence depuis 2014. APRES-GE réunit plus de 300 membres qui mettent en pratique les critères de durabilité dans leur entreprise, indépendamment de leur statut juridique et de leur secteur d’activités. Carole Zgraggen Linser est également membre du comité du prix IDDEA et membre du Groupement des entrepreneurs et indépendants progressistes GEIP.

«  L’attractivité de Genève est nourrie par le besoin de satisfaire un nombre important de besoins et d’attentes sur un territoire exigu  : la présence des organisations internationales, une main d’œuvre pendulaire, une volonté de différenciation dans les secteurs innovants, la question du bien-vivre en ville, une couronne urbaine sous pression de la densification, la mobilité, etc. Cette diversité est à la fois source de richesses et de frustration car personne n’y trouve vraiment son compte. Genève apporte aussi cette proximité géographique qui permet aux gens de se rencontrer et d’échanger en personne et non pas seulement virtuellement. A mon avis, c’est source de créativité et d’engagement.
En termes de durabilité, il manque des espaces d’expérimentation nécessaires pour imaginer et construire les réponses à la Genève du futur. Le rayonnement international souhaité ne devrait pas occulter la force d’innovation de l’économie locale dans sa capacité à répondre aux enjeux globaux. La ville et les quartiers sont une échelle d’action favorable à l’économie sociale et solidaire, par exemple pour les épiceries participatives et sans emballage, l’économie du partage, les coopératives d’habitation, les monnaies complémentaires. Le défi consiste à donner un élan significatif pour les projets qui répondent aux critères de durabilité et leur essaimage sans retenue. Un peu à l’image du festival Antigel qui investit des lieux sur l’ensemble du canton, nous pourrions avoir une multiplication des zones de création et de maturation d’idées qui servent la transition, dans les quartiers et dans les communes. L’économie sociale et solidaire a dans son ADN les moyens de contribuer à la transition écologique et sociale en s’appuyant sur les valeurs de transparence, de contribution, de partage des richesses (lucrativité limitée) et de la poursuite de l’intérêt collectif.
Mon engagement au sein de la Chambre de l’économie sociale et solidaire est motivé par la conviction que l’économie joue un rôle important dans la transition écologique et sociale. Ce qui me passionne ce sont les questions de gouvernance, d’innovation organisationnelle et de transformation de modèles économiques et sociaux. Les membres de la Chambre sont des pionniers dans les réponses économiques aux enjeux de société, dans les domaines comme l’agriculture de proximité, la mobilité, l’habitat ou les services à la personne. »

Milanais de naissance, Walter El Nagar parcourt le monde en enchaînant les expériences culinaires – la Norvège, l’Angleterre, Los Angeles, le Mexique, l’Espagne, la Russie, Dubaï et Singapour – avant d’arriver à Genève pour la mise en place du concept du Fiske-bar de l’hôtel de la Paix Ritz-Carlton, en 2017. Il est ensuite sollicité comme consultant pour le Susuru, bar à ramen de la rue du Stand, et le Polp, pop-up de la rue des Eaux-Vives. En 2018, Walter El Nagar ouvre sa propre arcade Eaux-Vives, Le Cinquième Jour, un nouveau concept de restaurant à la fois gastronomique et solidaire qui propose une cuisine contemporaine, créative, locale et saisonnière, mais surtout altruiste puisque, le samedi, le même menu est offert à des personnes démunies recensées par la Croix Rouge genevoise et les ONG Carrefour-Rue et Serve the City.

« Genève est une ville multiculturelle dotée des caractéristiques d’une grande métropole mais dont la taille est celle d’un grand village. Je suis toujours très surpris par la diversité sociale de cette ville où l’on peut, dans la même soirée, boire un verre de vin avec un jeune étudiant des beaux-arts désemparé, puis changer de table et discuter géopolitique avec un représentant spécial du Moyen Orient auprès des Nations unies, ou bien être pris au piège dans une magnifique conversation avec une scientifique du CERN. Cette si petite ville est un vrai patchwork social qui regorge d’opportunités de rencontres, entourée de vignobles et de terres agricoles dont on tire de merveilleux produits locaux.
Genève pourrait facilement devenir un paradis culinaire pour les raisons suivantes : le pouvoir d’achat en Suisse est trois fois supérieur à celui en Europe  et la ville est nichée dans un environnement naturel favorisé où l’on produit des aliments en abondance. Mais, même si le secteur de la restauration est relativement préservé, il reste encore beaucoup de travail à faire pour améliorer la gestion de la chaîne d’approvisionnement, qui demeure démodée et inefficace : il y a à Genève bien plus de marchés de producteurs que dans toutes les autres villes où j’ai vécu, et pourtant on n’y trouve pas de produits locaux  ! Pourquoi  ? Cela m’échappe. On ne trouve pas non plus assez de poissons du lac car les trois principaux distributeurs n’ont pas mis en place un itinéraire de livraison efficace permettant de commercialiser les produits des pêcheurs locaux. Ce qui est ridicule quand on sait que ces mêmes compagnies nous proposent ensuite du poisson des Philippines  ! De plus, je pense que les propriétaires et les agences immobilières continuent, en général, à privilégier dans leurs locaux des restaurants démodés, au lieu de donner une chance à des restaurants plus modernes et de meilleure qualité. Personnellement, je n’ai jusqu’à présent jamais rencontré un seul promoteur à Genève alors que tout le monde parle de réaménagement de quartiers entiers ! Étrange…
De mon côté, je m’efforce chaque jour d’inciter les acteurs genevois concernés à se regrouper pour faire de notre ville un paradis culinaire, à l’image de ce qui s’est fait, par exemple, à Copenhague. Imaginez qu’elle aurait été la réaction des gens il y a 15 ans si quelqu’un avait acheté un billet d’avion pour aller dîner au Danemark. Hilarant ! Mais avec une bonne connaissance des territoires et, plus important encore, un bon groupe d’individus ayant un objectif commun, Copenhague est devenue une destination pour les gourmets d’Europe et du monde entier. Maintenant, posez-vous la question  : la région de Genève a-t-elle quelque chose à envier à Copenhague ?
Avec Le Cinquième Jour, je propose un concept culinaire  novateur et, je l’espère, un nouveau modèle de restaurant solidaire, dans l’idée de démocratiser la cuisine de qualité : du mardi au vendredi, je cuisine pour une douzaine de convives qui voient leur repas prendre forme sous leurs yeux. Le samedi à midi (le cinquième jour) le même menu est offert aux personnes moins fortunées, bénéficiaires de La Croix Rouge genevoise, Carrefour-Rue et Serve the City. Le menu de la semaine, exclusivement concocté avec des produits bios et locaux, est le même pour tous. De plus, j’ai conçu le restaurant sur la base d’un modèle économique circulaire  : j’utilise uniquement des produits et des ingrédients de la région (dans un rayon de 250 km), du poisson du lac Léman et je réduis au maximum tout gaspillage alimentaire. Aujourd’hui, ma priorité est de continuer à développer Le Cinquième Jour. Pour cela je souhaite trouver des fournisseurs fiables et ponctuels, des produits locaux de qualité et un personnel de cuisine qualifié  ; et aussi collaborer avec une tête pensante de l’immobilier sur un futur plan de réaménagement visant à faire de la Genève qui bouge une ville gastronomique par excellence ! »

Diplômée d’un master en sciences de l’éducation, Maude Friat initie sa carrière professionnelle comme assistante sociale à l’Hospice général, puis comme chargée de prévention auprès des jeunes au sein du Groupe sida Genève. En 2009, elle réoriente son parcours vers des études d’architecture d’intérieur dans la Haute école d’art et de design. Elle rejoint ensuite l’Atelier d’architecture François Baud & Thomas Früh, avant de créer son propre atelier de design et d’architecture d’intérieur durable, l’Atelier cocote. En 2014, Maude Friat co-fonde l’association Matériuum qui collecte, auprès des lieux culturels et entreprises privées du canton de Genève, les matériaux voués à être jetés et réutilisables, puis les valorise, et enfin les commercialise. Après avoir remporté la bourse cantonale du développement durable en 2015, Matériuum a été sélectionné pour le prix IDDEA.

« Genève est une petite ville qui offre tous les avantages d’une grande : une proposition culturelle riche et abordable et une campagne facilement accessible où l’on peut faire de longues balades et se ressourcer après une semaine de travail chargée. Personnellement, j’aime les coins d’eau sur le Rhône, l’Arve et le lac qui me permettent de laisser mon regard se perdre et surtout de piquer une tête en été. Tous ces espaces de vie naturels sont autant de ressources que Genève nous offre et qu’il faut préserver. Pour cela, il me semble que nous devons penser davantage en termes d’économie collaborative  : échanger nos compétences, partager les services, les objets et les lieux de vie. Il est également essentiel d’encourager une utilisation « circulaire » (entretien, redistribution et recyclage) de nos ressources afin que les déchets des uns deviennent les ressources des autres. Avec l’association Matériuum nous cherchons à prolonger le cycle de vie des matériaux de seconde main issus du secteur culturel et de la construction, et à favoriser leur réutilisation et leur réemploi. Nous mettons donc en vente, ou en location, à bas coût, les matériaux « sauvés » de l’incinération ou du recyclage, et nous proposons des expertises et des formations aux professionnels (responsables de musée ou de théâtre, maître d’ouvrage, designer, architecte, etc.). Genève regorge d’une multitude de projets s’inscrivant dans cet esprit de partage : les coopératives d’habitation, les boîtes d’échanges, les épiceries participatives ou encore les crèches en forêt. J’espère que ces structures deviendront, un jour, les principaux acteurs économiques de Genève. Une transition écologique doit avant tout commencer par soi-même. « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » disait Gandhi. Comme lui, je crois que nous devons laisser de côté notre course à l’ego et collaborer davantage avec notre cœur. L’association Matériuum est avant tout une aventure humaine qui a pu se réaliser grâce à un collectif d’individus engagés, avec passion, à changer des habitudes. Nous souhaitons développer davantage ce projet afin que le réemploi dans le domaine du bâtiment devienne une habitude, au même titre que le recyclage. Personnellement, je crois beaucoup en l’intelligence collective et je continue de penser que c’est à plusieurs qu’on est plus forts et qu’on peut déplacer des montagnes. J’aime dire à mes clients « ensemble, créons des lieux magiques », et j’ajouterais ici, qui ont du sens !
Innover, créer, chercher des manières de faire les choses différemment, de façon plus soutenable et plus intelligente, voilà mes principales sources de motivation. À ma très humble échelle, j’essaie de planter des graines de conscience, et de bon sens, dans un sol parfois assez hostile. Mais, à l’image de cette minuscule plante qu’on appelle mauvaise herbe et qui traverse le bitume pour fleurir et apporter de la nature et de la couleur en ville, tout est possible ! »

Après seize ans de carrière comme expert-comptable au sein de la fiduciaire internationale Pricewaterhouse-Coopers, Philippe Davet part s’établir à Darwin, la capitale du Territoire du Nord de l’Australie en 1998. Il voyage à travers l’outback australien et réside plusieurs mois dans une communauté aborigène à Gunbalanya où il dirige le centre d’art Injalak Arts & Crafts. À son retour à Genève, en 2000, il rejoint Blondeau & Cie, bureau de conseil pour collectionneurs, spécialisé dans l’acquisition et la vente d’œuvres d’art de  1820  à nos jours. Philippe Davet impulse, de 2003 à 2012, le développement des activités de l’Association du Quartier des Bains. En 2011, il devient conseiller d’artgenève, la foire internationale d’art contemporain de Genève.

« L’attractivité de Genève réside principalement dans la qualité de vie qu’elle offre, sa taille modeste et la facilité d’accès à toutes les grandes villes européennes. Genève propose des activités culturelles d’une diversité et d’une qualité exceptionnelles, dans des lieux uniques en allant du Grand-Théâtre à la Cave 12 pour la musique, de la Fondation Bodmer aux Éditions Macula, du MAMCO au Centre d’édition contemporaine et l’espace Quark, des salles de cinéma Pathé à celles du Grütli, sans oublier les arts vivants avec Flux Laboratory. Le panachage de ces lieux permet aux Genevois d’avoir accès à la culture «  populaire  », «  élitiste  » et « underground ». Dans chacune de ces catégories, nous pouvons découvrir de grands créateurs d’aujourd’hui et du passé.
Dans le domaine de l’art, Genève a la chance d’avoir des musées de référence internationale, tels que le MAMCO et la Fondation Bodmer qui ont été constitués grâce à des initiatives privées. À l’avenir, les autorités doivent impérativement soutenir et accompagner les initiatives privées de cette qualité et de cette importance. Après avoir développé le Quartier des Bains à travers son association de galeries et d’institutions d’art contemporain, j’ai accompagné Palexpo dans la création et le développement du salon artgenève. À ma surprise, lors du lancement de ces initiatives, peu de Genevois imaginaient qu’elles déboucheraient sur un succès. Pourtant grâce à la qualité des galeristes, sponsors et tous les intervenants, ces deux événements ont rapidement trouvé un excellent public auprès de la population locale, régionale et même internationale.
Ayant un parcours atypique, je suis particulièrement heureux d’être constamment confronté à l’art. En m’intéressant à une œuvre d’art, j’ai l’opportunité d’échanger avec des galeristes, des curateurs, des collectionneurs et des artistes. Avec notre bureau de conseil, nous accompagnons les collectionneurs dans leurs acquisitions et ventes d’œuvres d’art ainsi que dans la gestion de leur collection. Il y a vingt ans, j’étais un novice dans le domaine de l’art, aujourd’hui j’ai conscience de l’importance de la culture dans une société. »

Après l’obtention de son master en relations internationales à l’IHEID (The Graduate Institute) en 2005, Céline Perino accomplit plusieurs missions pour le CICR, le Tribunal pénal international pour le Rwanda, le UNHCR ou encore ONUSIDA. Par la suite, elle travaille chez PricewaterhouseCoopers comme manager-assistante auprès des organisations internationales. En 2013, elle suit la formation de « conseillère en environnement » au WWF/SANU et se spécialise dans le domaine de l’environnement et de la gestion de projets. Céline Perino co-fonde et organise en 2015 la 1ère édition du Festival Alternatiba Léman (mouvement citoyen pour l’urgence climatique). Par la suite, elle devient coprésidente bénévole du Festival du film vert à Genève qui promeut un cinéma pour un futur durable. Dans le cadre de ces deux festivals, elle supervise la coordination de toute l’organisation et s’occupe activement de la communication et des recherches de fonds.
En parallèle de tout cela, elle est, depuis 2016, responsable de la communication et du fundraising à la Fondation Antenna, qui est engagée dans la recherche scientifique et la diffusion de solutions technologiques, économiques et médicales pour répondre aux besoins essentiels des communautés les plus vulnérables.

« Tous les Suisses sont, presque par tradition, attachés à la nature. Pour ma part, j’apprécie à Genève cette qualité de vie près de la campagne, du lac et des montagnes : sa proximité avec la nature nous permet de nous évader et de nous ressourcer facilement. Par ailleurs, Genève propose une offre culturelle très importante dont je profite beaucoup  : j’y apprécie énormément l’été avec tous ses évènements culturels gratuits – festivals de musique, expositions, projections de films…
En matière de développement durable, j’envisage la future Genève comme une « Ville en transition » prenant en compte les enjeux climatiques et comprenant la nécessité de conduire son territoire vers une forme de résilience et de neutralité carbone. Pour cela, Genève devra miser, entre autres, sur l’agroécologie, la mobilité douce, la consommation responsable, l’éco-habitat, la finance éthique, le zéro déchet, les énergies renouvelables, la nature en ville, la biodiversité urbaine, tout en renforçant les liens de solidarité. Le mouvement citoyen Alternatiba Léman a pour objectif de promouvoir toutes ces solutions qui existent déjà localement. Des centaines d’organisations sont actives pour la transition à Genève et il est important de les soutenir, de les valoriser et de passer tous ensemble à l’action concrète face à l’urgence climatique.
De toute évidence, nous sommes face à un enjeu planétaire. Et nous avons tous un rôle à jouer dans cette transition, en tant que simples citoyens ou comme membres des milieux politiques et économiques. Nous devons, au quotidien, prendre notre destin écologique en main. La solution doit venir de chacun d’entre nous. Je m’efforce pour ma part de contribuer à ce changement par mon engagement citoyen et bénévole au service de la durabilité et de la justice climatique en créant des liens et des synergies entre les différents acteurs et en sensibilisant les Genevois(es) afin de faire évoluer les comportements individuels.
Dans mes projets professionnels à venir, je souhaite développer davantage le Festival Alternatiba Léman et le Festival du film vert à Genève, en attirant un plus large public, spécialement les «  non convaincus  », et en recherchant de nouveaux partenariats pour impliquer davantage la jeune génération et les écoles. À ce titre les « grèves pour le climat » organisées par les étudiants sont un signe très encourageant.
De plus, nous fêtons cette année les trente ans de la Fondation Antenna et nous organiserons, à cette occasion, de nombreux projets événementiels. En avril, dans le cadre d’une exposition à la Fondation GoodPlanet à Paris, la Fondation Antenna présentera ses solutions en agroécologie, eau potable, nutrition et médecines naturelles.
Enfin, j’ai rejoint cette année le Conseil de la Fédération genevoise de coopération qui rassemble une soixantaine d’associations genevoises de coopération au développement et d’information sur les questions Nord-Sud et je me réjouis de ce nouveau défi.
Grâce à mes engagements je suis maintenant convaincue qu’il existe des leviers convergents entre la transition, la durabilité et la coopération Nord-Sud. Le sens et la cohérence des diverses actions durables existantes, en accord avec mes propres valeurs d’équité sociale et environnementale, me stimulent professionnellement et humainement au quotidien. Comme l’a dit Nicolas Hulot, « L’écologie est la pierre angulaire de la dignité humaine et de la justice sociale ». Tout est lié ! »

Après dix ans de collaboration dans plusieurs grands restaurants étoilés parisiens, l’obtention de deux étoiles Michelin au Lion d’Or à Cologny, puis une étoile Michelin au restaurant du Parc des Eaux-Vives, Claude Legras est lauréat, en 1991, du prestigieux prix de «  Meilleur ouvrier de France  ». En 1997, il s’installe dans ses propres cuisines à Anières, aux commandes du Floris (contraction des prénoms de ses enfants Floriane et Loris) avec son épouse Inès. Peu de temps après, Le Floris décroche sa première étoile Michelin, dix-sept points Gault & Millau, et est nommé révélation de la Suisse romande. En 2009, Claude Legras obtient sa deuxième étoile Michelin, qu’il garde 8 ans. En 2017, il décide de se retirer des guides Michelin et Gault & Millau et de prendre ses distances avec la gastronomie haut de gamme pour se tourner vers une cuisine contemporaine plus « bistronomique », créative, libre et décomplexée.

« Genève est une ville incontournable pour les amateurs de gastronomie, de bien-être et de bien manger. Les organisations internationales, les grands salons mondiaux et les événements sportifs en font également une ville très attractive, de même que son lac Léman, son jet d’eau, ses vignes et la beauté de ses paysages dont je ne me suis jamais lassé en 37 ans. Je pense que Genève a tous les atouts pour innover encore et encore en matière culinaire. C’est une ville en constante réflexion et surtout en perpétuelle innovation. Nous sommes dans le changement sans répit, et c’est ce qui fait notre force.
Avec 5  étoiles acquises en 37  ans, je pense avoir contribué à la reconnaissance de Genève comme étape gastronomique incontournable. Mes priorités sont claires  : apporter un savoir-faire culinaire, former les jeunes chefs de demain, mettre en avant tous les producteurs locaux de légumes et de viande ainsi que nos vignerons qui ont fait depuis dix ans un énorme travail sur la qualité des produits et l’appellation GRTA, et enfin favoriser un engouement pour le bien-être, le bien manger et surtout la traçabilité des produits de notre Canton. Je travaille principalement avec les vignerons d’Anières, Les Parcelles, Villard & Fils et Domaine Gavillet et je cuisine avec les poissons des lacs de la Pêcherie, des Cohérans et de Romain Gindre.
Je puise ma principale source de motivation dans mon désir de renouveau et dans les nouveaux défis qui se présentent à moi. Depuis 2017, j’ai décidé de m’émanciper des répertoires gastronomiques en pratiquant une cuisine « bistronomique » moins contraignante et accessible à un plus large public. J’ai commencé dans ce métier en 1970, à treize ans, et cela fait donc 49 ans que je le pratique. Pour être cuisinier, il faut être avant tout passionné, avoir envie de faire plaisir, de créer des sensations, de transmettre des valeurs et surtout d’être sincère avec les autres et avec soi-même. Mon souhait personnel est surtout de rester à l’écoute de ma clientèle, de lui apporter du plaisir et de susciter sa curiosité. C’est grâce à elle que j’ai pu évoluer et perdurer dans l’excellence. Ma plus grande satisfaction, c’est quand un client me dit : « Au Floris, c’est comme à la maison ». »

Diplômée en histoire de l’art et gestion culturelle, Isabelle Gattiker est coordinatrice générale du Festival du film et forum international sur les droits humains et du Geneva International Film Festival de 2002 à 2006. Elle devient ensuite l’assistante du cinéaste Amos Gitaï, et coordonne la production de son long-métrage Désengagement, avec Juliette Binoche et Jeanne Moreau, présenté à Venise en 2007. Productrice dans la société Intermezzo Films, elle produit plusieurs documentaires engagés, primés dans le monde entier. De  2011  à  2013, elle coordonne le Master cinéma de l’ECAL et de la HEAD. Elle est ensuite nommée directrice adjointe du FIFDH fin 2013, puis directrice générale en 2014.

«  Genève est une villemonde, et un symbole universel de paix, de dialogue, et de défense des droits humains : c’est un trésor à conserver mais aussi à explorer. Elle est aussi une ville de pensée et d’humanisme, de recherche scientifique et d’innovation. Ici, d’où que l’on vienne, on peut sentir que l’on fait partie d’une communauté vivante et stimulante. Genève est une ville qui sait à la fois donner et recevoir.
Concernant le cinéma Il y a beaucoup à faire dans ce domaine, et une place à prendre à tous les niveaux ! Beaucoup plus de films pourraient être tournés ici, dont des grandes fictions internationales qui permettraient de faire rayonner notre ville. J’espère aussi que le soutien à des documentaires engagés va continuer à se faire, car c’est un secteur promis à un bel avenir et essentiel pour la démocratie. Le Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) est un événement international organisé parallèlement à la session principale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. On fait venir à Genève de grandes personnalités engagées pour la défense des droits humains, tels qu’Ai Weiwei, Angelina Jolie, Gaël García Bernal et Chimamanda Ngozi Adichie, aux côtés d’activistes qui risquent leur vie tous les jours sur le terrain. C’est une manière unique de rassembler des artistes, des activistes, des décideurs et le grand public de Genève, puisque tous nos événements sont publics.
J’aime profondément le fait de réunir des personnes qui pensent et vivent différemment, mais partagent une vision du monde qui transcende la politique : un monde plus juste, et où les droits de chacun seraient respectés. Avec le FIFDH, nous avons la chance de pouvoir également mettre en valeur des idées et des initiatives concrètes en vue de faire évoluer les choses. Nous organisons d’ailleurs des projections et des débats dans le monde entier, avec notamment une tournée internationale qui a touché 45  pays, de la Russie au Guatemala, et du Zimbabwe au Pakistan. Dans ces pays, la ferveur, l’envie de se rassembler et de se rencontrer est la même qu’à Genève. Je pense que le cinéma est un moyen magnifique pour rassembler, toucher, émouvoir et montrer une autre vision du monde. Parmi mes projets futurs, je compte continuer de faire vivre ce Festival et de le faire connaître davantage à Genève et à l’étranger. Pour cela j’assure la direction artistique, éditoriale et financière du Festival, avec le soutien d’une équipe de 45  passionnés et 250  bénévoles. Il s’agit de sélectionner des films documentaires et de fiction, de rassembler de nombreuses personnalités pour des débats de haut niveau qui sont transmis dans le monde entier, de préparer des projections dans 62 lieux de la région de Genève, dont des centres de détention et des foyers d’hébergement de personnes migrantes, ainsi que des expositions, du théâtre, de la bande dessinée, de la photographie… Je m’efforce également d’assurer la renommée du Festival à travers ses mécènes, ses ambassadeurs, ses amis et ses 170 partenaires internationaux. J’aime profondément ce métier, et j’ai beaucoup de chance de l’exercer. »

Diplômée de l’École hôtelière de Lausanne (EHL) et détentrice d’un «  Bachelor of Science in Hospitality Management », Charlotte de La Baume participe, en 2011, à la mise en œuvre du standard environnemental ISO 14001 pour une chaîne hôtelière à Paris. Elle est ensuite engagée par l’EHL, pendant 2 ans, pour développer l’indicateur Beelong qui évalue l’empreinte environnementale des produits alimentaires utilisés dans le secteur de la restauration. L’indicateur remporte le 1er Prix du concours Genilem HES-SO 2013 pour ses aspects innovants et appliqués. En 2014, Charlotte de La Baume co-fonde la société Beelong qui propose des services d’analyse environnementale, de conseil et de formation aux professionnels de la restauration et de l’industrie alimentaire.

«  Genève est une ville cosmopolite et multiculturelle, importante sur la scène internationale, dotée de nombreuses organisations internationales, d’universités de qualité et d’un aéroport à proximité. Tout en restant à taille humaine, Genève est une ville qui offre une excellente qualité de vie (environnement naturel entre lac et montagnes, niveau de vie, propreté, accès aux soins, qualité des denrées, etc.), une situation géographique intéressante au centre de l’Europe, un pouvoir d’achat élevé, ainsi que le dynamisme et la diversité qu’offrent certaines capitales européennes. Tout cela se retrouve également dans le secteur de la restauration qui délivre une offre variée et qualitative. D’un autre côté, l’alimentation représente la plus grande part des impacts environnementaux. Il y a donc encore beaucoup à faire en Suisse et dans le monde entier !
Partout en Europe les modes de consommation évoluent rapidement, tant sur le format que sur le type. A Genève, avec l’augmentation notamment du nombre de pendulaires, l’offre de restauration sur le pouce est vouée à se développer encore davantage, tout comme la livraison à domicile et au bureau. A l’avenir, le contenu de nos assiettes devra être de plus en plus personnalisé afin de répondre aux nouvelles demandes, toujours plus spécifiques, des consommateurs : régimes sans gluten, sans lac-tose, végétariens, à base de produits locaux, biologiques, etc. D’autre part, les consommateurs sont mieux informés et plus concernés par les problématiques environnementales – de mêmes que les pouvoirs publics d’ailleurs – et demandent davantage de transparence et d’informations sur ce qu’ils mangent. Genève devra donc répondre à ce besoin de transparence qui touche tous les acteurs du système alimentaire  : restaurateurs, distributeurs, transformateurs et producteurs. Ceux-ci devront petit à petit mieux s’organiser pour pouvoir plus facilement communiquer sur la contenance d’allergènes (désormais obligatoire), les propriétés nutritionnelles, la provenance des matières premières et les modes de production.
Au travers de Beelong, nous essayons de contribuer à améliorer la transparence u marché alimentaire pour permettre à chacun de consommer une nourriture locale de qualité, respectant des standards environnementaux élevés et profitant à l’économie du pays/canton. L’indicateur d’alimentation durable Bee-long évalue les produits alimentaires sur une échelle de A à G selon leur provenance, la manière dont ils sont cultivés ou élevés, la saisonnalité, l’impact sur le climat ou encore le degré de transfor-mation par exemple. A Genève en particulier, nous conseillons de grandes collectivités telles que les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), ou encore des restaurants d’entreprises comme ceux du Bureau International du Travail (BIT). Nous réalisons également différents travaux de mandat pour l’Office fédéral de l’environnement à Berne ou les Jeux olympiques de la jeunesse d’hiver de 2020 à Lausanne. Dans le cadre de mon travail, je suis surtout stimulée par les valeurs de notre mission et la diversité des individus que je suis amenée à rencontrer, mais aussi par les défis et les apprentissages liés à la gestion d’entreprise. Car le passionnant équilibre entre viabilité économique et idéaux environnementaux peut parfois s’avérer très subtil. »

Après l’obtention de son diplôme d’études culinaires à Osaka, Shinya Kakinuma travaille cinq ans dans un restaurant de cuisine française à Hayama, au Japon, puis rejoint la France et officie dans plusieurs restaurants étoilés de Saint-Tropez et de Lorraine. Il prolonge sa carrière dans la cuisine française pendant un an Au vieux Moulin, à Genève. C’est là qu’il rencontre Sho, son actuelle épouse, issue d’une famille de restaurateurs installés à Koriyama, dans le nord du Japon, dont il complète l’équipe pendant deux ans. De retour à Genève, il rejoint le restaurant japonais Uchino pour douze années de collaboration comme chef de cuisine. En 2006, Kakinuma reprend le Yamakawa, doyen des restaurants japonais genevois, ouvert depuis 1972. En 2015, il ouvre à Villereuse le Izakaya Kakinuma, centré sur des plats traditionnels et des tapas japonais. Fin 2016, il ouvre à Crans-Montana le Mizuki by Kakinuma, une troisième enseigne plus gastronomique et à dominante « fusion », en partenariat avec le Guarda Golf hotel & residences.

« Genève est une ville au caractère très international, d’une grande richesse culturelle et entourée d’une nature très paisible. Ses habitants sont aussi accueillants qu’ouverts d’esprit et toutes ces qualités la rendent facile à intégrer pour nous les Japonais. De plus, elle se situe géographiquement au centre du continent, ce qui facilite les déplacements vers d’autres capitales européennes.
Mon épouse et moi consacrons nos week-ends à découvrir différents restaurants dans les alentours de Genève et je pense que, tous types de cuisine confondus, le niveau général est relativement élevé sur une échelle mondiale. Ceci est dû au fait que les clients locaux sont très exigeants et critiques, de manière positive bien sûr. De plus en plus de restaurants ouvrent à Genève et l’offre en cuisine moderne, et même avant-gardiste, est multipliée. Cependant, je suis persuadé que les gens reviendront au final vers une cuisine authentique, dite « classique », et que seuls survivront les établissements dont les dirigeants et employés pratiquent leur métier avec passion en traitant leur clientèle avec grand respect.
En ce qui concerne notre restaurant principal à Henri-Blanvalet, ma mission est de présenter des plats japonais typiques et traditionnels. Je veux faire découvrir à nos clients, dans une atmosphère typiquement japonaise commune à tous nos restaurants, ce que, nous Japonais, mangeons quotidiennement dans notre pays.
Cela pourra paraître stéréotypé mais, sincèrement, ma plus grande source de motivation est la joie que je ressens lorsqu’un client repart de mon restaurant avec un grand sourire. C’est, pour moi, la plus grande des récompenses qu’un restaurateur peut recevoir.
Notre développement dépend, bien sûr, de nombreux facteurs mais le plus important concerne notre difficulté à recruter des collaborateurs de confiance, experts en cuisine japonaise et capables de partager nos valeurs à travers leur expérience. Notre plus grand obstacle par rapport à cela est l’obtention, pour ces nouveaux collaborateurs, d’un permis de travail en Suisse, surtout pour les candidats japonais. Pourtant, si nous parvenons à dépasser ces difficultés, mon ambition est d’ouvrir plusieurs autres restaurants en Suisse, en Europe, et pourquoi pas au-delà. »

Diplômée de l’Institut de hautes études internationales et du développement, Marlyne Sahakian est docteure en études du développement et professeure assistante en sociologie à l’Université de Genève. Ses travaux de recherche et son enseignement sont axés sur la sociologie de la consommation dans une perspective de durabilité. En 2012, Marlyne Sahakian co-fonde le réseau SCORAI Europe, une plateforme pour la recherche et l’action sur la consommation durable. Elle est également active dans le réseau de recherche en consommation de l’Association européenne de sociologie (RN05).

«  « Genève ville durable » est en plein essor ! Grâce à de multiples initiatives locales, les Genevois(es) peuvent participer à l’agriculture contractuelle de proximité, acquérir des produits de deuxième main et les faire réparer dans une économie solidaire, ou encore s’engager dans des coopératives d’habitation écologiques et sociales. Par contre, la consommation dite ‘durable’ ne doit pas se limiter à un ensemble de choix individuels –  d’acheter ou de ne pas acheter un produit bio et local, par exemple  – mais aller vers un processus collectif qui mènerait à des actions politiques. Au lieu de compter sur quelques «  super-héros socioécologiques  », il faudrait imaginer une véritable transformation du système socio-économique et pour cela, nous devons alimenter le débat sur le bien-être sociétal et les moyens disponibles pour garantir une distribution équitable des ressources limitées. Il devient essentiel selon moi de développer davantage de projets reliant enseignement, recherche et service à la Cité. Le Forum sociologique 2019 sur la consommation éthique et durable, qui a lieu ce semestre tous les mardis de 12 h 15 à 14 h 00 à Uni Mail, a justement le but de faire le pont entre le monde académique, le secteur public et le monde associatif de Genève.
Plus concrètement et dans les projets de recherche que je mène avec mon équipe à l’Université de Genève, nous cherchons à comprendre les pratiques du quotidien et les normes sociales qui les sous-tendent, en lien avec la consommation de ressources et les impacts associés. Dans le cadre du Programme national de recherche «  Gérer la consommation d’énergie  » (PNR71) et en collaboration avec l’association Terragir, nous avons mené –  entre les Universités de Lausanne et de Genève  – un projet d’action-recherche en 2017  : pour le «  Jeans Challenge Meyrin », quinze personnes ont relevé le défi de porter un jean neuf le plus longtemps possible (minimum 5  jours/7) pendant un mois, sans le laver, ni en machine ni en le trempant dans l’eau, et sans utiliser de produits chimiques. L’objectif du projet était de susciter une réflexion critique sur la construction sociale de l’hygiène et de la propreté, et leurs liens avec l’industrie de la mode. Pour le projet européen ENERGISE (H2020), l’Université de Genève rejoint sept autres partenaires pour relever deux défis dans huit pays européens et avec 300  ménages cette fois. Il s’agit de poser les questions suivantes : comment et pourquoi décide-t-on de la fréquence à laquelle on lave et sèche nos habits ? Est-ce que le confort intérieur dépend vraiment du chauffage réglé à 25  degrés, permettant de rester en t-shirt l’hiver, ou bien peut-on porter un pull et réduire sa consommation en chauffage ? Les questions énergétiques sont peu significatives pour beaucoup de personnes, donc ces types de réflexions sur la vie au quotidien deviennent notre point d’entrée et nous permettent de parler de ce qu’est le bien-être, pour une personne, une famille, ou une société. Et plus encore, d’expérimenter avec de nouvelles manières de faire pour montrer que moins, c’est parfois aussi mieux. »

Gregory Chollet co-réalise avec Elisabete Fernandes, en 2017, le long-métrage documentaire « Demain Genève » sur les initiatives genevoises durables répondant aux défis environnementaux et sociétaux du 21e siècle. Entrepreneur-né, fort d’une longue expérience professionnelle dans le consulting et e marketing, Gregory Chollet allie sa passion artistique à son activité de chef d’entreprise. En 2013, il co-fonde Loyco, une société de services de conseil et d’externalisation pour les fonctions de support (assurances, ressources humaines, comptabilité, fiscalité et gestion des risques) qui, depuis, 2018, s’est dotée d’un modèle de management collaboratif reposant sur l’intelligence collective  : la «  Loycocracy  ». Coordinateur du département marketing et qualité chez Loyco, Gregory Chollet promeut une organisation participative et res-ponsable, aussi bien économique que sociale et environnementale. En parallèle, il réalise depuis 2010 de nombreux courts-métrages avec sa société de production, Poulet-Moka, qui a reçu de nombreux «  prix du public  » pour ses réalisations.

« Selon moi, au-delà d’être située dans un magnifique pays au cœur de l’Europe, Genève doit aujourd’hui son attractivité à la qualité de vie qu’elle offre. C’est une ville à mesure humaine qui est le fruit d’un équilibre entre un réel bouillonnement économique local et international, des valeurs fondamentales fortes et une proximité avec la nature. L’avenir de Genève sous l’angle du développement durable, je le souhaite avant tout collaboratif, que ce soit d’un point de vue économique, social ou écologique. L’intelligence collective est finalement le comportement le plus durable. À l’image de la légende du colibri racontée par Pierre Rabhi, je pense que chaque individu a son rôle à jouer. Par l’intermédiaire de notre film « Demain Genève », j’espère avoir fait ma part de travail en sensibilisant le public aux solutions qui existent localement pour répondre aux défis de notre siècle; le tout en adoptant un discours positif et engageant.
L’engagement citoyen et la capacité à fédérer autour de problématiques qui ont du sens sont déterminants pour tout groupe d’influence. Cependant, je pense que le développement durable dépend d’un ensemble d’équations complexes dont les solutions proviendront avant tout d’initiatives portées par des entreprises. En effet, de par le levier et l’influence que les entreprises peuvent avoir sur leurs collaborateurs, elles sont susceptibles d’avoir un impact significatif. En ce sens, les entrepreneurs et les entreprises ont un rôle majeur à jouer. Je suis moi-même particulièrement motivé, en tant qu’entrepreneur, par l’évolution des modes de gouvernance et la relation de l’homme au travail. De même, en tant que réalisateur, je suis stimulé par la rencontre avec des individus porteurs d’histoires et la possibilité de partager de vraies expériences.
Actuellement, je travaille sur plusieurs projets abordant des sujets sociétaux. Avec mon collectif Poulet-Moka, je viens de terminer un court-métrage de fiction qui traite des maladies infantiles. Avec Loyco et Elisabete Fernandes nous travaillons actuellement, d’une part, sur un documentaire retraçant la suppression de la hiérarchie au profit d’une organisation par rôle et, d’autre part, sur une série humoristique sur le développement durable, en collaboration avec l’organisation « Impro.ch ». Enfin, avec le Zooo et Elisabete Fernandes, nous travaillons sur une série documentaire dont le sujet n’a pas encore été révélé et qui sera proposée à Netflix prochainement. »

Titulaire d’un bachelor en relations internationales et d’un master en socioéconomie, Antonin Calderon co-fonde, en 2015, l’association Monnaie Léman qui promeut une monnaie complémentaire au franc suisse dont la charte repose sur des valeurs de durabilité. Cette même année, Antonin Calderon intègre le bureau d’études LES IDÉES comme collaborateur scientifique. Depuis 2017, il est responsable du Pôle développement & promotion de l’économie sociale et solidaire à la Chambre genevoise de l’ESS (APRÈS – GE). Antonin Calderon co-fonde, en 2018, l’épicerie coopérative de quartier Le NID qui questionne et revisite le commerce de détail et de proximité.

«  Diversité, société civile, recherche d’innovation et rayonnement international. Voilà, selon moi, les quatre principales caractéristiques de Genève. Des processus d’innovation ouverte (open innovation) existent déjà à Genève en matière de modèles d’affaires, de développement numérique opensource, de pratiques entrepreneuriales et de systèmes de gouvernance. Les nouveaux et nouvelles entrepreneur(e)s que je rencontre actuellement ont un réel besoin de placer une dimension sociétale au centre de leurs projets d’activités. Concrètement, l’économie sociale et solidaire à Genève constitue un réseau de 320 entreprises partageant des valeurs communes en faveur de la transition écologique et sociale.
Actuellement, le « renouveau coopératif » genevois se manifeste par le développement de nombreuses entreprises sociétales qui prennent la forme de coopératives à but non lucratif et qui cherchent à maximiser leur impact positif sur la société tout en assurant une viabilité et une autonomie économique. Une monnaie complémentaire qui relocalise l’économie, des épiceries, une «  ressourcerie  » pour valoriser les déchets, une bibliothèque d’objets comme La Manivelle, voilà quelques-uns des « Communs » existant à Genève. Leur gestion par et pour les habitant(e)s du quartier permet d’assurer des services de proximité et de qualité, d’accroître l’activité et les taxes, et de transformer les quartiers en lieux attractifs.
L’épicerie Le NID en est un exemple : il s’agit d’une épicerie coopérative de quartier ouverte par une petite équipe de fondateur(trice)s bénévoles, et ses quelques salarié(e)s qui ont progressivement pris le relais opérationnel, avec plus de 420  foyers membres qui contribuent désormais à son développement. Sa forte dimension participative – chaque foyer membre donne deux heures de travail par mois pour participer à son fonctionnement selon ses compétences et les besoins du supermarché – permet de proposer des produits éthiques à des prix abordables, en garantissant la liberté de choix des consommateur(trice)s. Une entreprise sociétale comme Le NID met en pratique les valeurs de l’économie sociale et solidaire (circuits courts, agriculture biologique, viabilité économique, plus-values écologiques et sociales, gouvernance horizontale, implication citoyenne), et constitue un des fers de lance du développement de la monnaie locale, le Léman, notamment dans les filières agricoles. Le Léman devient précisément un outil pour renforcer les flux économiques entre entreprises, consommateurs et collectivités qui travaillent dans une même zone géographique et qui partagent les valeurs de la transition écologique et sociale. Cette monnaie citoyenne, locale et éthique, circule sous forme de billets mais également sous forme électronique (crypto-monnaie non spéculative et peu gourmande en énergie), offrant notamment aux entreprises du réseau un système de crédit mutualisé (accès à une ligne de crédit de fonctionnement en Léman) sans taux d’intérêt. »

CROSET PARC : Quand l’habitat fait rimer modernité et proximité

A l’ouest de Lausanne, non loin du Lac, à l’emplacement de l’ancienne friche industrielle de Maillefer, ce bel ensemble locatif terminé récemment accueille ses habitants. Détails et précisions avec Matthieu Pellet responsable de projets immobiliers chez m3.

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Pourriez-vous nous présenter ce vaste projet et les intervenants de sa réalisation?

Matthieu Pellet : Croset Parc est un nouveau quartier de la Commune d’Ecublens qui réunit 7 immeubles de 256 logements locatifs. Pour relever ce défi d’envergure, l’investisseur REInvest Capital a choisi de faire confiance à m3 GROUPE pour en assurer le pilotage de- puis l’entrée en force du PLQ jusqu’à l’entrée des locataires et à la vente des immeubles ainsi valorisés. La conception et la réalisation ont été confiées à l’excellent bureau d’architecture dl-c, designlab-construction et l’exécution à l’entreprise totale HRS REAL ESTATE. Les immeubles ont été récemment livrés après 28 mois de travaux. Dans un contexte où les développements immobiliers s’intensifient dans l’Ouest Lausannois (plus 1 million de m2 réalisable), ce projet connait un franc succès avec la quasi-totalité des logements loués.

Tout beau, tout neuf, ce projet immobilier semble ne rien avoir oublié pour séduire les attentes du marché…de préambule, pourriez-vous nous présenter ce vaste projet et les intervenants de sa réalisation?

M.P. : En effet. nous avons plusieurs types d’appartements allant de 2.5 pièces à 5.5 pièces, soit tous les types ce qui répond précisément au besoin aujourd’hui à Ecublens. L’architecture est contemporaine, elle privilégie des espaces épurés profitant de grandes surfaces vitrées toute hauteur. Les appartements se prolongent sur l’espace naturel du parc par de larges balcons, ou par des terrasses en attique. Chaque logement est pourvu d’armoires encastrées, d’une colonne lave-linge / sèche- linge et d’une cuisine de qualité. La hauteur des appartements est de 2,60 m, soit 20 cm de plus que ce que l’on trouve habituellement dans le canton de Vaud, les finitions sont soignées. Les sept immeubles sont disposés en quinconce de manière à améliorer l’interaction entre les bâtiments et assurer les dégagements de vues. L’idée était de créer un « parc habité » dont les surfaces vertes sont ponctuées par des bâtiments reliés entre eux par un cheminement de mobilité douce. Le concept urbanistique s’appuie également sur la création d’une place publique au centre du nouvel ensemble, ainsi que de grandes surfaces collectives vertes, agrémentées de plantations et de places de jeux.

Cet ensemble a vu le jour au sein d’une nature plaisante et généreuse, atout supplémentaire du lieu. en contre- partie, on peut supposer que les constructeurs ont su y adapter les derniers progrès écologiques et respectueux de l’environnement. Qu’en est-il ?

M.P. : Le nouveau quartier « Croset-Parc » requalifie un site de friche industrielle, anciennement occupé par l’entreprise Maillefer. Proposant une aire de verdure et une végétation qui avait disparu du site depuis son affectation industrielle, le projet offre un environnement de qualité aux futurs habitants. Un potager leur est même mis à disposition. Les bâtiment sont tous labellisés Minergie. La production de chaleur est assurée par une chaudière à gaz à condensation située dans la chaufferie d’un bâtiment, elle est ensuite distribuée vers les sous-stations des chaufferies des autres bâtiments. Un thermostat par pièce permet de régler la température du chauffage au sol. Les panneaux solaires photovoltaïques et thermiques installés sur chaque toiture permettent quant à eux de produire une partie de l’eau chaude sanitaire. Enfin l’énergie de l’air neuf repris dans les appartements est réinjectée dans le réseau de chauffage en hiver et permet de préchauffer l’eau en été.

Une vie moderne au vert mais non loin de la ville est l’une des accroches de vente du programme. Pensez-vous qu’en immobilier, l’argument de proximité et de connexion facilitée (commerces, écoles, transports) soit déterminant aujourd’hui ?

M.P. : C’est primordial. Vous l’avez dit, au vert mais urbain ! Les nouveaux habitants auront des équipements communaux, une toute nouvelle école mitoyenne de quartier, des équipements sportifs et des commerces à proximité, ils profiteront de la bonne desserte de transports en commun (arrêts de bus existants et proximité du m1). L’accent mis sur la mixité de fonctions permettra d’atteindre un équilibre entre habitat et emplois rendant le quartier vivant tout au long de la journée. Afin d’atteindre cet équilibre, 60% des surfaces sont ainsi affectées à l’habitation, 40% aux activités.

Au niveau local, la vocation industrielle de la parcelle n’avait plus lieu d’être et se présentait comme une rupture, une frontière, entre les quartiers alentours. A contrario le développement de ce nouveau quartier s’inscrit, lui, dans le renforcement des liens entre les différents éléments présents et à leur perméabilité. Ainsi, l’école primaire du Croset sera notamment reconnectée à son contexte, un contexte plus chaleureux et agréable. La pluralité des offres dans le nouveau quartier : la future extension du Collège du Croset, le réseau de chemins traversant, l’espace collectif en son centre et l’aire de plantage (culture de proximité) participeront au développement d’une véritable socialisation entre les habitants et les quartiers voisins. Tout cela devrait permettre d’amener de la vie tout au long de la journée et favoriser certainement les rencontres entre habitants, travailleurs et commerçants.

Plus d’information sur www.croset-parc.ch. Cet entretien a été publié dans Flat Magazine