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Entretien avec Nicolas Burgi, chef exécutif de m3 RESTAURANTS et directeur général du Traiteur de Châtelaine

Pendant le semi-confinement, les circuits courts se sont révélés être la réponse pour proposer aux consommateurs des produits frais et de qualité, mais aussi pour soutenir l’activité des producteurs genevois. Pourtant, rien de nouveau pour le Traiteur de Châtelaine dont la cuisine a toujours privilégié les produits, les labels, les vins et les producteurs du terroir. Aujourd’hui le Traiteur de Châtelaine participe à l’organisation d’événements sur mesure : repas d’entreprise, mariages, cocktails, anniversaires. Nicolas Burgi revient sur cette période de semi-confinement, et sur son rôle de chef exécutif de m3 RESTAURANTS.

POUVEZ-VOUS NOUS PRÉSENTER PLUS EN DÉTAIL LES ACTIVITÉS DU TRAITEUR DE CHÂTELAINE ?

Nicolas Burgi : L’entreprise s’est aujourd’hui développée autour de 5 grands pôles d’activités : le service traiteur, l’organisation d’événements clés en main, la location de lieux, la location de matériel et son restaurant de 200 places sur site. D’après les besoins de notre clientèle et partenaires, nous créons une offre qui leur ressemble, qui leur correspond. Notre philosophie : mettre en valeur des pro-duits simples locaux, du terroir et de qualité, pour en faire des mets savoureux et créatifs pour tous les budgets. Le respect de l’environnement est aussi une thématique qui touche particulièrement l’entreprise et elle s’engage avec le tri des déchets, l’utilisation de contenants réutilisables ou 100  % recyclables et une campagne anti-gaspillage.

DURANT LE SEMI-CONFINEMENT, LE TRAITEUR DE CHÂTELAINE EST RESTÉ TRÈS ACTIF…
En effet, nous avons continué à assurer un service de livraison à domicile pour notre clientèle habituelle tout en offrant bénévolement, aux côtés de m3 RESTAURANTS, des repas gratuits aux hôpitaux, pharmacies, EMS et sans-abris, notamment à travers l’association Le Cause – Collectif d’associations pour l’urgence sociale. Le Traiteur de Châtelaine s’est donc chargé de la préparation des repas et de toute l’organisation logistique. Nous avons distribué environ 150 repas par jour.

PARLEZ NOUS DE L’INTÉGRATION DU TRAITEUR DE CHÂTELAINE DANS m3 GROUPE ?
Depuis le 1er janvier 2020, nous avons rejoint m3 GROUPE, en intégrant le pôle m3 RESTAURANTS. Nous avons ainsi pu apporter notre expérience culinaire et notre expertise organisationnelle afin de répondre à une demande croissante dans l’événementiel tant pour le groupe que pour nos clients privés comme professionnels. Nous avons pour objectif de garder notre ADN et nos valeurs qui nous sont chères dont je reste le garant, en tant que Gérant du Traiteur de Châtelaine.

QUEL EST VOTRE RÔLE EN TANT QUE CHEF EXÉCUTIF DE m3 RESTAURANTS ?
Je suis en charge de la conception des différentes cartes des restaurants du groupe (une 20 aine) et de la gestion du personnel de cuisine. Je crée donc toutes les recettes pour lesquelles je sélectionne minutieusement les fournisseurs et les produits afin de créer des recettes sur-mesure adapté à chaque style de restaurant.

Découvrez ses produits phares et partenaires du terroir

Casa Mozzarella assure une fabrication artisanale de mozzarella et ses dérivés : Ricotta chèvre ou vache ; Scarmozza & Burratina.

Casa Mozzarella
1, rue Dizerens CH – 1205 Genève

www.casamozzarella.com

Le Domaine des Vignolles propose des produits issus de l’agriculture genevoise et labellisés GRTA, le label de proximité de l’agriculture genevoise.

Domaine des Vignolles à Bourdigny
Route de Champvigny 6, 1242 Satigny, Suisse

www.vignolles.ch

Terre d’Esize, c’est une aventure d’agriculture, de proximité et de créativité. Depuis 2009, ils cultivent du blé dur pour leurs pâtes fabriquées artisanalement.

Terre d’Esize
Rue du Vieux-Four 62 – 1288 Aire-la-ville

www.esize.wordpress.com

Le domaine a renoué avec la tradition depuis dix ans et produit à nouveau ses propres vins. On y cultive de nombreux cépages, du chasselas au merlot en passant par le cabernet. Livrés directement du producteur genevois jusque chez vous partout en Suisse.

Domaine du Crest
Route du Château-du-Crest 40, 1254 Jussy, Suisse

www.domaineducrest.ch

Dans la Ferme du Lignon, 900 poules de race Lohman sont élevées en plein air et nourries principalement au grain (mélange de céréales), sans aucun stimulant ni farines animales. Leurs œufs labélisés GRTA – « Genève Région Terre Avenir » –respectent les principes de qualité, de proximité, de traçabilité et d’équité : le délai entre la ponte et votre assiette n’excède pas 4 jours et il n’y a aucun intermédiaire.

Ferme du Lignon
Route du Bois-des-Frères 51B, 1219 Vernier, Suisse

www.ferme-du-lignon.ch

La recette de Nicolas Burgi

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  •  4 grosses tomates jaunes Ananas
  • 1/2 poivron jaune
  • 1 gousse d’ail
  • 2 tomates noires de Crimée
  • 1 échalote
  • 5 feuilles de basilic thaï
  • Quelques fleurs comestibles pour la décoration
  • 2 tranches de pain de mie
  • 10 cl d’huile d’olive
  • 5 cl de lait d’amande
  • 4 pièces de mozzarella burratina GRTA, Casa Mozzarella à Carouge
  • Fleur de sel de céleri, baies verveine

Dans une casserole d’eau bouillante salée, plonger toutes les tomates une à deux minutes.

Les retirer puis les plonger dans un récipient d’eau glacée. Les peler et les épépiner.

Laver et épépiner les poivrons jaunes en morceaux.

Peler la gousse d’ail, la couper en deux et retirer le germe.

Dans un mixeur, mettre les tomates jaunes, les poivrons, le pain de mie, le lait d’amande et la gousse d’ail.

Saler généreusement, poivrer et ajouter 7 cl d’huile d’olive.

Laisser macérer 15 minutes et mixer jusqu’à l’obtention d’une soupe lisse. Ajouter un peu d’eau si nécessaire.

Éplucher, retirer les pépins et couper les tomates noires de Crimée en tout petits dés.

Éplucher et ciseler l’échalote le plus finement possible.

Ajouter un peu d’huile d’olive, le basilic thaï coupé, de la fleur de sel et de la baie de verveine écrasée.

Verser le gaspacho dans des bols et déposer un peu de tartare de tomates sur le dessus et les boules de mozzarella, ajouter un peu de fleurs pour la décoration, quelques feuilles de basilic et servir.

Découvrez les établissements m3 RESTAURANTS

Élégants, festifs et dotés d’une carte pointue, nos établissements répondent à la soif d’authenticité et de qualité des Genevois en privilégiant des produits locaux et de saison.

Retrouvez tous nos restaurants sur www.m-3restaurants.com

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Chronique hôtelière d’Anne Southam Aulas : L’hôtellerie post-COVID.

Nous avons ces derniers mois tous participé à un cours intensif de visio-conférences  (Zoom, Google Hangouts, Meet, etc.) avec partage de fichiers, découverte en arrière-plan du décor de chacun, irruption de charmantes voix d’enfants, effet Larsen dû aux aboiements du chien, son hachuré dû à un Wi-Fi approximatif, pour finalement constater que l’on peut rester très productif sans se déplacer. Une bonne nouvelle pour les entreprises qui ont pu maintenir leurs activités tout en économisant de substantiels frais de déplacements, une très mauvaise nouvelle pour les professionnels de l’hôtellerie d’affaires et ceux du tourisme en général, écrit Anne Southam Aulas, directrice m3 HOSPITALITY.

S’il est fort probable que touristes et gens d’affaires reprennent malgré tout et bientôt le chemin des gares et des aéroports, la crise du Covid aura sans doute transformé leurs comportements d’achat. Chaque séjour devant être mûrement réfléchi, le choix d’hébergement sera d’autant plus exigeant. Le client va rechercher des agréments supplémentaires susceptibles de justifier le choix de se déplacer plutôt que de visio-conférencer, en lui permettant par exemple d’alterner entre travail, loisirs et culture. La frontière entre l’hôtel d’affaires et de loisirs – déjà très atténuée depuis quelques années – devrait s’estomper encore un peu plus.

Pour faire revenir leurs clients, les hôteliers vont donc devoir renforcer leurs offres avec des propositions originales, mémorables, facilement identifiables. Autant de qualités promues via réseaux sociaux, sites Internet et agences de voyage en ligne. L’image projetée doit être porteuse de promesses bien éloignées des fastidieuses réunions de travail tout en assurant au client qu’entre une promenade sur la plage, une partie de pétanque ou une visite de château, il disposera bien de l’infrastructure nécessaire à son travail.

 

 « Le client va rechercher des agréments supplémentaires susceptibles de justifier le choix de se déplacer plutôt que de visio-conférencer, en lui per-mettant par exemple d’alterner entre travail, loisirs et culture. »

 

Principal point de contact entre clients et marques hôtelières, le digital est l’un des vecteurs de transformation de l’hôtellerie d’affaires en hôtellerie de loisirs-affaires. La qualité des visuels publiés sur les réseaux sociaux, les gages de qualité donnés par les influenceurs sont autant de moteurs qui influencent les choix des clients, y compris dans le segment « affaires ».

Cette image « idéale » est mise à l’épreuve dès l’arrivée du client dans l’établissement ; le mélange du physique et du digital fait donc aujourd’hui partie de l’offre hôtelière globale. Le décor, l’odeur, la musique, l’histoire racontée, les interactions avec le personnel sont autant de marqueurs qui vont conforter le client dans la justesse de son choix ou au contraire le décevoir, selon que la représentation qu’il s’était faite dans le monde digital est proche ou éloignée de la réalité.

C’est donc d’abord dans la communication digitale que les marques hôtelières vont attirer les voyageurs en quête d’un établissement « business – leisure », avec une promesse susceptible de motiver un déplacement qu’une visio-conférence aurait pu remplacer. Or rien ne remplace une expérience réussie dans un environnement nouveau, amusant, intriguant et bien sûr confortable.

 

Découvrez la collection m3 HÔTELS & RÉSIDENCES

Créée par m3 HOSPITALITY, la collection m3 Hôtels & Résidences démarre avec un premier établissement chic et connecté de 127 chambres à Ferney Genève Aéroport, France. D’autres projets sont en cours, notamment à Genève, Suisse.

Plus d’infos sur www.m-3hotels.com

Suivez-nous sur Instagram @m3hotelsresidences pour tenter de gagner des séjours dans nos hôtels !

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Télé-travail : les nouvelles géographies du chez soi

Quelles leçons pour les logements et les bureaux de demain? Tout le monde n’est pas égal face au télétravail. Mauvais remake du film Un jour sans fin, pour certains, un doux moment de pause, loin des préoccupations professionnelles, pour d’autres. Ce qui est certain c’est que cette crise nous a fait réfléchir sur notre attachement – ou pas – à notre lieu de travail.

Aujourd’hui que les restrictions sanitaires sont levées, tout le monde se demande si le télétravail à distance deviendra la norme dans certains secteurs, en matière d’organisation du travail. Pourtant travailler à domicile n’a pas été simple, voire adéquat, pour tous durant les trois mois de semi-confinement. Manque d’échange social, difficultés de séparer vie professionnelle et vie privée…Sur la durée, le télétravail chez-soi ne semble pas une solution parfaite pour tous.

Bien que nous n’ayons pas tous vécu le semi-confinement de la même manière, notre habitat a été durant trois mois le cadre unique et limité de tout ce qui fait notre quotidien  : lieu de vie, de travail, de sport et de sociabilité. Pour ceux ayant pu garder leur emploi et réaliser du télétravail à domicile, la maison s’est vue envahie par le travail, l’extérieur et les soucis.

La frontière entre espaces public et privé a été fortement remise en cause. Plus largement certains ménages vivant dans des appartements aux dimensions réduites ont souffert de la multifonctionnalité des lieux : difficultés à pouvoir s’isoler et bénéficier d’un coin à soi, difficultés à concilier la vie de famille et la vie de couple en étant 24/24h ensemble.

Habitat et intimité : L’intrusion du travail dans l’habitat

« La maison est notre coin du monde. Elle est un refuge qui nous assure une première valeur de l’être: l’immobilité. » – Gaston Bachelard. Pour beaucoup d’entre nous, le télétravail à domicile a brouillé le rapport que nous entretenons avec notre intérieur, notre « chez-soi ». Pour certaines personnes, l’impossibilité de « couper » vraiment avec le travail, parce que le lieu reste le même, a été une épreuve.

Afin de creuser la notion d’intérieur et réfléchir sur comment « habiter » un espace, m3 MAGAZINE a rencontré un psychologue genevois de renom  : Philip Jaffé. Il nous rappelle qu’habiter un espace est une aventure personnelle. Le chez-soi est un espace à partir duquel on peut « revenir » à soi. Comment le semi-confinement nous a forcés à repenser notre « chez-soi » ?  Avec le télétravail, explique Philip Jaffé, le Chez-soi a été brouillé, malmené et remis en question ! Le défi était alors de maîtriser le degré de porosité avec lequel le travail a fait irruption dans le « chez soi » et faire cohabiter le professionnel avec les autres priorités du quotidien.

Psychologue-psychothérapeute de renom, formé aux universités de Fribourg et Genève, Philip D. Jaffé est professeur à l’Université de Genève. Egalement membre du Comité des droits de l’enfant de l’ONU, il est amené à arpenter le monde. En mars dernier, au retour d’une mission dans le Pacifique Sud, il s’est retrouvé confiné chez lui à Sion avec son épouse et leurs deux enfants pré-adolescents. Initialement un peu désorienté, il a plongé comme à son habitude dans le travail, mais baignant dans le bonheur de la proximité physique et émotionnelle des siens.

 


© sedrik nemeth

SELON VOUS, QU’EST-CE QUE LE CHEZ-SOI ? ET QU’EST-CE QU’ÊTRE CHEZ SOI ?
P.J. : La sécurité du cocon privé… Le bien-être ressenti dans un espace que l’on contrôle et qui est libre des interférences avec des personnes qui ne sont pas invitées à le partager !

FACE À L’IMPOSSIBILITÉ DE « COUPER » VRAIMENT AVEC LE TRAVAIL, PARCE QUE LE LIEU RESTE LE MÊME, QUELS SONT VOS CONSEILS POUR VIVRE AU MIEUX LE TÉLÉTRAVAIL ?
Savoir passer de la porosité par nécessité aux moments d’étanchéité. Autrement dit, savoir se libérer l’esprit de l’ingérence professionnelle  ! Pour les parents dont le télétravail s’est avéré compliqué avec des enfants à la maison, l’essentiel est de fixer les différentes activités de la journée et leur durée avec une certaine discipline. Dans la mesure du possible, il faut préserver des espaces dédiés à la sphère personnelle. N’hésitez pas à créer des remparts autour de votre intimité  ! Pour réussir cela, les formules diffèrent mais la proactivité est de mise.

FACE À LA SOLITUDE ET L’ISOLEMENT IMPOSÉS PAR UN TÉLÉ-TRAVAIL PROLONGÉ, POURQUOI EST-IL UTILE DE CONSULTER UN PSYCHOLOGUE ?
Un certain nombre de personnes ressentent le besoin d’être « contenues » par l’encadrement, la supervision et même un certain contrôle présentiel. Pour certaines, le changement de rythme a été trop abrupt et associé à des états d’angoisse liés à la pandémie… De plus, pour les couples et les familles dont l’harmonie est précaire, se regarder dans le blanc des yeux 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, peut tout faire exploser.

D’autres personnes se sont retrouvées en situation de vulnérabilité psychologique car la fréquentation de leur lieu de travail représente pour elles la principale, voire l’unique, occasion de créer du lien social. Je me demande si le monde professionnel n’a pas une certaine responsabilité à réfléchir sur le «  para-télétravail  », en proposant des activités complètement optionnelles pour parer à l’isolement de certaines et certains. Néanmoins, j’ai l’impression que le semi-confinement a également été l’occasion de découvrir comment tisser des liens autrement, virtuellement, à travers les outils numériques.

Architecture d’intérieur : Des intérieurs équilibrés  entre intimité, vie commune et télétravail.

Trois mois de télétravail à la maison ont mis en lumière les défauts de nos lieux de vie. Même une fois déconfinés, pourquoi ne pas repenser notre intérieur… Nous l’avons bien compris : il est impératif de se créer des espaces à soi ! Mais comment ? m3 Magazine a rencontré Clémentine Chometon, architecte d’intérieur basée à Genève et co-fondatrice de ICI Store, qui nous explique comment nous pouvons faire de la conception de notre intérieur une expérience privilégiée et accessible. Co-fondé par Clémentine Chometon et son associée la céramiste Lisa Novel, ICI Store (Situé au 14 Route de Chêne à Genève) est à la fois un cabinet de conseil en architecture d’intérieur, une boutique de mobilier et de décoration et un atelier de céramique. Nous sommes souvent tentés de prendre une chaise de la cuisine et un coin de table. Grosse erreur, explique-t-elle ! La première chose à faire serait d’acheter un mobilier confortable et dédié au télétravail.

Entretien avec Clémentine Chometon, Co-fondatrice de ICI Store et ICI Architecture d’Intérieur.

QUELS SONT VOS CONSEILS EN MATIÈRE D’AMÉNAGEMENT ET D’ERGONOMIE POUR CRÉER UN ESPACE INTÉRIEUR ÉQUILIBRÉ ENTRE INTIMITÉ ET EXIGENCES DU TÉLÉTRAVAIL ?
L’avantage du télétravail, c’est que l’on a le choix de son cadre de travail. On peut désormais se retrouver dans un environnement chaleureux, rassurant, à la différence de l’open-space qui peut générer du stress supplémentaire. Arranger un espace de travail chez soi permettra une meilleure concentration, et une sensation de bien-être pour renouer avec le travail. De nombreuses personnes ont compris l’importance d’être en accord avec son intérieur. Surtout celles qui ont passé trois mois à regarder une tapisserie qu’elles détestaient !

En tant qu’architecte d’intérieur, je propose à mes clients une offre sur-mesure car chaque habitat est différent et possède une «  personnalité  » qui lui est propre. A mon sens, tout espace de travail doit bénéficier d’un apport de lumière naturelle. Le silence est également un facteur essentiel pour faciliter la concentration. Pour les personnes qui manquent d’espace, il faut se mettre à l’écart le plus possible de toute activité domestique, le cas échéant, privilégier principalement la chambre à coucher. En termes d’ergonomie, l’essentiel est d’avoir une position assise confortable. Nous sommes souvent tentés de prendre une chaise de la cuisine et un coin de table. Grosse erreur ! La première chose à faire serait d’acheter un mobilier confortable et dédié au télétravail.

DE NOMBREUX BIENS IMMOBILIERS NE SONT PAS VRAIMENT IMAGINÉS POUR LES ACTIFS À DOMICILE… SELON VOUS, QU’EST-CE QUE LE SEMI-CONFINEMENT A RÉVÉLÉ DE NOS LOGEMENTS ?
Auparavant, le télétravail ne faisait pas partie du quotidien en Suisse romande. Avec l’arrivée du Covid, les entreprises ont dû s’adapter très rapidement. Sauf que l’habitat n’était clairement pas pensé pour faire cohabiter vie privée et vie professionnelle. Surtout dans les petits espaces, et avec parfois la présence des enfants qui vient rajouter une contrainte d’espace supplémentaire.

Si le télétravail tend à devenir une pratique courante, il sera désormais considéré comme un élément clé à prendre en compte au même titre qu’un autre besoin. Il sera donc indispensable de repenser l’habitat pour avoir un coin isolé que l’on pourra dédier au travail, au même titre qu’un autre espace de vie.

Architecture : Bâtir des immeubles mieux adaptés à notre (futur) mode de vie

Comment adapter nos habitats au quotidien de tous les membres de la famille ? Comment disposer d’espaces qui communiquent, mais qui, au besoin, peuvent être isolés ? Voici quelques questions soulevées par le semi-confinement des trois derniers mois. Cette expérience a également mis en lumière les carences et les inégalités sociales des logements contemporains. Quelles leçons tirent les architectes de cette crise pour l’avenir du logement ? Dominique Zanghi, directeur de m3 ARCHITECTURE explique l’importance de replacer l’essentiel au cœur de l’architecture. Pour Carmelo Stendardo, co-fondateur et associé du bureau 3BM3, c’est la manière de vivre ensemble qui doit être repensée. A moyen terme, dit Hervé Dessimoz, CEO du bureau Groupe H, il faut penser à des plans plus flexibles où le nombre de pièces ne sera pas le facteur déterminant du loyer. Ce facteur sera plutôt celui de la surface mise à disposition !

Créé en 2019, m3 ARCHITECTURE est un bureau d’architectes et d’urbanisme genevois, dirigé par Dominique Zanghi, architecte avec une expérience de plus de 30 ans à Genève.

LA QUALITÉ DES LOGEMENTS A ÉTÉ MISE À L’ÉPREUVE DURANT L’EXPÉRIENCE DU CONFINEMENT PROLONGÉ. QUEL REGARD PORTEZ-VOUS SUR CELA ?
Afin de comprendre pourquoi la typologie de certains logements n’était, en effet, pas adaptée à ce que nous avons vécu, il est indispensable de remettre notre héritage architectural en perspective historiquement. Fin du 19e siècle, l’industrialisation des villes, et donc l’arrivée massive des personnes en ville, ont généré une crise du logement. Les deux guerres mondiales ont ensuite tout bouleversé.

Le mouvement moderne s’est alors penché sur la manière d’habiter en ville où la plupart des logements étaient insalubres. N’oublions pas que jusqu’au milieu du 18e siècle, les villes étaient encore construites sur des tissus parcellaires issus du Moyen Âge et entourées les remparts. Comment faire également pour « ouvrir » ces villes et permettre aux habitants de profiter de la lumière ? Durant l’entre-deux-guerres, grâce à quelques réalisations comme l’immeuble Clarté qui date de 1932, rue Saint-Laurent 2-4 – Le Corbusier, la façon d’habiter s’est légèrement améliorée mais c’est réellement à la fin de la deuxième guerre mondiale qu’on a commencé à construire massivement du logement avec comme objectif de permettre au plus grand nombre de vivre correctement.

Ce critère est aujourd’hui, bien évidemment, le critère principal dans la construction. Et pourtant nos logements ne sont, tout de même, pas adaptés au confinement qui suppose d’accueillir en permanence, du jour au lendemain, tout le monde à la maison et de télé-travailler de surplus. Mais au-delà du confinement, les logements ne répondent pas non plus aux transformations sociales de la population dont les couples monoparentaux et les familles recomposées.

Encore aujourd’hui les logements ne sont pas tous adaptés à la garde alternée, à la visite des parents ou des grands-parents. Prenons par exemple un couple qui se retrouve momentanément une semaine sur deux avec 5 enfants… À ce jour, pour faire face à cela, nous avons vu émerger la chambre indépendante que plusieurs familles pourraient louer occasionnellement dans un immeuble.

SELON VOUS, COMMENT LE TÉLÉTRAVAIL MODIFIE NOTRE RAPPORT AU LOGEMENT ?
À mon sens, ce n’est pas uniquement la question du télétravail qui interroge notre rapport avec notre habitat, mais ce sont nos modes de vie. Prenons un exemple : auparavant, la télévision était un des pivots du logement, autour duquel toute la famille se réunissait dans la même pièce et partageait certains moments. Aujourd’hui tout le monde est connecté mais séparément. Les membres de la famille sont sur leurs tablettes et smartphones respectifs donc de façon individuelle. La famille n’est pas forcément réunie et l’espace individuel dans le logement prend beaucoup plus d’importance.

D’autre part, au-delà du fait d’être confinés et obligés de rester chez nous, l’étroitesse de certains logements était déjà une réalité contraignante. Si à cela on ajoute la possibilité de travailler et d’étudier à distance, il est évident que l’idéal serait d’agrandir les logements mais cela est un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre. D’autant plus que l’on dépense déjà beaucoup de surface en Suisse. Il faudra donc revoir l’aménagement des appartements ! Étant donné que nos modes de vie évoluent très vite, il faudra peut-être aussi envisager que tout ne se passe pas forcément toujours dans le logement.

LE CONFINEMENT A MIS EN EXERGUE L’IMPORTANCE DES LIEUX PUBLICS PARTAGÉS, DES ESPACES PUBLICS AINSI QUE DE LA MOBILITE DOUCE…
Avec la limitation de notre liberté de se mouvoir, de pouvoir sortir et de partager la vie avec d’autres, nous nous sommes rendu compte que la nature en ville est très importante. Nous avons aussi vu combien la nature pouvait prendre très vite le dessus. La restriction de notre mobilité nous a poussés à chercher les espaces verts proches de nos domiciles. En Suisse, nous avons beaucoup de chance car des espaces de qualité existent : les villes ont des parcs et des promenades.

Si les mesures de distanciation devaient être respectées encore longtemps, il faudra que ces espaces soient adaptés à des besoins plus dilatés. En tant qu’architecte, j’ai été très sollicité car je devais, par exemple, intégrer des pistes cyclables et de plus larges trottoirs. Les chemins de promenade, auparavant d’une largeur de deux mètres, devront être plus généreux afin de permettre aux personnes de garder des distances.

Cependant, la question de la place se posait déjà avec l’usage croissant du vélo et des trottinettes par exemple, qui n’est pas toujours compatible avec le déplacement des piétons. Par ailleurs, les files d’attente pour rentrer dans certains magasins soulèvent la question de la largeur des trottoirs. Imaginons, s’il avait fallu respecter les mesures de distanciation en hiver… En été, c’est moins gênant de faire la queue dehors mais si cela continue ainsi cet hiver, la notion d’attente sur un trottoir ne sera pas acceptable. Autrement dit, si comme disent les experts « il va falloir vivre avec le virus », le seuil d’entrée entre un magasin et un trottoir devra alors se dilater.

Mais comment cela pourrait être possible sachant que la location du mètre carré commercial est déjà excessive ? Est-ce que c’est le commerçant qui s’offrira plus de mètres carrés ? Or, en raison de la crise les loyers ne peuvent plus monter.

Très sensible à la fonction sociale de l’architecture qui définit à long terme l’organisation des espaces urbains, 3BM3 Atelier d’Architecture SA a été fondé en 2000 par Carmelo Stendardo et Bénédicte Montant. Fort d’une quarantaine de collaborateurs, l’Atelier conçoit, réalise et dirige des pro-jets architecturaux et urbanistiques aussi bien à Genève et dans ses environs qu’à l’étranger, notamment au Luxembourg, en Grèce, à Singapour, aux Émirats, au Qatar et en Chine. Travaillant tant à l’échelle du design qu’à celle d’infrastructures beaucoup plus complexes, 3BM3 Atelier d’Architecture développe pour ses clients des projets de maisons, d’immeubles d’habitation, de bâtiments administratifs entres autres. Durant ses 30 ans d’expérience dans les domaines de l’architecture et de l’urbanisme, Carmelo Stendardo s’est toujours engagé dans la réflexion sur la profession, l’environnement bâti et l’aménagement du territoire genevois. Il a présidé dans ce cadre la Fédération des architectes et des ingénieurs, les commissions cantonales d’architecture et des Monuments, de la Nature et des Sites (CMNS).

D’APRÈS VOUS, QU’EST-CE QUE LE SEMI-CONFINEMENT A RÉVÉLÉ DE NOS LOGEMENTS ?
Bien que nous ayons eu l’immense chance d’être soumis à un confinement responsable et non pas à un confinement coercitif, cette situation a mis en exergue la nécessité impérative de développer les aspects qualitatifs des logements. Ces derniers passent par la générosité dimensionnelle de certaines pièces ou la flexibilité d’usage d’autres, mais également par les prolongements extérieurs, soit sous forme de balcons, de loggias ou de terrasses. L’isolation acoustique entre logements est aussi un élément important. Alors que nous profitions tous d’un silence apaisant dans un climat de totale incertitude, les bruits entre voisins ont provoqué beaucoup de tensions.

D’UN POINT DE VU ARCHITECTURAL, COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS QUE DE NOMBREUX LOGEMENTS ONT ÉTÉ SI PEU COMPATIBLES AVEC LA NOTION D’INTIMITÉ ET LE TÉLÉTRAVAIL PENDANT CETTE PÉRIODE ?
Le logement n’a jamais été conçu pour une occupation complète dans le déroulement d’une journée, ni pour le développement de toutes les activités qui occupent nos vies : le travail, les études, la culture, les loisirs, le sport… Se retrouver à pratiquer tout cela dans un espace confiné, à plusieurs, n’a de toute évidence pas été une partie de plaisir pour une bonne partie de la population  ! Certes nous pouvons et devons améliorer la qualité des logements, mais imaginer que l’on puisse parvenir à concilier toutes ces activités dans un seul espace est illusoire.

La situation que nous avons traversée est inédite et il faut espérer qu’elle reste comme telle. En revanche, réaliser des logements sans prolongements extérieurs ou avec des pièces à la limite de l’habitabilité doit désormais faire partie de notre passé. Les logements devraient disposer d’espaces modulables, par des cloisons coulissantes par exemple, interchangeables (le salon devient une chambre à coucher ou celle-ci devient un espace de travail) et réellement adaptés à leurs occupants.

EST-CE À DIRE QUE LA CONSTRUCTION DOIT SE REPENSER ? FAUT-IL ALORS REPENSER LES ESPACES POUR GAGNER EN PLACE ?
La disponibilité foncière est une denrée rare et il est acquis qu’il faut préserver nos sols. Dès lors imaginer que l’on puisse construire des appartements plus grands à l’avenir me semble difficile. Cependant, c’est la manière de vivre ensemble qui doit être repensée. Ce processus était en cours bien avant l’apparition du Covid-19, avec des appartements partagés, multigénérationnels et où finalement la sensation de disposer de plus d’espace devient une réalité.

Un plus grand nombre de personnes partage un grand salon, un espace bibliothèque, des espaces de coworking ou des aménagements extérieurs plus généreux, sans que la sphère intime de la chambre soit réduite. Ces formes d’habitats nous permettent de disposer de ce qu’à titre individuel nous ne pourrions pas avoir, comme des jardins potagers ou des saunas.

DURANT CES DERNIÈRES DÉCENNIES, LA PRESSION DU FONCIER ET LES COÛTS DE CONSTRUCTION ONT-ILS ABOUTI À UNE RÉDUCTION DES SURFACES HABITABLES, À LA FAIBLESSE DE LEURS OUVERTURES SUR L’EXTÉRIEUR ET À LA DISPARITION DES TERRASSES ET AUTRES ESPACES D’AGRÉMENT EN PLEIN AIR ?
Certainement, la pression sur le foncier ne favorise pas le développement de solutions qualitatives pour le logement. Je n’incriminerais pas les coûts de construction car ils répondent aux standards exigés et aux normes en vigueur. Nous avons la chance en Suisse d’avoir en général des constructions de grande qualité, donc durables et pour lesquelles il faut payer un certain prix.

Le foncier a cependant un poids considérable, lié évidemment à l’étroitesse de notre territoire et à la faible disponibilité des sols à bâtir. Dans tous les cas, il n’est pas admissible que ces paramètres aient une incidence sur la qualité des logements. Celle-ci doit être un droit pour les citoyens, et réaliser aujourd’hui encore des logements sans prolongements extérieurs ou mal orientés doit être proscrit.

LE SEMI-CONFINEMENT ET LE TÉLÉTRAVAIL GÉNÉRALISÉ ONT RÉVÉLÉ QUE LES QUESTIONS DE TAILLE ET DE QUALITÉ DES LOGEMENTS (AINSI QUE LA MANIÈRE DONT CES DERNIERS PERMETTENT DE TISSER DU LIEN SOCIAL AU SEIN DE LA VILLE) SONT PRIORITAIRES DANS L’ARCHITECTURE ET L’IMMOBILIER. POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE DAVANTAGE ?
La qualité des logements est au centre des préoccupations de nombreux architectes depuis des décennies. Ces derniers n’ont pas attendu la pandémie pour s’interroger sur l’habitat et son évolution dans nos sociétés  ! La crise sanitaire a surtout révélé que la mauvaise architecture n’est pas viable et qu’elle fait payer un important tribut à ceux qui l’occupent. Il faut dès lors élever le débat, favoriser l’architecture qui parle réellement de qualité, qui met l’être humain au centre de ses préoccupations. Cela devrait s’étendre également à tous les acteurs de la construction, du promoteur à l’entrepreneur, pour un développement culturel de l’acte de bâtir.

Directeur du Groupe H, et membre de l’Ordre des Architectes en Ile-de-France, Hervé Dessimoz partage avec nous ses réflexions sur notre rapport au logement.

QUELLES LEÇONS L’ARCHITECTE POURRAIT-IL TIRER DU SEMI-CONFINEMENT QUE NOUS AVONS TOUS VÉCU ?
La densification et la forme urbaine proposée à Genève, sou-vent réalisée en îlots avec des cours intérieures, conduisent à des échelles (distance, hauteur) peu ou pas adaptées à l’échelle humaine. De plus, la valeur locative de l’appartement, étant fixée au nombre de pièces, permet à certains propriétaires de mettre sur le marché des logements minimalistes, source de mal être pour les résidents. Le semi-confinement a rendu la cohabitation des familles difficile dans des espaces mal adaptés.

La rigidité du plan, codifié par des règlements très contraignants, amène à des typologies standardisées : hall d’entrée, cuisine + séjour + salle à manger dans un espace partagé ; chambres à cou-cher cloisonnées à minima ; généralement sur une façade arrière peu éclairée ou avec des vis-à-vis ; des balcons présentant souvent des dimensions trop étriquées pour remplir cette fonction. Enfin, un appartement sans terrasse ne devrait pas exister…

A moyen terme, il faut penser à des plans plus flexibles où le nombre de pièces ne sera pas le facteur déterminant du loyer. Ce facteur sera plutôt celui de la surface mise à disposition ! Cette surface devra offrir des équipements fixes (pièce d’eau et cuisine) et judicieuse-ment disposés pour permettre la modulation des espaces selon les attentes de chacun, voire selon les circonstances : télétravail par exemple mais aussi arrivée des enfants qui en fonction de leur âge ont des besoins qui évoluent.

QU’EST-CE QUE LA CRISE SANITAIRE A RÉVÉLÉ DE NOTRE RAPPORT AU LOGEMENT?
Nos logements ne sont plus des lieux de vie mais de passage… On y reste rarement le jour et l’on y revient pour dormir. Pour avoir de l’intimité, les chambres répondent à cette attente. Par contre pour le télétravail, elles sont plutôt exiguës et souvent encombrées par du mobilier ne répondant pas aux exigences de cet exercice. Dès lors, il reste la pièce commune, plus grande, mais partagée… certainement vivante mais peu susceptible de permettre le silence et la concentration, voire le travail en visioconférence.

Si l’on décide de généraliser le télétravail, il faut proposer une pièce supplémentaire, réservée à cette activité et équipée en conséquence. Mais il y a un coût ! Celui-ci pourrait être partagé en trois : l’employeur qui économisera en surface de bureau ; l’employé qui économisera en frais de déplacement, gagnera du temps, pour lui, sa famille et ses amis ; la collectivité publique qui verra diminuer les besoins en espaces et transports publics. Il s’agit là d’une proposition simple mais rapidement réalisable car basée sur le bon sens.

LE SEMI-CONFINEMENT ET LE TÉLÉTRAVAIL GÉNÉRALISÉ ONT RÉVÉLÉ QUE LA MANIÈRE DONT LES LOGEMENTS NOUS PERMETTENT DE TISSER DU LIEN SOCIAL AU SEIN DE LA VILLE EST PRIORITAIRE DANS L’ARCHITECTURE ET L’IMMOBILIER…

Oui. Si la qualité du logement est fondamentale, le prolongement du logement en termes de partage au-delà du cercle familial l’est également  ! Il faut éviter l’isolement et créer des lieux d’activités et d’échanges. Nous l’avons proposé dans la Tour C2 à Meyrin. Nous y avons disposé une grande terrasse végétalisée ouverte à tous les résidents avec les buanderies. Tout cela à mi-hauteur du bâtiment. Au-delà des événements organisés par les familles, il y a aussi des événements collectifs. Cet espace est une première étape vers la vie sociale avant la rue et les lieux publics. Il ne s’agit pas de la solution mais d’une partie de la solution. Si vous cultivez un lien social à proximité de votre lieu de vie, il sera plus facile de le pratiquer dans la Ville !

Les bureaux de demain : Espaces de Coworking, une alternative au home office

Manque d’échange social, difficultés de séparer vie professionnelle et vie privée… . Il n’est pas toujours simple, voire adéquat, de télé-travailler chez soi. Sur la durée, le télétravail à domicile n’est donc pas une solution parfaite. Une alternative possible : les espaces de coworking ! En effet, pour les salariés dont le retour au bureau n’est pas pos-sible avant longtemps, les espaces de coworking peuvent offrir une alternative plus sociale.

Travailler dans un tiers lieu permet de marquer une coupure franche entre vie pri-vée et vie professionnelle, de retrouver des horaires et une ambiance de bureau. C’est une solution très efficace si le retour au bureau n’est pas possible avant longtemps pour les salariés. D’autant plus que les mesures sanitaires de désinfection sont les mêmes que pour les entreprises, ces lieux partagés ne présentent donc pas plus de risques. Enfin, ils évitent à certaines personnes de prendre les transports  !

Côté entreprises, le coworking représente une solution très flexible car il est possible de réserver des places rapidement et sans s’engager sur une longue durée. Il est possible que l’expérience de télétravail généralisé pendant le semi-confinement accélère la mutation des espaces de travail traditionnels au cours des prochaines années. Les entreprises passeront probablement d’un pilotage des coûts immobiliers au mètre carré à un pilotage par collaborateur. Le télétravail étant déjà plébiscité dans certains secteurs professionnels, les immeubles de bureaux vont certainement connaître d’importantes transformations.

Et si nous imaginions un futur où le travail ne serait plus systématiquement corrélé à un bureau fixe, les horaires deviendraient flexibles, et le temps gagné serait réinvesti dans des activités jugées plus bénéfiques pour le bien-être personnel ? Deux experts du coworking, Amanda Byrde, fondatrice et directrice d’Impact Hub Genève, et Kaspar Danzeisen, directeur associé de l’espace coworking Voisins, partagent avec nous leurs réflexions sur les bureaux de demain.

Passionnée par l’entrepreneuriat social et l’économie circulaire, et titulaire d’un diplôme en HEC de l’Université de Genève, Amanda Byrde a co-fondé Impact Hub Genève et Lausanne, où elle développe de nouvelles approches pour mettre en relation le secteur privé, la communauté internationale et les entrepreneurs pour un impact durable. Elle est également co-présidente d’Impact Hub Suisse, et co-initiatrice de Circular Economy Transition , une initiative pionnière mise en œuvre dans 5 villes suisses avec pour objectif d’accélérer la transition. Un autre projet phare d’Impact Hub Genève, est Accelerate2030 , un programme mondial multipartite, co-initié par Impact Hub Genève et le PNUD Genève en 2016, dont la mission est d’aider les entrepreneurs des pays en développement à contribuer aux Objectifs de développement durable (ODG).

QUEL SERA L’IMPACT À MOYEN TERME DE LA CRISE SANITAIRE SUR LE MARCHÉ DES ESPACES DE COWORKING ?
À moyen terme, il reste toujours un peu d’incertitude mais nos espaces à Genève et à Lausanne reprennent vie. Certains jours nous oublions même qu’une crise est survenue. Pour le long terme, mis à part la montée du nombre d’indépendants prévu en hausse, nous avons reçu des demandes de la part d’entreprises qui souhaitent placer leurs employés, ou d’employés eux-mêmes qui sont en télétravail mais ont besoin d’un espace pour donner rendez-vous à leurs clients.

PENSEZ-VOUS QUE LES ESPACES DE COWORKING JOUERONT LE RÔLE DE DÉSENGORGER LES BUREAUX, TOUT EN PERMETTANT AUX SALARIÉS QUI SOUHAITENT ÉVITER LES TRANSPORTS EN COMMUN DE SE TOURNER VERS UN ESPACE À LA FOIS CONÇU POUR LE TRAVAIL ET PROCHE DE LEUR LIEU DE VIE ?
Absolument  ! Le télétravail c’est très bien, mais ce n’est pas une solution à long terme. On entend parfois parler d’une “phobie” des meetings en ligne. Du côté des entreprises, on ressent un besoin croissant de plus de flexibilité. Elles ne peuvent plus se permettre de s’engager à long terme dans des baux qui ne satisfont plus leurs besoins, qui évoluent au fur et à mesure du temps face à un marché du travail de plus en plus fluide.

COMMENT RESPECTEZ-VOUS LA NÉCESSITÉ D’ESPACER LES COLLABORATEURS DANS VOS ESPACES DE COWORKING ?
Nous avons réaménagé nos espaces afin de permettre une distanciation des personnes. Nous rappelons à nos membres de prendre les précautions nécessaires et affichons des rappels des gestes barrières à respecter. Nous suivons ainsi les recommandations données par The Swiss Coworking Association.

SELON VOUS, À QUOI RESSEMBLERONT LES BUREAUX DE DEMAIN ?
Nous sommes un espace de coworking axé sur le bien-être, le développement durable et l’inclusion de tous. Par conséquent, nous envisageons des bureaux remplis de plantes et de sourires, avec plus de flexibilité en accord avec les besoins des métiers de demain. Nous espérons que les espaces de co-working de demain vont permettre une collaboration plus poussée entre différentes entreprises, organisations et entrepreneurs qui, sans coworking ou lieu d’échanges, ne se seraient jamais rencontrés !

Après six ans dans le secteur Finance et IT au sein de multinationales, et l’obtention d’un MBA à l’EPFL, Kaspar Danzeisen rejoint l’équipe Voisins en tant que directeur associé pour développer un réseau d’espaces de travail et de vie à Genève et en Suisse romande.

QUEL SERA L’IMPACT À MOYEN TERME DE LA CRISE SANITAIRE SUR LE MARCHÉ DES ESPACES DE COWORKING ?
Je suis plutôt optimiste  ! De nombreuses entreprises ont été obligées de découvrir de nouveaux modes de travail en général, dont le home office, et aussi des outils collaboratifs virtuels. Elles ont donc dû sortir du mode de pensée selon lequel pour être efficace et mieux gérer les équipes, il faut être au bureau, tous au même endroit. Ces changements peuvent débloquer une grande demande supplémentaire pour les espaces de coworking provenant des PME et moyennes entreprises, le coworking compris comme une location d’espaces de travail flexibles et non pas nécessairement comme une collaboration entre professionnels dans un open space.

Avant la crise sanitaire, 50% de notre clientèle était déjà composée de salariés. Leur employeur payait l’abonnement chez nous. En ce qui concerne Voisins, nous avons également des cafés dans nos centres qui sont ouverts au grand public. Depuis le déconfinement, l’activité reprend plutôt bien. On voit que les clients ont envie de ressortir de chez eux et de retrouver des contacts sociaux. Quant à nos bureaux, notamment l’utilisation nomade (espace partagés), nous sommes encore en-dessous du taux d’utilisation d’avant la crise. On constate que beaucoup plus de personnes font du home office qu’avant. La reprise est donc progressive.

En revanche, nous avons de nouvelles demandes de personnes qui en ont marre du home office et qui rencontrent des difficultés à gérer à la fois leur charge de travail et leur vie de famille, notamment dans des logements qui ne sont pas adaptés à du télétravail prolongé. Ils ont donc besoin d’autres alternatives.

VOUS AVEZ VOUS-MÊME FAIT DU TÉLÉTRAVAIL. COMMENT VOUS ÊTES-VOUS ORGANISÉ ?
Personnellement, j’ai découvert les avantages à ne pas devoir me déplacer pour aller au travail… J’habite à la campagne et j’ai un trajet pendulaire tous les jours. Nous perdons tout de même du temps dans les transports en commun ou dans la voiture… Nos équipes ont également intégré le home office qui n’était pas généralisé au sein de Voisins alors que nous avons déjà une politique de travail très moderne. Aujourd’hui, c’est devenu naturel dans notre mode de fonctionnement.

QUELS SERAIENT VOS CONSEILS POUR LES PERSONNES SOUHAITANT S’INITIER AU COWORKING COMME COMPLÉMENT DU HOME OFFICE ?
Je pense qu’il faut décortiquer le quotidien selon le type de tâche et ensuite choisir votre lieu de travail en fonction de vos tâches: certaines activités se prêtent parfaitement pour la maison, d’autres pour un poste dans un bureau traditionnel et d’autres pour un cadre plus décalé et inspirant tel qu’un espace de coworking. A mon sens, du point du vue du travailleur, l’idéal serait d’avoir plusieurs options et de pouvoir s’organiser selon ses besoins, le type de projet et l’équipe impliquée.

SELON VOUS, À QUOI RESSEMBLERONT LES BUREAUX DE DEMAIN ?
Avant tout, rappelons que tous les métiers ne peuvent pas être exercés en télétravail. Néanmoins, je suis convaincu que les bureaux au sens traditionnel du terme n’existeront plus dans le futur. En revanche, ils seront des lieux de rencontre à l’image des espaces de coworking, adaptés à des réunions, des activités de brainstorming  et de stratégie. En revanche, l’exécution du travail pourra être décentralisée  : soit les grandes entreprises auront plusieurs locaux sur une même ville pour éviter que leurs employés ne fassent de longs trajets, soit elles leur permettront de choisir eux-mêmes leur lieu de travail, dont des espaces de coworking.

La mobilité déconfinée : Entre télétravail et mobilité alternative

La crise du coronavirus ouvre également des perspectives quant à la notion de mobilité professionnelle de demain. Aura-t-on toujours besoin d’aller travailler dans un bureau ? Va-t-on assister à un essor du nomadisme digital ? Selon les données de de l’Office fédéral de la statistique, avant la crise du coronavirus, chaque individu en Suisse passait en moyenne près de 90 minutes par jour dans les transports. Alors qu’ils ne consacraient que 30 mn dans des activités de loisir !

Une enquête récente de Deloitte montre une recrudescence des moyens de transport individuels aux dépens des transports publics, taxis et autres services de transport. De nombreux usagers, craignant la contagion dans les trans-ports en commun, envisagent désormais d’opter pour le vélo, le scooter, la trottinette électrique ou la voiture, ainsi que de travailler plus souvent à domicile. Près d’un quart des personnes interrogées prévoient de circuler moins souvent en train, en bus, en tram ou en taxi. Selon l’enquête le trafic cycliste et piétonnier va certainement s’amplifier dans les centres urbains.

A l’image des villes de Bogota, Calgary et New York, la ville de Genève a mis à disposition des pistes cyclables temporaires et des voies réservées aux vélos. Le vélo est aujourd’hui l’une des mobilités douces individuelles les plus sûres. Certains acteurs de la moblité vont même jusqu’à promouvoir la « démobilité », un moyen de réduire nos dépla-cements pendulaires. Plus qu’une obligation pour préser-ver et protéger ses employés de la contagion, la démobilité serait aussi une manière de protéger notre environnement. m3 MAGAZINE a rencontré Giorgio Giovannini, fondateur et directeur du cabinet de conseil Mobilidée, auteur du guide « Mobilité du déconfinement ».

Active depuis 2004, Mobilidée est un cabinet de conseil qui propose des services de mobilité et des outils de gestion aux entreprises et collectivités publiques pour les accompagner à gérer la mobilité de leurs collaborateurs.Sa vision : faire évoluer les habitudes de mobilité vers des modes de déplacements efficaces et durables, répondant notamment aux problèmes de stationnement rencontrés par les Genevois. A ce jour, Mobilidée a réalisé plus de 300 plans de mobilité, créé les services Noctambus, Centrale mobilité et Caddie-Service, et conçu la solution fairpark permettant de gérer le stationnement et la mobilité simple-ment et efficacement. Son fondateur et directeur, Giorgio Giovannini, partage avec nous ses réflexions sur les possibles transformations post-covid concernant les habitudes de mobilité des salariés genevois.

QUELLE MOBILITÉ DEVRIONS-NOUS ADOPTER À LA SORTIE DE CETTE CRISE SANITAIRE, QUAND IL S’AGIT À LA FOIS DE RESPECTER LA DISTANCIATION PRÉCONISÉE ET D’ÉVITER D’ENGORGER NOS ROUTES ?
Nous avons récemment publié un petit guide intitulé «  Mobilité du déconfinement » qui décrit les bonnes pratiques à adopter sous l’angle de la distanciation physique mais également de l’environnement, de la santé et des coûts. Le meilleur mode de déplacement à adopter est la « démobilité » ! Ce néologisme, propre à notre métier, désigne le fait de ne pas se déplacer pour aller travailler. Il fait donc allusion au télétravail, qu’il soit à domicile ou depuis un tiers-lieu (coworking, succursale de l’entreprise).

Comme pour l’énergie, le déplacement le plus efficace, notamment dans cette période sanitaire compliquée, est celui qu’on ne fait pas ! Outre le travail à distance, il est également recommandé de privilégier les modes individuels dits «  doux  », à savoir la marche, le vélo, le vélo électrique et toutes autres formes de mobilités actives (trottinettes,…). Bien entendu, tout le monde n’a pas d’alternatives à la voiture en solo, dans ce cas, nous recommandons de l’utiliser le plus possible en combinaison avec des parkings relais (s’ils sont disponibles) à partir desquels on peut poursuivre à vélo ou en transports publics.

Le grand défi à venir pour les villes et les agglomérations sera d’éviter que les habitués des transports publics, qui boudent actuellement ce mode de déplacement, ne se reportent massivement sur la voiture individuelle sous peine de créer d’importants désagréments sur la route.

POUVEZ-VOUS NOUS PARLER DU POTENTIEL DE LA MOBILITÉ DOUCE, TELLE QUE LE VÉLO (VOIE VERTE, PISTES CYCLABLES) À GENÈVE DANS CE CONTEXTE POST-COVID ?
Dans le cadre d’un plan de mobilité, il est usuel d’analyser le potentiel d’utilisation du vélo par les salariés d’une entreprise. Pour cela, nous regardons qui, parmi l’ensemble des collaborateurs, est domicilié à moins de 9 km de son lieu de travail, distance limite parcourable aisément et volontiers à vélo (électrique). Très souvent, nous constatons des proportions qui dépassent le tiers de l’effectif et ce chiffre peut monter jusqu’aux deux tiers pour certaines entreprises ! Même dans les grandes zones industrielles de notre Canton, souvent excentrées, nous enregistrons des proportions qui avoisinent les 20%. Bien entendu, toute personne qui se trouve à distance cyclable de son lieu de travail ne peut ou ne souhaite pas prendre son vélo. Si toutefois, l’effort conjoint de l’entreprise (via des mesures incitatives) et des collectivités publiques (via les aménagements cyclables) permettait de capter ne serait-ce que 15% à 20% du potentiel total, nous pourrions assister à une transformation significative de la mobilité à Genève !

COMMENT PROFITER DES EFFETS DU COVID19 SUR NOS HABITUDES QUOTIDIENNES POUR TRANSFORMER NOS MOBILITÉS URBAINES ?
La crise sanitaire que nous avons vécue, notamment pendant sa phase aiguë, a spectaculairement pesé sur la diminution des déplacements. En quelques jours, une très grande quantité d’entreprises et collectivités se sont organisées pour que le travail soit effectué à distance. D’après de nombreux retours d’entreprises, cette forme d’organisation, toujours plébiscitée par les collaborateur. trice.s mais trop souvent non souhaitée par les managers, a de fortes chances de s’ancrer durablement, dans une pratique toutefois plus occasionnelle que celle qu’on a connu durant le semi-confinement en Suisse. Nos enquêtes de mobilité auprès des entreprises montrent que la grande majorité des employés souhaitent travailler à distance mais uniquement un à deux jours par semaine. Quoi qu’il en soit, cela pourrait constituer une transformation importante des habitudes de mobilité.

Bien entendu, la période est également propice pour appliquer ce qu’on appelle l’ « urbanisme tactique », consistant à mettre en place très rapidement des aménagements provisoires pour favoriser les modes de déplacement individuels actifs (vélo, vélo électrique, marche…). Il s’agit d’une approche pragmatique pour endiguer efficacement la baisse massive des déplacements en transports publics. Il est fort possible qu’une partie de ces aménagements provisoires, qui tiennent également lieu d’expérimentation, se prolongent une fois la crise passée avec les nouvelles habitudes adoptées.

 

Texte : Nicole Martinez.
Cet article a été publié dans m3 MAGAZINE. Retrouvez tout le magazine ici.

Chronique hôtelière d’Anne Southam Aulas : Vendre du sommeil

Anne Southam Aulas, Directrice de m3 HOSPITALITY vous emmène dans les coulisses d’une exploitation hôtelière et sur les chantiers de futurs établissements. De la conception d’une interface électronique jusqu’au choix d’un artiste, les sujets les plus divers sont abordés.

Si les hôteliers sont principalement des loueurs d’espaces où dormir, certains – et notamment m3 HOSPITALITY – s’intéressent au sommeil à proprement parler afin de créer et d’animer un environnement qui lui sera propice.

 

Le sommeil est soumis à un rythme circadien (rythme biologique de 24 h) qui varie selon les personnes. Il convient de le respecter avec des heures de coucher, et surtout de lever, qui doivent être constantes. C’est le cerveau qui envoie les informations et les hormones nécessaires au sommeil. Aidé par notre horloge biologique, il provoque l’endormissement à condition de respecter quelques règles d’or, et notamment des horaires réguliers, une température idéale, un environnement calme, un lit confortable, ainsi qu’une bonne hygiène alimentaire.

Or le cerveau n’aime pas l’anxiété, principale source de l’insomnie du voyageur. Lors d’un déplacement, le sentiment d’anxiété est lié à la perte de contrôle et à l’anticipation d’un événement négatif qui pourrait surgir : réservation perdue, chambre décevante, brosse à dents oubliée, personnel peu attentif, longue file d’attente sont quelques-uns des épisodes régulièrement vécus par des voyageurs fréquents.

Bien que l’hôtelier n’ait aucun moyen d’atténuer le sentiment d’anxiété du voyageur avant son arrivée à l’hôtel, il peut largement contribuer à détendre l’atmosphère par un accueil

chaleureux, un enregistrement rapide, ainsi qu’une attention de bienvenue, sous forme d’un petit chocolat (suisse bien sûr) ou d’une eau détox parfumée.
Ces premières minutes vécues à l’hôtel ont toute leur importance ; elles vont contribuer à donner au voyageur un senti-ment de bien-être qui facilitera ensuite son accès au sommeil.

Vient ensuite la découverte de la chambre. Si une part importante de voyageurs prennent possession de leur chambre en s’asseyant sur le lit, ce n’est pas un hasard ! Doux au premier contact, ferme mais pas trop, le matelas grande largeur doit inviter à s’y attarder. Un dessus-de-lit ? Il sera jeté au sol avec dégoût. Des draps en textile synthétique ? Une promesse de chaud-froid pour la nuit. Le pur coton est roi dans ce domaine et le blanc un gage de propreté. Les oreillers invitent quant à eux à la lecture, au rêve ou tout simplement à la relaxation. Dans un m3 Hôtel & Résidence, l’oreiller aura été choisi au moment de la réservation, via le service de conciergerie. Un plus qui permet de retrouver sa position de sommeil idéale, presque comme à la maison !

*Sources : Santé Magazine, Fondation Sommeil,
CHUV Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil.

 

Découvrez la collection m3 Hôtel & Résidence

Créée par m3 HOSPITALITY, la collection m3 Hôtels & Résidences démarre avec un premier établissement de 127 chambres à Ferney Genève Aéroport, France. D’autres projets sont en cours, notamment à Genève, Suisse.

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Entretien avec l’architecte Dominique Zanghi

L’humain au cœur de la démarche. Entretien avec Dominique Zanghi, architecte et directeur de m3 ARCHITECTURE.

 

Quand on pense « métier d’architecture », on imagine un technicien qui a un ensemble de savoir-faire et qui créerait des espaces en triant les matériaux et en séparant les volumes. Tout l’inverse de la philosophie de Dominique Zanghi, dont le geste initial est de partir des relations avec les personnes : « toujours les personnes » aime-t-il rappeler ! Après tout l’architecture n’est-elle pas aussi une forme symbolique, c’est-à-dire une formalisation parmi d’autres de la pensée, de la culture, de la socialisation et des modes de vie d’une communauté ? Tout un programme en somme, et l’occasion de faire le point sur le parcours d’un architecte passionné qui met l’humain au centre de sa réflexion et de sa démarche.

DOMINIQUE ZANGHI, COMMENT DÉBUTE VOTRE CARRIÈRE D’ARCHITECTE ?

Dominique Zanghi : En 1985, nous remportons un concours avec deux de mes amis : Claude Ciani, qui a arrêté l’architecture depuis, et Philippe Vasey, qui lui continue son chemin avec son bureau. Nous avons obtenu le réaménagement du Jardin Alpin et Parc de la Mairie de Chêne-Bourg. Le défi était de créer un parc innovateur, et qui puisse s’ouvrir à la découverte des enfants et des habitants de la commune. Nous avons créé un bassin – une pataugeoire – comme élément nouveau qui unissait les deux parcs et des par-cours. Et puisque le Parc Floraire est ouvert à tous nous avions connecté cet havre de paix et de nature au territoire. On avait mis en place des parcours qui allaient chercher les habitants vers le tram et qui les emmenaient vers cette mairie qui est un peu désaxée. Et on avait jeté un pont au-dessus de l’autoroute pour aller connecter ce parcours avec les installations sportives de Sous-Moulin.

 

DANS VOTRE FORMATION, QU’EST-CE QUI VOUS A MARQUÉ ?

J’ai commencé en faisant un apprentissage, en 1974. J’ai intégré un excellent bureau. Philippe Joye et André Koenig m’ont donné l’en-vie d’apprendre l’architecture. Avec un CFC, on sait dessiner, on sait construire, on connaît la technique, mais l’architecture proprement dite, les origines et l’aspect théorique, on ne les connaît pas. J’ai recherché comment intégrer une école d’architecture : en réussissant le passage obligé pour une personne qui n’a pas de maturité soit le CMS, le cours spécial de mathématiques de l’EPFL, j’ai pu entrer au département d’architecture.

Les enseignants du DA m’ont donné une rigueur pour la mise en place d’un projet. Le passage d’un concept au projet doit être une démarche très stricte. Plus tard quand j’ai fait mon stage à Rome, les personnes qui avaient eu des stagiaires venant de Suisse disaient : « mais c’est incroyable ce que vous savez déjà faire ! ». Cet enseignement est très valable et très bien reconnu. À l’EPFL j’ai également eu la chance de croiser Mario Botta et Lio Galfetti, et de suivre un atelier avec Álvaro Siza, un architecte contemporain très important. Les enseignements de Mario Bevilacqua et de Jean-Marc Lamunière m’ont beaucoup apporté dans ce parcours.

Il répétait souvent qu’il n’y a que quelques livres très importants pour étudier l’architecture, mais après, il faut se promener dans la ville, il faut lire les livres qui parlent de la vie des gens.

À Rome, dans le cadre de mon stage j’ai également été très marqué par Franco Purini. J’admirais son travail bien sûr, mais l’homme était également riche d’enseignements et de bons conseils : il répétait souvent qu’il n’y a que quelques livres très importants pour étudier l’architecture, mais après, il faut se promener dans la ville, il faut lire les livres qui parlent de la vie des gens. Le livre « Le jour de la chouette » de Leonardo Sciascia ou « Conversazione in Sicilia » d’Elio Vittorini m’ont beaucoup donné d’informations sur la vie des Siciliens dans le cadre de mon diplôme. Ou pour citer plutôt des auteurs qu’on connaît : Guy de Maupassant ou Victor Hugo nous apprennent plus sur la vie de leur époque, que tous les livres de théorie et d’histoire de l’architecture.

Aujourd’hui, je dirais que la chose qui m’intéresse, dans l’architecture, c’est le ressenti de la personne. Comment la dame, l’enfant va vivre l’espace. Nous imaginons un espace, nous mettons un cadre avec la vue sur un site, on propose. Comment il va être perçu et surtout comment ils vont vivre ces lieux, et comment ils vont pouvoir se l’approprier.

La chose qui m’intéresse, dans l’architecture, c’est le ressenti de la personne.

L’approche d’un savoir à partager avec les étudiants a été approfondie pendant quelques années aux côtés de Bruno Marchand à l’ITHA. L’enseignement s’appuyait sur la recherche historique et sur des analyses méthodologiques et rigoureuses. Les publications ont aussi suivi un cadre strict de travail. Les recherches, les analyses doivent aussi suivre un cadre très strict de travail, cette approche alimente aussi mon travail quotidien. Victor Hugo nous apprend plus sur la vie de son époque, que tous les livres de théorie et d’architecture !

 

EST VOTRE SENSIBILITÉ PAR RAPPORT À GENÈVE ?

Genève est, en soi, un carcan, peut-être c’est le côté calviniste qui ressort. Actuellement à Genève, il y a un projet fabuleux qui est le PAV (Praille-Acacias-Vernets). Ce vaste périmètre a été planifié au siècle passé pour accueillir les activités secondaires et d’approvisionnement. Le tertiaire grignote ce site. Or ce site est au cœur de la ville et il y a un fort potentiel. De plus environ 80% des terrains sont dans les mains de l’État. Les droits de superficie bloquent la mutation de ce périmètre. La question fondamentale qui peut créer une modification architecturale, urbanistique et d’utilisation du PAV est avant tout liée à la modification des règles de gestion du sol. Comment les locataires du sol, les propriétaires, les nouveaux investisseurs et les futurs utilisateurs, en un mot la Ville, peut gagner ?

D’autres villes prennent l’opportunité d’avoir à la fois des acteurs, des envies et des possibilités de réaliser comme moteur pour initier le changement. Il faut mettre en place une organisation spatiale du territoire, du paysage urbain. Les espaces publics et les volumes bâtis qui définissent ces espaces partagés doivent être conçus en amont. Les PLQ (plans localisés de quartier) avec le temps sont devenus des documents anticipant essentiellement les aspects légaux en sclérosant les édifices et les espaces extérieurs. Dans ce domaine des changements sont en cours. Le dessin des vides doit être défini et être guidé par les pleins.

« Genève autrement », ce n’est pas qu’un slogan.

Les édifices doivent obtenir des plans directeurs des possibilités pour exprimer des architectures libres et innovantes. Ce sont les attentes de la société : il suffit simplement de comparer le processus de la Prime Tower de Zurich, qui a été construite dans un lieu de friche. SPS est propriétaire d’un terrain avec une ancienne usine, la ville de Zurich demande un concours et le projet d’une tour de 125 m au minimum : « et c’est parti on y va, parce que c’est ça qui va permettre d’être le moteur du changement  ». C’est un dialogue qui dit  : « on fait les choses ensemble, et on va gagner ensemble ». Sur cette dynamique, Genève doit prendre exemple sur sa sœur alémanique, en créant des synergies gagnantes.

COMMENT A DÉBUTÉ LA COLLABORATION AVEC m3 GROUPE ?

C’est avant tout le fruit d’une amitié entre Abdallah Chatila et moi. S’il n’y avait pas ce lien, je ne me serais pas embarqué dans cette aventure ! Mais connaissant Abdallah et sachant ce que nous avons vécu précédemment, je n’ai pas eu d’hésitation. Avec m3 je sais que je peux parler d’une certaine qualité qu’on doit défendre sans qu’on me prenne pour un extravagant. Aujourd’hui, quand on met en exergue des notions qui sont celles de créer de la convivialité, de travailler dans le développement durable réel, je ne souhaite qu’appliquer cela. « Genève autrement », ce n’est pas qu’un slogan. Il faut le bâtir, le construire : c’est-à-dire en créant des logements de qualité, des espaces en prolongement avec ces habitations, qui soient à la fois privés, mais aussi communautaires et partagés.

Notre imagination et notre futur doivent inventer des approches différentes pour offrir un cadre de vie plus respectable de notre Terre et de nous.

On doit à la fois s’occuper de la cellule du chez-soi, mais également penser à tout ce qui va autour, voir concrètement ce qu’on peut réaliser en appliquant le concept d’une production locale, c’est-à-dire principalement en termes de ressources humaines et de matériaux. Aujourd’hui la crise virale qui nous affecte profondément va modifier nos relations sociales, notre vision du futur, nos comportements, notre économie, nos modes de vie, et donc l’architecture et l’urbanisme. Il faudra en tirer des leçons pour que demain soit meilleur. Notre imagination et notre futur doivent inventer des approches différentes pour offrir un cadre de vie plus respectable de notre Terre et de nous. Rappelons-nous que l’Empire State Building a débuté sa construction… en 1929 !

 

A propos de Dominique Zanghi

Dominique Zanghi est né en 1957 en Sicile. De nationalité suisse et italienne. Diplômé en 1978 d’un CFC de dessinateur en bâti-ment, il complète sa formation à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, où il obtient un diplôme d’architecte en 1984. C’est dans cette même école qu’il occupe par la suite le poste d’assistant auprès des professeurs Ch. Gilot et A. Anselmi contribuant aux divers cours, ateliers et projets d’architectures. Entre 1993 et 1999, il est chargé de cours à l’ITHA auprès des professeurs B. Marchand et J. Lucan.

C’est dès 1986 que Dominique Zanghi mène ses activités d’architecte en tant qu’indépendant, créant notamment l’atelier AERA (1986-1999) en collaboration avec les architectes Philippe Vasey et Claude Ciani. De 1999 à 2005, il est également adjoint à la direction du service de l’aménagement du territoire du canton de Vaud.

En 1999, il s’associe à l’architecte Athanase Spitsas avec qui il crée l’atelier d’architecture A. Spitsas et D. Zanghi « AS.DZ Architecture » à Genève, qui a eu jusqu’à plus de 30 collaborateurs.

En 2017 il part pour une nouvelle aventure en créant DZ Architectes SA.
Depuis 2019, Dominique Zanghi a pris la direction de m3 ARCHITECTURE, filiale du groupe m3 fondé par Abdallah Chatila.
Dominique Zanghi est également actif dans le milieu associatif de l’architecture en tant que :

• Membre de la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA), section genevoise dès 1986.
• Membre du comité de la section genevoise de 1991 à 1999 et du comité groupe des architectes de 1988 à 1997.
• Président de la commission des concours de 1991 à 1992. Membre de la commission de la communication de 1997 à 1999.
• Membre de la Fédération des architectes et ingénieurs de Genève (FAI).
• Président de la commission aménagement et urbanisme entre 2006 et 2009.
• Membre du Registre suisse des architectes et ingénieurs (REG A).
• Inscrit au tableau des mandataires professionnellement qualités du canton de Ge-nève, Fribourg, Neuchâtel, Vaud et Valais.

 
Carrefour-de-Rive 1
1207 Genève

T+41 22 736 03 60

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Meyrin réinvente la convivialité urbaine écologique

La quatrième ville du canton oeuvre pour ses citoyens et pour la planète.

 

Dans cette cité, la première construite selon les idées urbanistiques de Le Corbusier, existent de nombreux centres d’intérêt. Le Casino du Lac dont les tapis de jeux accueillent les mises d’une clientèle éclectique depuis 10 ans maintenant. Dans un tout autre domaine, Le Cern (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) est installé depuis 1954. Il possède à ce jour le plus grand accélérateur de particules au monde, le LHC avec ses 27 kilomètres de circonférence, bientôt à haute luminosité (2026) et encore plus révolutionnaire.

Le Théatre Forum de Meyrin dit TFM, tout en verre et briques grises abrite une bibliothèque, des salles d’exposition, un jardin d’hiver; il est surtout en mesure dans sa salle de spectacle d’accueillir 40 représentations de qualité chaque saison. Un lieu de culture incontournable dont la réputation dans la région n’est plus à faire. Enfin l’aéroport de Cointrin, le seul du canton, dont on fêtera les 100 ans de la première piste d’aviation en 2022.

 

Le théatre du Forum de Meyrin existe depuis septembre 1995 © Forum Meyrin

Lors de la législature 2006-2010 la commune a mis l’accent sur plusieurs priorités majeures et a donné une impulsion irréversible vers la transition écologique. Ces priorités étaient les suivantes : la préservation de la biodiversité dans l’air, les eaux et dans les sols, l’amélioration de la qualité de l’environnement naturel, la diminution de la dépendance aux énergies fossiles par la promotion des énergies renouvelables comme la géothermie et l’électricité (à 100% renouvelable et suisse depuis 2017 dans le Canton), ainsi que l’encouragement à la mobilité douce afin de réduire le trafic motorisé très polluant.

Pour rendre ces objectifs réalisables, il était nécessaire de constituer un comité intégrant tous les citoyens provenant tant de la société civile, des milieux associatifs, des milieux économiques que de l’administration. Ce comité baptisé Agenda 21 propose et décide des actions à entreprendre en matière de développement durable, de leur mise en œuvre et de leur suivi. Les meyrinois étant appelés à devenir des acteurs de premier ordre au sein de cet élan écologique. Une démarche citoyenne participative honorable.

Meyrin s’affiche aujourd’hui comme une commune à l’avant-garde des principes écologiques.

En 2012, la ville a commandité une étude relative au développement des densifications comme la surélévation afin de contrer de nouvelles emprises au sol. Peu de temps après La Société Parloca a ainsi procédé à la surélévation de deux étages sur un grand immeuble de la ville rue des Vernes. Créant 38 nouveaux logements, Parloca a fait également réaliser un renforcement sismique insérant des poteaux remplis de béton entre la dalle inférieure et la dalle supérieure des 4 premiers étages ainsi que des lames de carbone disposées en croix pour plus de stabilité. La société qui achète dans tout le canton des immeubles afin d’en améliorer les logements, a notamment reçu en 2017 le prix cantonal du développement durable pour cette surélévation à Meyrin.

Meyrin se met au vert :

• En encourageant l’assainissement énergétique des bâtiments privés, et en exigeant de hauts standards pour les bâtiments communaux.
• En organisant la semaine de la mobilité, et en subventionnant l’achat de vélos électriques.
• En pratiquant la levée des déchets compostables directement dans les immeubles et en favorisant la réapparition d’espèces végétales variées, telles que des orchidées indigènes.
• En sensibilisant la population et en particulier les jeunes à la consommation responsable et aux valeurs du développement durable
• En luttant contre le bruit sous toutes ses formes.

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Depuis 2013 une importante réalisation d’éco-quartiers voit le jour. Le programme des Vergers représente 1250 appartements répartis dans 30 bâtiments. Il est basé sur 3 piliers du développement durable que sont la solidarité sociale, la responsabilité environnementale et l’efficience économique. Ce projet d’envergure devrait voir à son terme la construction de logements pouvant accueillir jusqu’à 3000 personnes, des crèches et écoles, des salles de réunion mais également des commerces, le tout sur une superficie de 16 hectares.

L’écoquartier des Vergers, c’est 30 immeubles, plus de 1200 logements © coopérative équilibre

La volonté directrice étant de créer un mode de vie éco-citoyen réduisant véritablement l’empreinte écologique tout en favorisant la participation active des habitants à la vie du quartier.

En 2019, pour les habitants des Vergers l’alimentation bien sûr est un sujet qui tient à cœur. Ainsi une coopérative agricole exploite des cultures maraîchères ainsi que les centaines d’arbres fruitiers non loin. C’est la Fève, le super-marché paysan participatif qui s’occupe de la vente, comme celle d’autres produits tels que le pain, la viande, le fromage et également des conserves provenant d’un autre réseau coopératif. Ne reste qu’à mettre sur pied un poulailler itinérant pour fournir l’éco-quartier en œufs, un projet malin qui devrait bientôt aboutir.

La Fève supermarché innovant et participatif © La Fève

Depuis 2018, la commune rejoint le projet instigué par la Ville de Genève et la Fédération romande des consommateurs  : «  Réparer plutôt que jeter ». Ce programme aussi sain que concret encourage les consommateurs à faire réparer leurs objets, dans le but d’en prolonger la durée de vie et de réduire ainsi leur impact environnemental et social. Sans doute une réplique bienvenue à la très polluante obsolescence programmée, du moins une initiative permet-tant également de soutenir les commerces de proximité et les emplois locaux dans le secteur de la réparation.

Le jardinage collectif entre voisins à Meyrin ©2019 Plateforme participative de l’écoquartier des Vergers

«  Les valeurs qui caractérisent l’économie sociale et solidaire sont la recherche de l’intérêt collectif, la transparence, la gestion démocratique et participative, la primauté de la personne sur le capital, la lucrativité limitée ou la non-lucrativité selon le statut de l’entité, l’autonomie par rapport à l’État, et la limitation des impacts écologiques » peut ainsi énoncer fièrement la mairie dans les pages d’informations de son site web.

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Une population croissante et diversifiée

• En 1960, Meyrin comptait 3 000 habitants, 20 ans plus tard en 1980 ils sont 19 000, le village se transforme en ville.

• Après Genève, Veyrier et Lancy, aujourd’hui c’est la 4e ville la plus peuplée du canton avec 25  200 habitants.

• La commune a dénombré pas moins de 100 nationalités, à savoir : 36 % de Genevois, 20 % de confédérés et 44 % d’étrangers.

• La densité de cette population mixte atteint près de 2 500 habitants au km2 répartis dans 10 400 logements.

Ainsi cette ville cosmopolite (au cœur du Pays de Gex) s’est tournée résolument non seulement vers la modernité, mais vers une modernité responsable en optant pour de nouveaux programmes de constructions d’habitats collectifs écologiques et favorisant l’interaction sociale. La commune vise à réduire les gaz à effet de serre de même que la consommation d’eau. Les habitants s’engagent à améliorer leur recyclage et à restreindre l’usage des transports individuels. Enfin ils souhaitent militer au quotidien, le leur, contre la ségrégation sociale et générationnelle, preuve supplémentaire d’une conscience collective tournée vers l’autre. Un objectif citadin civilisé et donc méritoire.

 

Texte de Laurence M. Emilian.
Cet article est paru dans le numéro 9 de m3 MAGAZINE.

m3 GROUPE au coeur de Meyrin.

Situé au cœur de la Cité, Meyrin Centre, qui est l’un des tout premiers centres commerciaux de Suisse, a été conçu en 1963 par l’architecte et urbaniste Georges Addor. Le centre a plus de trois millions de visiteurs par année avec environ 45 commerçants actifs. m3 GROUPE en est devenu le propriétaire en février dernier, avec le souhait de le développer et le moderniser, notamment en y apportant plus de services et de valeur ajoutée pour les clients, les commerçants et la commune.

Genève, vers une économie du partage

Des initiatives genevoises pour repenser nos habitudes

Partager et mettre en commun au lieu de posséder ; l’accès plu-tôt que la propriété ; le réseau plutôt que le marché ! L’économie collaborative se base sur l’ « usage partagé » ou l’échange entre particuliers de biens, services, espaces et compétences, avec ou sans échange monétaire. L’ensemble des initiatives de ce dos-sier proposent diverses manières de créer du lien social. Parta-ger son bureau ou sa voiture, acheter ses légumes directement au producteur, voyager en covoiturage, mutualiser les espaces de vie et les objets… Certaines initiatives réussissent même à associer participation citoyenne, solidarité sociale, responsabi-lité environnementale et efficience économique.

Texte : Nicole Martinez & Julie Des Essanges

Coworking, des espaces de travail au croisement de l’échange et de l’innovation

L’explosion des espaces coworking à Genève est incontestable. Bien plus que des bureaux partagés, le coworking offre de belles opportunités aux professionnels genevois de collaborer et mutualiser leurs compétences. Voisins, Impact Hub Geneva et GOWO rassemblent startups, freelances, entre-preneurs, artistes et professionnels du développement sous le même toit, favorisant ainsi les échanges et la créativité. Au cœur de Plainpalais (8 rue des Voisins), le coworking café Voisins s’efforce de répondre aux nouveaux besoins des travail-leurs genevois. Pour cela, il met à disposition des espaces de travail partagés, des salles à louer, un café et un agenda riche en événements networking.

Le réseau IMPACT HUB Geneva, situé au quartier des Grottes (1 Rue Fendt) soutient, lui, le développement d’une communauté internationale de coworking, de conseil et d’innovation sociale. Il héberge également des entreprises telles que Flowminder qui regroupe les don-nées de géolocalisation des téléphones mobiles afin de réaliser des cartes de déplacement de population utilisées pour l’aide humanitaire et l’aide au développement ; Antistatique, une agence web qui propose des services de maintenance pour les plateformes web, vidéo et photographie ; et FabLab Onl’Fait, une organisation qui fournit à ses utilisateurs les ressources techniques et technologiques nécessaires pour la conception. En effet, ces nouvelles formes de travail attirent de plus en plus les entreprises qui souhaitent être plus flexibles et rationaliser leurs coûts. La plateforme numérique GOWO offre un accompagnement outillé sur mesure pour trouver les espaces coworking les plus adaptés aux besoins de chaque entreprise sur l’agglomération genevoise. Une manière égale-ment de contribuer à un meilleur équilibre vie professionnelle – vie privée des individus en rationalisant les déplacements.

Les nouvelles générations pénétrant le marché du travail sont à la recherche d’un cadre de travail agréable et esthétique, propices aux rencontres et à l’inspiration. Il y a définitivement un lien de cause à effet : le nombre croissant d’indépendants et la flexibilité de certaines entreprises abattent les murs qu’il y a pu avoir auparavant entre industries et taille d’entreprise. Il faut quand même souligner qu’espace de coworking ne veut pas nécessairement dire espace de travail collaboratif. Cependant, c’est aux opérateurs des coworking de nourrir et pro-mouvoir ces échanges entre membres.

Genève est un hub international où mixité et diversité rencontrent des années de tradition dans l’humanitaire, l’entraide et la médiation. Cependant, les nouveaux concepts prennent plus de temps à être adoptés en Suisse qu’ailleurs. À Genève, on s’inspire des grandes métropoles (par exemple  : Amsterdam, Londres, Berlin)  ; on voit ce qui fonctionne et on peut éviter ainsi de refaire les mêmes erreurs. Ce qui est sûr c’est que le monde de la location de bureaux est en plein chamboulement. Les entreprises ont de plus en plus besoin de flexibilité mais aussi de confort pour pou-voir se concentrer sur leurs activités. Ne plus avoir à gérer la logistique de la fonction bureaux est donc un point qui joue en faveur des espaces de coworking, à l’in-verse de la location classique.

Offrir des services tels que les nôtres nous permet d’être au cœur de l’innovation entrepreneuriale. Nous côtoyons tous les jours des gens captivants, porteurs de projets, créateurs et preneurs de risques. Les voir évoluer et collaborer mais aussi contribuer à leur réussite est quelque chose de très gratifiant qui nous pousse à toujours vouloir faire plus. Les coworkers sont une source de motivation et stimulation tout autant pour la communauté que pour nous, l’équipe Voisins.

L’innovation est au cœur du développe-ment de l’économie collaborative car nous évoluons dans un milieu où les ressources sont limitées et les coûts de la vie et de la main-d’œuvre sont élevés. Ce pouvoir d’innovation est facilité par les rencontres entre professionnels de différentes indus-tries, qui génèrent des synergies et un flot de créativité qui n’auraient pas eu lieu il y a quelques années.

www.voisins.ch

Genève est un carrefour historique, riche d’un brassage de population internationale qui a donné une grande diversité d’entre-prises. Ce tissu entrepreneurial est un terreau idéal pour l’implantation d’incubateurs qui soutiennent à leur tour l’innovation. Certaines initiatives sont particulièrement engagées, citons notamment Impact Hub Network ou APRÈS-GE qui soutiennent les projets d’économie sociale et solidaire. Ces dix dernières années, les incubateurs d’entreprises, souvent associés à des espaces collaboratifs, ont également contribué au développement d’une offre de tiers lieux, ce qui renforce d’autant plus l’attractivité du territoire. La présence d’organisations internationales et la position frontalière de Genève permettent à certains projets de bénéficier d’une dimension internationale dès leur création et d’avoir un potentiel d’impact plus important.

À Genève, les espaces de cowkorking restent majoritairement en centre-ville, là où la de-mande initiale, issue des start-uper et des freelances, est la plus soutenue. Pour autant les perspectives offertes par ces lieux de travail partagés sont nombreuses. Ils sont notamment une réponse à la rationalisation de la mobilité qui est un enjeu fort pour l’avenir. Il y a, en effet, un réel besoin de développer l’offre de périphérie afin d’apaiser la circulation dans l’agglomération. Un seul jour par semaine de télétravail, à domicile où en espace de coworking, permettrait une réduction des déplacements de l’ordre de 6% ! Un grand pas en avant vers la suppression des difficultés de circulation liées aux déplacements pendulaires, sachant qu’il suffirait d’atteindre 10 à 15% de déplacement en moins pour supprimer totalement ces difficultés.

GOWO est le maillon nécessaire entre les espaces de travail, les collaborateurs et les entreprises qui souhaitent proposer de nouveaux cadres de travail, optimiser leur organisation et réduire leur impact environnemental. Pour-quoi ? Car la vitesse à laquelle les usages et l’offre se développent fait qu’il est très difficile pour une organisation d’identifier les meilleures opportunités en temps réel. C’est ce que nous faisons ! Nous contribuons à la visibilité d’une offre qui existe mais qui reste malgré tout mal connue, notamment de la part des managers et décideurs en entreprise. Notre connaissance du marché nous permet de proposer les lieux de travail les plus adaptés à la culture et aux attentes de chaque organisation. »

www.gowo.network

L’échange B2B inter-entreprises de ressources inutilisées

Locaux sous occupés, matériel sous utilisé, compétences et services disponibles une partie du temps. Voilà la réalité dans de nombreuses entreprises ! Non utilisées, les ressources ne rapportent rien mais mises à disposition sur une plateforme en ligne, elles peuvent être utilisées par d’autres entreprises à moindre coût et être ainsi valorisées. C’est le pari de la startup B2B Cherry et de sa plateforme digitale mettant en relation les entreprises entre elles afin qu’elles puissent par-tager, à moindres frais, les ressources qu’elles n’utilisent pas à 100% : services, compétences, locaux, mobilier de bureau, places de parking, espaces de stockage ou véhicules. Aucun argent n’est échangé sur la plateforme : les ressources par-tagées sont évaluées en points, appelés « Cherry Coins ». En partageant leurs ressources, les entreprises récoltent des Cherry Coins qu’elles peuvent ensuite utiliser pour bénéficier ponctuellement d’autres ressources. Actif depuis juin 2019, le modèle B2B Cherry a déjà séduit une centaine d’entreprises de l’arc lémanique, actives dans la finance, la construction, l’architecture, l’événementiel, la culture, la santé ou le social.

Genève est une ville innovante et cosmopolite qui intègre le digital aux solutions permettant d’inscrire son système économique dans une perspective de développement durable. Une ville qui encourage la mobilité douce, les projets d’efficacité énergétique des bâtiments, le co-working, le co-voiturage, le crowfunding, etc. Ces atouts lui permettent d’accueillir et de développer de nouveaux modèles socio-économiques tels que l’économie de partage.

Le partage de ressources entre entreprises fera partie de l’avenir des sociétés genevoises. Lors de creux ou de pics d’activité, il sera commun et évident d’utiliser les ressources ponctuellement et à moindre coût plutôt que d’acquérir. Il sera normal de ne pas gaspiller, normal de partager, de ne pas dépenser inutilement afin d’avoir plus de trésorerie pour les « bons investissements ». Ce modèle existe déjà, notamment dans les petites régions à fort esprit collaboratif  : on se rend service ; on fait du troc ; on échange. Mais à petite échelle et pas forcément de manière contractualisée ou assurée.

B2B Cherry offre une solution économique à travers un outil digital permettant de mutualiser et ainsi d’économiser et de valoriser ce qui ne l’était pas. Les grandes entreprises ont plutôt du matériel et des locaux à mettre à disposition et les plus petites, des compétences. Cela répond aux besoins ponctuels de part et d’autre. Il n’y a plus qu’à enrichir cette base de données afin qu’elle soit riche et variée. Il s’agit également d’une solution écologique car elle permet – en optimisant et réutilisant – de limiter la sur-consommation des entreprises qui agissent ainsi en faveur de l’environnement. Plus un produit est utilisé et réutilisé dans le temps, plus les besoins des consommateurs iront vers la longévité, plus les fabricants adapteront leurs productions dans ce sens et augmenteront la durée de vie des produits. »

www.b2bcherry.com

La mobilité partagée

Diverses initiatives genevoises réussissent à rendre compatible la mobilité et le partage. Leur objectif : réduire le coût de nos déplacements en ressources et en énergie tout en misant sur l’utilisation partagée des véhicules. La Mobility Société Coopérative est le principal prestataire de services du pays dans le domaine de la mobilité partagée. Sa mission est de fluidifier la circulation à Genève et de réduire la consommation énergétique en diminuant le nombre de voitures personnelles. Pour cela, Mobility propose trois services de car-sharing, disponibles en libre-service 24 heures sur 24 : Mobility Return – le car sharing classique avec emplacements fixes ; Mobility One-Way pour des déplacements d’un point A à un point B ; Mobility Go – le car sharing en free-floating, permettant de trouver un véhicule via son smartphone, d’en prendre le volant sans réservation préalable et de le laisser ensuite à peu près n’importe où.

Depuis 2008, les rues de Genève voient circuler des vélos-cargos électriques mis à disposition sur la plate-forme de partage Carvelo2Go, dont l’objectif est de soutenir une nouvelle forme de mobilité durable fondée sur le partage. Cette initiative est le résultat d’une collaboration entre l’Académie de la mobilité, basée à Berne, et le Fonds de soutien Engagement Migros. Carvelo2Go permet la location de vélos-cargos électriques pour faire ses courses, transporter du matériel ou emmener ses enfants en balade ! Le vélo-cargo électrique représente un moyen de transport efficace permettant de transporter jusqu’à 100 kg sur une distance de 50 à 60 km, sans produire d’émission de CO2 et tout en réduisant les coûts de mobilité. Cette initiative permet, à la fois, de réduire le trafic et de promouvoir l’interaction sociale dans les quartiers en soutenant l’économie locale, plus précisé-ment les marchands de vélos et les « hôtes » des vélos-cargos. La plateforme compte aujourd’hui 17 000 utilisateurs inscrits et 300 vélos-cargos répartis sur 70 villes et communes suisses.

« Genève offre la possibilité de rester mobile à tout moment même sans posséder de voiture privée. De nombreuses offres de mobilité partagée voient le jour afin de fluidifier le trafic routier, de diminuer le nombre de voitures personnelles et d’optimiser les trans-ports. De même, le réseau pour les cyclistes et la mobilité douce s’étendent avec la Voie verte et le Léman Express. Mobility offre la possibilité aux Genevois d’avoir la voiture de leur choix au moment où ils en ont besoin de manière spontanée ou en réservant à l’avance, tout en restant flexible et mobile. Nous souhaitons que les générations de demain comme celles d’aujourd’hui puissent être mobiles en toute liberté, dans un monde viable et convivial. Nous combinons les atouts des transports publics et du transport individuel. En outre, l’utilisation de l’un de nos véhicules se traduit par une dizaine de voitures privées en moins sur les routes. Notre responsabilité sociale se reflète dans l’impact positif et écologique de nos services. »

www.mobility.ch

Une autre plateforme genevoise mise sur la mobilité partagée des particuliers et entreprises avec la particularité que ces derniers sont conduits dans le confort de leurs propres véhicules ! En effet, BeMyDriver met en relation des chauffeurs professionnels (sans véhicule) avec des particuliers ou des entreprises. Sur la plateforme il est possible d’engager un chauffeur privé, rémunéré à l’heure, pour les déplacements de ses clients, une virée shopping, une excursion familiale, optimiser sa sortie soirée, amener sa voiture au garage/service des autos, se déplacer après un retrait de permis, etc.

bemydriver.com

Partage d’objets réutilisables voués à être jetés

Pourquoi jeter quand on peut réparer et réutiliser ? Pourquoi acheter quand on peut emprunter ? Ces deux dernières années, le quartier de la Jonction a vu émerger de nouvelles initiatives visant le partage et la mise en communauté d’objets dans un but social et écologique. Le principe : mettre en commun ou donner un nouvel usage aux objets pour ainsi favoriser le lien social mais aussi, à terme, réduire la quantité de déchets produits. Située au 18 rue du Vélodrome, La Manivelle fonctionne comme une bibliothèque dont les membres peuvent emprunter pour une semaine une large gamme d’outillage et de matériel. Basée sur des valeurs de sobriété, d’entraide et de respect de l’environnement, la coopérative vise à réduire la consommation et créer une communauté citoyenne. Pour emprunter des objets, il faut acheter, pour 100 francs, une part sociale de la coopérative. Les 500 objets et outils proviennent essentiellement de dons de particuliers et sont partagés par les 190 membres de la communauté !

De bonne qualité et souvent en bon état, les matériaux finissent souvent leur vie dans un incinérateur. Grâce au « réemploi », on peut prolonger le cycle de vie des objets en leur donnant un nouvel usage ! C’est ce que défend l’as-sociation Materiuum qui a pour but de collecter, valoriser et revendre, à prix réduits, les matériaux de seconde main, issus du secteur culturel et des entreprises du canton de Genève. Cette ressourcerie de matériaux réutilisables, voués à être jetés, est le fruit d’une prise de conscience écologique : le milieu culturel genevois génère un gaspillage de matières premières considérable. Bricoleurs, designers, architectes ou créateurs peuvent désormais trouver au 2 Rue du Vélodrome tout type de matériaux bruts, éléments de construction et produits manufacturés : bois, visserie, textile, planches, panneaux, tubes métalliques. Une boutique en ligne permet également de faire ses emplettes, on vient ensuite chercher les matériaux à la ressourcerie.

« Nous achetons et stockons des objets que l’on utilise si peu… c’est incompréhensible si l’on considère l’efficience de l’ « investissement  » que représentent ces achats. Le partage d’objets n’est pas une simple lubie d’écolo-bobo-hippie mais une pratique nécessaire pour réduire notre empreinte écologique. Le partage d’objets peut nous permettre de diviser par 10, voire par 20, la quantité d’objets consommés, et ainsi la quantité de déchets produits.

De plus, ces déchets sont à la charge des collectivités et donc de nos impôts ! La généralisation des bibliothèques de partage d’objets à Genève permettrait d’améliorer le pouvoir d’achat des ménages en limitant les dépenses inutiles. Avec La Manivelle, nous souhaitons promouvoir une vraie philosophie sociale qui privilégie le droit d’usage au droit de propriété, l’emprunt à l’achat, pour ainsi favoriser une vie de quartier collaborative et solidaire. La bibliothèque d’objets doit être considérée comme un bien commun. Afin d’encourager ceci, nous sommes en train de développer des «  mini-Manivelles  » dans les communes de Carouge, Vernier et Lancy. Il s’agit également de garantir un service de proximité : les habitants doivent pouvoir venir emprunter les objets à pied ou à vélo.

Les consommateurs genevois deviennent de plus en plus « acteurs » de l’économie locale à travers les diverses coopératives d’habitation, les épiceries participatives et en vrac (Le Nid, la Fève et le Bocal Local), la ressourcerie Materiuum, le Grand Atelier, entre autres. Genève est également un centre favorable à l’innovation grâce à la présence de nombreuses organisations de promotion de entrepreneuriat social, telles que Impact Hub qui a récemment lancé un programme national sur l’économie circulaire. Les collectivités jouent également un rôle essentiel dans la promotion de l’économie collaborative : la Manivelle a, en effet, obtenu le soutien du programme G’innove de la Ville de Genève ainsi que la Bourse cantonale du développe-ment durable 2019. »

www.manivelle.ch

«  À travers Matériuum, nous cherchons à sensibiliser et promouvoir le réemploi des matériaux au sein de différents milieux professionnels, tels que le secteur culturel et le secteur de la construction qui sont de grands consommateurs de matériaux. Alors qu’en Suisse allemande de nombreuses initiatives favorisant le réemploi existent depuis les années 1990, nous somme pionniers en Romandie. Nous essayons également de soutenir la création à Genève en favorisant l’accès de matériaux de seconde main au créateurs, créatifs et constructeurs.

L’association Matériuum c’est également des compétences ! Spécialisés en flux de matières et d’énergie, en design, en développement durable, en pédagogie, en art et en commissariat d’exposition, nous proposons des formations en réemploi aux scolaires ainsi que diverses expertises scientifiques aux maîtres d’ouvrage, responsables d’ex-position, institutions, entreprises et créateurs.

Notre souhait est que la réutilisation des matériaux devienne un réflexe spontané pour tous et supplante progressivement l’achat de matériaux neufs. L’association conduit actuellement, en collaboration avec la plateforme Salza, une étude sur le réemploi des matériaux de construction mandatée par l’Office fédéral de l’environnement. Cette étude permettra d’accorder plus de reconnaissance et de légitimité au réemploi.

Le réemploi des matériaux ne devrait pas être une solution secondaire, un «  plan B  » en cas de budget limité, mais bien un choix économique conscient. Les matériaux je-tés sont souvent en très bon état et de très bonne qualité, donnons-leur la chance de d’avoir un cycle de vie plus long !

Les pouvoirs publics devraient encourager davantage le réemploi dans le cadre des projets de rénovation et de construction. Genève est une ville riche où la question du réemploi ne devrait pas se poser comme une alternative économique bon marché mais comme une opportunité de préserver les matières premières et l’énergie, et de favoriser ainsi une autre économie, plus circulaire, plus humaine. »

www.materiuum.ch

Les « circuits courts », une alimentation participative et de proximité

Les circuits courts fleurissent à Genève et renouvellent la façon dont on se nourrit. Le consommateur devient acteur. Il donne du temps et s’engage à faire vivre une agriculture rentable, durable, locale et sociale. Grâce à l’agriculture contractuelle de proximité, les consommateurs peuvent acheter directement aux producteurs, en réduisant ainsi le nombre d’intermédiaires et les transports. Située à Hermance, la ferme biologique Les Potagers de Gaïa propose des paniers de légumes hebdomadaires vendus sur un marché de vente à la ferme afin de garantir le lien direct entre producteur et consommateur. Consommateurs et producteurs signent un contrat qui les engage mutuellement pour la saison. Ce contrat évite la surproduction et assure un prix rémunérateur au producteurs tout en évitant les intermédiaires. Les clients peuvent ainsi venir chercher leurs paniers à la ferme, visiter les cultures et échanger avec ceux qui produisent ce qu’ils mangent ! De même, les épiceries coopératives encouragent la participation citoyenne, le lien social et la production agricole. Prenons l’exemple de l’épicerie Le Nid qui est à la fois un lieu de sensibilisation, d’échange et de partage autour des enjeux alimentaires. Pour devenir coopérateur, il faut acheter des parts sociales de 40 à 200 CHF selon son statut et donner 2 heures par mois de son temps pour faire fonctionner le magasin (caisse, rangement, communication). Cela donne accès aux magasins, ainsi qu’au processus de décision lors des assemblées générales.

« Le Nid est né de la volonté de huit jeunes de garantir l’accès à une alimentation saine et variée au plus grand nombre. Et ceci tout en garantissant un salaire juste aux agriculteurs locaux. Le modèle économique coopératif et participatif permet ceci ! En limitant les intermédiaires et en soutenant les producteur.trice.s locaux.locales, Le NID contribue au développement d’une agriculture durable, locale et de saison. L’existence du Nid et l’explosion de pro-jets coopératifs à Genève prouvent que la collaboration est un modèle économique viable aussi bien dans le domaine de l’alimentation que de l’immobilier et l’informatique. Toutes ces initiatives bénéficient d’un véritable soutien des institutions. De notre côté, nous appuyons l’émergence d’épiceries participatives dans d’autres quartiers de la ville de Genève. Toujours dans une optique bottom-up, c’est-à-dire en soutenant les citoyens qui souhaiteraient lancer ce type d’initiative dans leur quartier. »

www.lenid.ch

Des produits frais préparés par des artisans locaux et livrés le jour même en voiture électrique. Cette nouvelle plateforme en ligne permet de se procurer des denrées de qualité, genevoises, produites par les meilleurs artisans du canton. À la carte, des fromages de chez Bruant, des poissons de chez Lucas, de la viande de la Boucherie du Palais, des légumes GRTA, des petites graines bio, des bières, des huiles. Préparés à la demande le jour de la commande (avant midi), les produits sont livrés le jour même dans des sacs de jute ou des caisses de bois à l’ancienne afin de réduire les emballages au maximum. Ce concept inédit en flux direct permet d’éliminer le gaspillage de nourriture, de promouvoir les artisans indépendants et de vous servir en un temps record.

2ÈME AU PRIX SUD DE LA STARTUP DURABLE, ORGANISÉ PAR LE TEMPS.

www.magictomato.ch

« Nous nourrissons environ 200 familles sur le canton avec des légumes de haute qualité, cultivés sans aucun produit chimique de synthèse et qui voyagent au maximum 25 km de notre lieu de production à Hermance.

Toutes les récoltes sont vendues selon trois possibilités :
• Panier hebdomadaire de légumes, les clients s’inscrivent pour une saison complète du mois de mai au mois de décembre.
• Vente directe à la ferme sur un marché self-service et self-paiement ouvert 7 jours sur 7. Le client fait son addition lui-même et paie avec l’appoint ou par l’application TWINT.
• La ferme vend également à quelques restaurants engagés qui s’adaptent à sa production de saison : l’Auberge d’Hermance, l’Athénée 4 en vieille ville, le Tablar, Mu Food et Bekind café situés en centre-ville.

L’agriculture contractuelle de proximité à Genève est déjà dotée de nombreux projets sur le canton mais je pense que ceci doit prendre plus d’ampleur. Il existe une véritable demande de la population qui est de plus en plus soucieuse de préserver sa souveraineté alimentaire. »

www.potagersdegaia.ch

Une autre initiative genevoise L’Unique Livraison met à l’honneur la mobilité douce et le zéro déchet, tout en essayant de créer une relation durable et familiale avec les utilisateurs. Ce service de livraison à vélo propose des plats végétariens ou véganes qui sont servis dans des récipients en verre, livrés puis récupérés par un coursier à vélo.

Avec L’Unique Livraison, nous souhaitons proposer un service respectueux des Hommes et de l’environnement tout en suscitant des moments de partage. Je suis heureux de pouvoir véhiculer des valeurs de partage et d’écoresponsabilité par le biais de ma passion pour la cuisine. Et aussi de constater l’engouement des clients pour ce genre d’initiative ! En effet, de plus en plus de personnes veulent repenser leur façon de consommer. Cela me donne beaucoup d’espoir quant à l’avenir de notre planète.

À Genève, la plupart des acteurs économiques ont la volonté de collaborer plutôt que d’être dans une course à la concurrence. Les initiatives collaboratives sont plus propices de se développer dans certains quartiers où la vie communautaire est déjà très forte, tels que les quartiers des Grottes et de la Jonction. Les communes de Lancy et Carouge sont également très impliquées dans l’économie collaborative et essaient de valoriser les initiatives durables et locales. »

Plus d’infos à luniquelivraison@gmail.com

Les coopératives d’habitation

Équitable, convivial et de qualité, l’habitat participatif implique une réflexion sur notre mode de vie urbain dans une optique de transition écologique et sociale. Les coopératives d’habitation impliquent les habitants dans la construction de leur immeuble et la création de lieux de vie durables et solidaires. Créée en 1994, la Codha est une coopérative d’habitation historique qui œuvre pour la création d’un véritable vivre-ensemble à travers l’entraide et la prise de décision collective. Elle rassemble 1 200 logements et 4 000 coopérateurstrices, d’âges et de milieux différents, souhaitant participer ensemble à un projet d’habitat. La Codha défend surtout un autre rapport au logement, basé sur la participation, la convivialité et la solidarité. C’est dans cette perspective qu’un nouveau mode d’habitation intergénérationnel, les clusters, a vu le jour dans l’immeuble d’Artamis, situé dans l’écoquartier de la Jonction. Ces appartements avec chambres et salles de bain privées, disposées autour d’espaces de vie communs, sont partagés par des personnes « senior » et des étudiants ou des familles monoparentales. Étendre l’économie collaborative à l’échelle de tout un quartier, c’est l’objectif du projet d’Écoquartier Les Vergers à Meyrin (rue des Arpenteurs – rue des Coopératives) !

D’ici 2020, 1  350 nouveaux logements et équipements publics seront bâtis à Meyrin de concert avec ses futurs habitants. Près de 3 000 nouveaux habitants et 10 000 m2 de surfaces commerciales occuperont un terrain d’une superficie d’environ 16 hectares. Dans ce futur quartier participatif, tous les coopérateurs s’impliquent dans la conception des logements qu’ils vont habiter et dans lesquels ils investissent des fonds propres. De plus, les activités commerciales et agricoles fonctionneront en synergie : les aliments de première nécessité seront produits, transformés, vendus, consommés et compostés dans le quartier ! La production de la Ferme de la Planche et des artisans sera vendue au marché paysan participatif La Fève et l’Auberge des Vergers proposera des repas entre voisins avec les invendus du marché.

«  La Codha s’efforce de développer des quartiers et des surfaces d’activités qui dé-fendent une dynamique économique fondées sur le partage et l’écologie. L’écoquartier des Verges à Meyrin en est un exemple. Il s’agit d’ailleurs d’une démarche politique extraordinaire car la ville de Meyrin a déci-dé de mettre à disposition des coopératives participatives 600 logements. Les coopératives partenaires de ce projet, dont la Codha, ont initié une réflexion globale, à l’échelle du quartier, sur l’habitat mais aussi l’alimentation et la mobilité. Nous soutenons ainsi financièrement la création de commerces qui correspondent à nos valeurs, comme le Supermarché Participatif Paysan, La Fève. Ce supermarché auto-géré par ses membres, clients et paysans, pro-pose des produits dont on connaît la provenance et la façon dont ils ont été préparés, autrement dit des aliments sains produits par des paysans et artisans locaux !

Au sein de l’Écoquartier Jonction, nous avons créé notre propre système de mobilité partagée, Codhality ! Quatre véhicules sont désormais disponibles en usage partagé afin d’offrir aux coopérateurs-trices une alternative durable à la mobilité individuelle, tout en proposant un système d’autopartage qui soit à la fois performant et économiquement intéressant. Nous essayons ainsi de trouver des solutions pour réduire l’empreinte écologique des coopérateurs-trices, le nombre de véhicules dans le quartier et les places de parking inutiles. »

www.codha.ch

Cet article a été publié dans m3 MAGAZINE, Numéro 8.

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m3 HÔTEL FERNEY : Une expérience client inédite

En avril dernier, le premier m3 HÔTEL a ouvert ses portes au cœur de Ferney-Voltaire. Cet établissement de catégorie 4 étoiles renouvelle l’offre hôtelière « business » genevoise en proposant 24h/24h une « expérience client » inédite. Sa proximité directe avec l’aéroport de Genève et Palexpo en fait une étape privilégiée pour les touristes d’affaires et les voyageurs de loisirs de passage à Genève.

 

Texte de Anne Southam Aulas, directrice m3 HOSPITALITY

Confort et efficacité sont au cœur de l’ADN du m3 HÔTEL FERNEY. La décoration mêlant modernité et originalité est présente dans l’ensemble des 127 chambres, suites et appartements de 25 à 60 m2. L’hôtel propose un très large choix de prestations que les clients peuvent comman-der en ligne grâce au service de conciergerie virtuelle : chauffeur depuis l’aéroport, vêtements de rechange, carte des oreillers, champagne en chambre, séance de yoga, excursions à vélo, visite du Château de Ferney, etc. La conciergerie virtuelle est un service personnalisé et rapide permettant aux clients de préparer leur séjour à l’avance en simplement quelques clics. Les clients pressés peuvent ainsi commander tous leurs extras avant leur arrivée à l’hôtel.

Un pre-check-in online est également possible : les clients qui n’ont pas de temps à perdre peuvent s’enregistrer avant leur arrivée ; un QR code leur est ensuite envoyé, sésame pour disposer de sa chambre en quelques minutes, via les bornes de check-in de l’hôtel. L’accueil n’en est pas pour autant négligé, le personnel s’assurant du bon déroulement de l’opération tout en mettant les hôtes à l’aise avec cette nouvelle technologie. Sept minutes pour atteindre son lit après une journée de travail ou de voyage, voilà un gain de temps appréciable !

Une réunion de travail qui se prolonge, un dernier avion/train raté, l’hôtel s’assure de satisfaire les besoins inatten-dus des clients en déplacement professionnel. Des points de restauration rapide, tels qu’un buffet permanent et un bar à fruits, sont disponibles afin de permettre à la clientèle de manger frais à n’importe quelle heure. De plus, la boutique du voyageur dispose d’une large gamme de vêtements et produits de première nécessité destinés aux voyageurs en transit dont le vol ou le train a été annulé.

Dans la mouvance de l’hôtellerie décontractée d’au-jourd’hui, le m3 HÔTEL FERNEY conjugue sans complexe modernité, service et confort dans une gamme de prix plus qu’abordable. Gageons que le premier fleuron du groupe m3 HOSPITALITY présage de nombreux autres établissements à succès.

Cet article est paru dans m3 MAGAZINE numéro 7.

Cuisines et salles de bains : tendances 2019

À chaque saison ses nouvelles passions pour une déco réinventée dans ces deux lieux clefs de la maison. Décryptage des engouements printemps-été 2019

Texte de Julie Des Essanges

Devenue le lieu névralgique de la maison, la cuisine évolue elle aussi dorénavant au gré des modes, des collections, et le garde-manger tel une garde-robe se fait régulièrement une nouvelle beauté. Les cuisines immaculées n’ont plus vraiment la cote, la gamme chromatique va spontanément vers les anthracites, faux noirs et bleus profonds ou, a contrario, ose les teintes poudrées et délicates telles le rose porcelaine ou le vert céladon, douces et apaisantes comme celles d’un bouquet, ne sommes-nous pas déjà au printemps ? Ouverte sur le salon, la cuisine opère maintenant un repli pour encore plus d’intimité et on note le succès continu des verrières qui, depuis 10 ans, ne se dément pas. Ce châssis transparent est un compromis de génie qui délimite les espaces tout en les gardant visuellement en contact, sans parler de son effet atelier, charmant.

La cuisine s’émancipe

Les cuisines en 2019 présentent des rangements divers et multiples, ouverts et fermés, pour les plus design sans poignées : une simple pression donne accès à leur contenu. Fini le temps où l’on allait chercher son faitout au fond du placard, maintenant muni de tiroirs coulissants, souvent grand format, ils viennent à nous avec toute la batterie de casseroles dont nous avons besoin. Chaque année les cuisinistes déploient des trésors d’ingéniosité pour trouver les rangements les plus fonctionnels et attrayants, spécifiquement dédiés aux bouteilles, aux couverts et ustensiles divers, à l’épicerie, jusqu’aux gamelles du chien escamotables. Sur le même principe, l’îlot central, sorte d’imposant tableau de bord toujours demandé par la clientèle, sait maintenant se dédoubler d’une table ou du moins d’un élément rectiligne pour prendre ses repas. S’escamotant parfois facilement, cette astuce tech-nique permet de jouer sur l’espace dédié et de tenir compagnie au chef pendant ses compositions culinaires.

Mix and match

Cette année les cuisines « stylées » portent du bois, du chêne clair de préférence qui habille le sol et les portes de meubles, parement vertical et horizontal à l’aspect brut que l’on sait marier en contraste avec des matériaux tout aussi authentiques tels le béton, le métal ou l’ardoise, histoire de lui donner du caractère et du relief.
Si les nouveaux couverts sont des outils pour manger aux formes revisitées, tels la fourche, la pince, la cuillère-fourchette, déclinées en métal découpé au laser, céramique émaillée ou laquée, c’est pour mieux la mixer avec une vaisselle en contraste, match des effets  : épuré, éthique, Art Déco, graphique, bois. La vaisselle quant à elle juste-ment, elle s’expose, on a retrouvé les vaisseliers des cuisines d’antan, rajeunis, repeints, ils permettent d’exhiber verres et assiettes joliment disposés dans une cuisine pourtant résolument moderne, un nouveau mix & match réussi. De même, une touche plus personnelle souvent vintage vient personnaliser la pièce : un tapis, une petite bibliothèque, un tableau ancien, repères familiaux la rendant unique et chaleureuse au-delà de toute modernité.

Écologique et connectée

Notre XXIe siècle sera écologique ou ne sera pas, du moins pas longtemps… Partout dans la maison et y compris dans la cuisine, on tente d’appliquer au mieux les préceptes verts : lumière à basse consommation, appareils les moins énergivores possible. Les lave-vaisselles tournent avec un volume d’eau minimal et le four à bois connaît un regain d’intérêt, l’espace poubelle est quant à lui forcément sélectif. La technologie permet de surcroît d’avoir une cuisine connectée et, de son téléphone portable, de tout programmer et commander à distance : préchauffer le four, connaître le contenu du réfrigérateur, mettre en symbiose les différents appareils pour son retour à la maison.
Enfin il faut évoquer le goût constant des consommateurs pour des engins culinaires de professionnels  : cuisinière high-tech, robots polyvalents : extracteur de jus, multi-cuiseur intelligent, cave à vins design… Bref un matériel de compétition pour des champions comme à la télévision ! La cuisine 3.0 est décidément en pleine mutation.

La salle de bains devient boudoir graphique

Antre de l’intimité, longtemps lieu d’exercice de toutes les féminités, la salle de bains est devenue véritablement mixte et se partage aujourd’hui plus équitablement. Les doubles vasques sont maintenant courantes et dans les grands espaces, la douche à l’italienne de Monsieur côtoie la baignoire XL de Madame. La première nouvelle inspiration de l’année, pour ce lieu où l’on passe de plus en plus de temps, est son graphisme, la volonté d’en prononcer les lignes. Le noir va permettre la manœuvre et sur un fond neutre en suivant contours, bordures, démarcations, dessiner des formes géométriques stylisées. Résolument moderne, la salle de bains apparaît épurée voire agrandie, tandis que les lignes noires font saillir ses reliefs. Le mariage du blanc et du noir est ainsi plus que jamais tendance et perpétue une forme de classicisme dont le goût et l’allure ne se démentent pas.

Bicolore ou pas, ce boudoir nouvelle génération se rap-proche de la chambre à coucher pour parfois fusionner avec elle. Là encore les châssis en verre sont des atouts majeurs pour faire de la salle de bains, son annexe volontairement exposée. À ce jeu de transparence que confère la verrière, on peut lui préférer la dissimulation et derrière une très haute tête de lit telle un paravent, découvrir l’intégralité de la salle d’eau joliment agencée, les deux pièces ne faisant qu’une.

Lieu inventif

En 2019 le bois, là aussi, y fait son apparition de plus en plus : parois, cloisons, étagères, il se montre chaleureux et oppose à la blancheur souvent environnante sa nature vivante surtout lorsqu’il est agrémenté de quelques hautes plantes dont les branches de paniers ethniques surgissent. Les matières brutes également confirment leur entrée : mur de pierre, carrelage en relief, surfaces texturées. Les contrastes de matières sont recherchés et parfois audacieux, le goût du mix and match se revendique ici encore. Mise en scène de la pièce avec dans le rôle principal la baignoire : voilà ce qui plaît également. Qu’elle soit traditionnelle, délicieusement rétro avec des pieds en pattes de lion ou serres d’aigle ; ultramoderne : cuve circulaire ou oblongue au confort aussi spacieux qu’ergonomique, c’est la diva du lieu et elle va prendre ses aises comme trôner au centre de la pièce en îlot. Tous les autres éléments du lieu devenant alors secondaires et accessoires.

Et réactif

De nombreuses technologies trouvent leur destination dans la salle de bains comme dans la cuisine, les éléments n’y sont plus commandés mais réactifs aux gestes des utilisateurs. L’eau coule en passant la main sous le robinet, la lumière s’allume en entrant dans la pièce, la chaleur est par-faite car demandée précisément à l’avance via la domotique de la maison. Une fois dans la baignoire, grâce à son système de sonorisation on peut alors se détendre en écoutant David Bowie ou l’adagio de la symphonie n° 4 de Mahler… Ainsi dans les nouvelles salles de bains, le temps de l’hygiène est dépassé, est venu celui de la relaxation et du bien-être. Esthétiques et sensorielles, ces nouvelles conceptions font décidément des merveilles.

Cet article est paru dans le m3 MAGAZINE numéro 7.